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Berland sort de prison après un mois et demi suite à une libération anticipée

Ce chef de secte avait été condamné pour escroquerie à hauteur de plusieurs millions de shekels ; il a été accusé pendant son incarcération d'implication dans deux meurtres

Le rabbin Eliezer Berland arrive pour une audience au tribunal à Jérusalem, le 2 novembre 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le rabbin Eliezer Berland arrive pour une audience au tribunal à Jérusalem, le 2 novembre 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le rabbin Eliezer Berland, condamné pour des crimes sexuels, chef de la secte Shuvu Bonim controversée, a bénéficié d’une libération anticipée de prison mercredi après avoir passé un mois et demi tumultueux derrière les barreaux. Il avait été reconnu coupable de fraude après avoir escroqué des fidèles en situation de vulnérabilité – des malades ou des personnes âgées – à hauteur de plusieurs millions de shekels.

Pendant qu’il purgeait sa peine à la prison d’Ayalon, dans la ville de Ramle, dans le centre du pays, Berland a été arrêté puis relâché en lien avec deux meurtres qui n’avaient jamais été résolus et qui avaient été commis dans les années 1980 et 1990. Deux fidèles de sa secte ont été mis en examen dans ce dossier.

Berland avait commencé sa peine à la fin du mois d’octobre, après avoir été condamné pour fraude en juin dans le cadre d’un arrangement judiciaire qui lui avait valu une condamnation à 18 mois de prison. La peine avait inclus la période passée par Berland derrière les barreaux – un an – avant son assignation à domicile, au mois de février 2021, dans l’attente du jugement.

Il devait initialement sortir au mois de février 2022 mais il a bénéficié d’une libération anticipée, partiellement en raison de son état de santé médiocre.

Le rabbin Eliezer Berland se couvre de son talit (châle de prière) au tribunal de première instance de Jérusalem, alors qu’il est jugé pour agression sexuelle, le 17 novembre 2016. (Yonatan Sindel/ Flash90)

Berland avait été arrêté en février 2020 après que des centaines de personnes ont déposé des plaintes auprès de la police, affirmant qu’il avait vendu des prières et des pilules à des membres désespérés de sa communauté, promis à des familles de personnes handicapées que leurs proches pourraient marcher, et dit à des familles de criminels condamnés que leurs proches seraient libérés de prison.

Lors de l’arrestation, des dizaines de boîtes de poudres et de pilules avaient été trouvées au domicile de Berland, données aux fidèles comme des « drogues miracles ». Des contrôles en laboratoire avaient révélé qu’il s’agissait d’analgésiques en vente libre et de bonbons, notamment des Mentos.

Au moment de sa condamnation, le juge avait déclaré que les infractions de Berland avaient été « commises systématiquement et par cupidité, en profitant des plaignants au moment le plus difficile, en période de crise ».

Récemment, alors qu’il se trouvait derrière les barreaux, la police avait progressé dans l’enquête sur le meurtre d’Avri Edri, alors âgé de 41 ans, en 1990 et sur l’affaire de l’enlèvement et du meurtre présumé de Nissim Shitrit, 17 ans, en 1986. Plusieurs membres de la secte Shuvu Bonim avaient été arrêtés.

Nissim Shitrit (à gauche) et Avi Edri sur des photos non datées (Crédit : autorisation)

La police avait accusé Berland d’avoir envoyé ses fidèles tuer Shitrit mais elle n’avait finalement inculpé que deux membres de la secte.

Shitrit aurait été agressé par la « police religieuse » de la secte quatre mois avant sa disparition, au mois de janvier 1986. Dans un documentaire qui avait été diffusé en 2020 par Kan, l’un des anciens disciples de Berland avait déclaré que c’était la police religieuse qui avait tué l’adolescent, le démembrant et enterrant son corps dans la forêt d’Eshtaol, près de Beit Shemesh. Sa dépouille n’avait jamais été retrouvée et le dossier n’avait jamais été résolu.

Edri avait été retrouvé, le corps recouvert de coups, dans la forêt de Ramot, dans le nord de Jérusalem, en 1990.

Les membres de la secte Shuvu Bonim, une émanation de la secte hassidique de Bratslav, ont de nombreux antécédents d’accrochage avec la loi, avec notamment des agressions de témoins.

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