Berlin accueille le G7 dans un château ayant appartenu à un partisan d’Hitler
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Berlin accueille le G7 dans un château ayant appartenu à un partisan d’Hitler

Le château d'Elmau, dans les Alpes bavaroises, est un hôtel de luxe, avec une part d'histoire nazie, transformé en zone de haute sécurité pour le G7 prévu dimanche et lundi

Vue sur le château d'Elmau (Crédit : CC BY-SA 3.0)
Vue sur le château d'Elmau (Crédit : CC BY-SA 3.0)

Posée sur un alpage verdoyant, la résidence cinq étoiles classée monument historique offre une vue imprenable sur le massif du Wetterstein, à la frontière autrichienne, dont le célèbre Zugspitze constitue le point culminant de l’Allemagne à presque 3.000 m d’altitude.

Si le temps chaud et ensoleillé prévu dimanche se confirme, ces paysages mêlant prairies, forêts et sommets enneigés, devraient offrir les images de cartes postales qu’Angela Merkel souhaite projeter dans le monde, et le cadre propice à un dialogue décontracté malgré la foule de sujets brûlants qui s’annoncent.

« Nous voulons montrer à nos hôtes un superbe bout d’Allemagne et nous rencontrer dans une telle atmosphère, c’est un aspect important pour la réussite de ce genre de sommets », a déclaré la chancelière allemande.

L’histoire particulière du lieu, exemplaire de la façon dont l’Allemagne a fait face à son passé nazi après-guerre, a aussi contribué au choix de la chancelière, selon ses services.

Le château d’Elmau, situé à 1.200 m d’altitude sur la commune de Krün, a été construit de 1914 à 1916 par le philosophe et théologien protestant Johannes Müller. Cet homme complexe était devenu sous le IIIe Reich à la fois un partisan d’Hitler et un opposant à sa politique antisémite qu’il considérait comme une « honte pour l’Allemagne ».

La vaste demeure avait servi à partir de 1942 de centre de repos pour les soldats de la Wehrmacht. Après la chute du Reich, le château, saisi par les Etats-Unis, a servi d’hôpital militaire américain, puis de refuge pour des survivants de l’Holocauste. Il accueille depuis les années 1990 des forums internationaux, avec un accent mis sur l’entente germano-américaine et germano-israélienne.

Le cadre idyllique de la résidence entièrement rénovée, avec ses 123 chambres et suites, ses spas, piscines de plein air et salons avec cheminée, placera les dirigeants des puissances économiques mondiales dans une bulle, à l’écart des dizaines de milliers de manifestants altermondialistes attendus dans les environs.

Des hélicoptères les conduiront directement à l’intérieur de cette « zone interdite » de plusieurs kilomètres carrés, entourée d’une clôture métallique spécialement montée pour la durée du sommet, sous haute protection policière. Outre quelques chemins de randonnées, une seule petite route permet d’accéder au château. Barrée par la police, elle ne laissera passer que de rares véhicules officiels.

Le dispositif sera testé dès samedi avec une manifestation dans l’après-midi à Garmisch-Partenkirchen, la station de sport d’hiver à une quinzaine de km où un grand centre de presse accueillera des centaines de journalistes du monde entier. Il sera de nouveau mis à l’épreuve dimanche avec une « marche en étoile » non autorisé, lors de laquelle des manifestants doivent tenter de s’approcher à pied du château par plusieurs voies d’accès.

La Bavière a estimé à 130 millions d’euros le coût de l’accueil du sommet, alors que des médias allemands ont évoqué la mobilisation de 25.000 policiers, les autorités entretenant le flou sur leur nombre total.

L’Etat régional en espère d’importantes retombées touristiques. Non loin d’Elmau, le château de Neuschwanstein, le plus visité d’Allemagne, construit par le roi Louis II de Bavière et devenu le logo du studio américain Walt Disney, sera illuminé pendant le G7 aux couleurs des sept pays participants, en signe de bienvenue.

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