Berlin empêche l’intervention d’une terroriste palestinienne condamnée
Rechercher

Berlin empêche l’intervention d’une terroriste palestinienne condamnée

L'événement du BDS dans la capitale allemande a été annulé tout comme le visa de Rasmea Odeh, qui a passé 10 ans en prison pour un attentat mené à Jérusalem

Rasmea Odeh devant le tribunal américain Theodore Levin à Détroit le 17 août 2017, pour une dernière audience au tribunal avant d’être expulsée pour avoir caché ses condamnations pour deux attentats à la bombe à Jérusalem. (Crédit : Carlos Osorio/AP)
Rasmea Odeh devant le tribunal américain Theodore Levin à Détroit le 17 août 2017, pour une dernière audience au tribunal avant d’être expulsée pour avoir caché ses condamnations pour deux attentats à la bombe à Jérusalem. (Crédit : Carlos Osorio/AP)

Berlin a empêché l’intervention de la terroriste palestinienne condamnée Rasmea Odeh, qui devait prendre la parole lors d’une conférence sur les « Femmes palestiniennes dans la lutte pour la libération. »

Après des protestations, le service des affaires intérieures de la ville a annoncé en fin d’après-midi vendredi qu’ils avaient interdit à Odeh de s’exprimer dans la ville et annulé son visa, au motif que les activités politiques d’un ressortissant peuvent être restreintes ou interdites si celles-ci enfreignent la loi allemande ou compromettent la paix.

L’établissement loué pour l’occasion est également revenu sur son engagement pour l’événement organisé par le mouvement Boycott, Divestment, and Sanctions (BDS).

Odeh, membre du groupe terroriste palestinien du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP), avait été reconnue coupable en 1970 d’avoir participé à l’assassinat de deux étudiants juifs, Leon Kanner et Eddie Joffe lors d’un attentat perpétré dans un supermarché de Jérusalem en 1969.

Les coorganisateurs de l’événement, le réseau militant Samidoun, sont affiliés au FPLP et au Hirak — le Mouvement de la jeunesse palestinienne, également rattaché au FPLP.

Le FPLP est considéré par Israël, les États-Unis, l’Union européenne comme une organisation terroriste.

Israël avait condamné Odeh à la prison à vie, mais elle a été relâchée dans le cadre d’un échange de prisonniers avec le FPLP en 1980, et a ensuite immigré aux Etats-Unis depuis la Jordanie. Elle a affirmé que ses aveux de participation à l’attentat avaient été extorqués après avoir subi de graves tortures de la part de l’armée israélienne.

Odeah a obtenu un visa d’immigration aux Etats-Unis en 1994 et sa citoyenneté en 2004. Dans les deux demandes de documents, elle n’a pas mentionné ses arrestations et ses condamnations pour les attaques à la bombe. Elle a plaidé coupable d’avoir falsifié ses demandes d’immigration et a été expulsée en Jordanie au mois de septembre de l’année dernière.

Avant son expulsion, Odeh officiait en tant que directrice associée du Réseau d’action arabo-américain d’action de Chicago.

Une manifestation contre sa venue était prévue à Berlin malgré l’annulation de l’événement, a fait son savoir son organisateur à l’agence de presse juive du Jewish Telegraphic Agency (JTA).

La décision d’inviter Odeh avait déclenché un torrent de condamnations par des responsables politiques et des responsables de communautés juives. Le conseil central des Juifs d’Allemagne avait ainsi publié un communiqué en ce sens.

Le président du Conseil central des Juifs d’Allemagne Josef Schuster a indiqué au quotidien berlinois Taz qu’il était « choqué qu’une terroriste palestinienne condamnée, ayant tué et blessé des Israéliens, puisse être autorisée à intervenir à Berlin.

« L’intervention publique d’un individu condamné pour meurtre, terrorisme et immigration frauduleuse légitime l’antisémitisme dans un contexte où nous devrions le condamner, » a déclaré de son côté l’ambassadeur américain en Allemagne, Richard Grenell, lors d’une interview accordée à la chaîne Fox News.

Le maire de Berlin, Michael Müller, et Hellmut Königshaus, le président de la société germano-israélienne ont également exprimé leur opposition à la venue d’Odeh.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...