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Berlin va enquêter sur l’influence des réseaux nazis à la chancellerie

Les enquêteurs chercheront à clarifier la politique de recrutement et l'évolution "des mentalités et de la culture politique" avant et après 1945

Hans Globke, sous-secrétaire d'Etat et directeur de cabinet de la Chancellerie d'Allemagne de l'Ouest entre 1953 et 1963. (Crédit : CC BY-SA/WikiCommons)
Hans Globke, sous-secrétaire d'Etat et directeur de cabinet de la Chancellerie d'Allemagne de l'Ouest entre 1953 et 1963. (Crédit : CC BY-SA/WikiCommons)

Le gouvernement allemand a annoncé samedi qu’il allait débloquer quatre millions d’euros pour enquêter sur l’influence des réseaux nazis sur les « autorités centrales » après 1945, en particulier au sein de la chancellerie.

L’objectif de ce programme qui doit durer jusqu’en 2020 est de compléter la vingtaine d’études sur le même sujet déjà réalisées dans certains ministères et institutions, tout en examinant pour la première fois l’héritage nazi au cœur du pouvoir, avec un million d’euros consacrés à la seule chancellerie.

Il s’agit de clarifier « la continuité personnelle » au sein de la chancellerie avant et après 1945 – soit le maintien en poste d’anciens responsables du IIIe Reich -, ainsi que la politique de recrutement et l’évolution « des mentalités et de la culture politique », explique le ministère de la Culture dans un communiqué.

Selon l’hebdomadaire Der Spiegel, l’étude vise en particulier à éclaircir le rôle de Hans Globke, patron de la chancellerie ouest-allemande de 1953 à 1963, qui supervisait à ce titre les recrutements et reste considéré comme le plus proche conseiller de l’ancien chancelier conservateur Konrad Adenauer.

Konrad Adenauer (Commons)
Konrad Adenauer (Commons)

Or, Hans Globke, juriste et haut-fonctionnaire au sein du ministère nazi de l’Intérieur, avait notamment travaillé au durcissement des lois raciales de Nuremberg, avant de contribuer au « Code juif » appliqué dans la Slovaquie alliée du IIIe Reich.

L’influence des juristes nazis bien après la fin de la guerre, à des postes clés de la jeune démocratie ouest-allemande, est l’un des principaux enseignements des différentes études réalisées au sein de chaque ministère.

Un rapport gouvernemental publié début octobre révélait par exemple qu’en 1957, 77 % des cadres dirigeants du ministère de la Justice étaient d’anciens membres du parti national-socialiste (NSDAP), une proportion jusqu’alors insoupçonnée.

Le plus célèbre de ces cadres, l’ancien magistrat nazi Eduard Dreher, avait forgé en 1968 une loi d’apparence technique, qui avait considérablement compliqué les poursuites contre d’ex-criminels du IIIe Reich, mettant fin à la quasi-totalité des enquêtes en cours.

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