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Bernie Sanders dénonce la visite de Joe Biden en Arabie saoudite

Selon le sénateur, le président aurait dû s’abstenir aux vues du meurtre de Jamal Khashoggi en 2018 et de l'attitude du pays en matière de valeurs démocratiques

Le sénateur Bernie Sanders,lors d'une audience de la commission sénatoriale de la santé, de l'éducation, du travail et des pensions, au Capitole à Washington, le 16 juin 2022. (Crédit : Manuel Balce Ceneta/AP)
Le sénateur Bernie Sanders,lors d'une audience de la commission sénatoriale de la santé, de l'éducation, du travail et des pensions, au Capitole à Washington, le 16 juin 2022. (Crédit : Manuel Balce Ceneta/AP)

Le sénateur américain Bernie Sanders a critiqué la visite de Joe Biden en Arabie saoudite la semaine dernière dans le cadre d’un voyage régional comprenant une étape en Israël, affirmant que le président n’aurait pas dû faire honneur au royaume et à son dirigeant de facto, le prince héritier Mohammed ben Salman (connu sous l’acronyme MBS), en raison de son bilan en matière de droits de l’homme et du meurtre, en 2018, du journaliste du Washington Post, Jamal Khashoggi.

Biden avait autrefois promis de faire de la monarchie pétrolière un « paria » à cause de l’assassinat de Jamal Khashoggi et des multiples violations des droits de l’homme, et une fois élu, il avait déclassifié un rapport accablant sur la responsabilité du prince héritier, MBS.

Il a cependant échangé une poignée de main avec l’héritier du trône vendredi, alors qu’il tentait de réinitialiser une relation diplomatique importante, de renforcer la sécurité au Moyen-Orient et d’augmenter le flux mondial de pétrole.

S’exprimant dimanche dans l’émission This Week with George Stephanopoulos sur ABC, Sanders a déclaré que Biden n’aurait pas dû faire cette visite officielle.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, à droite, accueillant le président américain, Joe Biden à son arrivée au palais Al-Salam à Djeddah, en Arabie saoudite, le 15 juillet 2022. (Crédit : Bandar Aljaloud/Palais royal saoudien via AP)

« Vous avez affaire à un dirigeant du pays qui a été impliqué dans le meurtre d’un journaliste du Washington Post. Je ne pense pas que ce type de gouvernement doive être récompensé par la visite du président des États-Unis », a déclaré Sanders.

« Nous parlons d’une famille qui pèse 100 milliards de dollars, qui remet en cause la démocratie, qui traite les femmes comme des citoyens de seconde zone, qui assassine et emprisonne ses opposants », a-t-il dit en référence à la famille royale saoudienne.

« Si ce pays croit en quoi que ce soit, nous, nous croyons aux droits de l’homme, nous croyons en la démocratie, et je ne crois tout simplement pas que nous devrions entretenir des relations chaleureuses avec une telle dictature », a ajouté Sanders.

L’Occident cherchent des solutions pour contrer l’impact sur les approvisionnements en pétrole des sanctions imposées à la Russie en raison de son invasion de l’Ukraine, lancée en février. Les prix de l’essence aux États-Unis ont atteint des sommets.

Sanders, un sénateur indépendant juif sympathisant du parti démocrate, a suggéré qu’il y avait un autre moyen de résoudre la crise pétrolière mondiale.

« Il se trouve que je crois que nous devrions dire aux compagnies pétrolières d’arrêter d’arnaquer le peuple américain », a-t-il déclaré. « Et si elles refusent, nous devrions leur imposer une taxe sur les bénéfices exceptionnels. »

Biden, qui a battu Sanders lors de la primaire présidentielle du parti démocrate en 2020, a déclaré avoir évoqué le meurtre de Khashoggi lors de ses entretiens avec le prince héritier, MBS.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, à droite, accueillant le président américain, Joe Biden à son arrivée au palais Al-Salam à Jeddah, en Arabie saoudite, le 15 juillet 2022. (Crédit : Bandar Aljaloud/Palais royal saoudien via AP)

Biden a déclaré après la rencontre qu’il avait « fait savoir clairement » ce qu’il pensait [du meurtre de Khashoggi] à l’époque et ce qu’il en pense maintenant ».

Un fonctionnaire proche du dossier a déclaré au Times of Israel que MBS a répondu en évoquant le meurtre de la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh, qui a été tuée en marge d’un raid des forces israéliennes dans la ville palestinienne de Jénine, en Cisjordanie.

Ce responsable a considéré le commentaire de MBS comme une réponse à Biden après que ce dernier a ouvert leur réunion en le confrontant au meurtre du journaliste du Washington Post.

Selon un rapport de la CIA présenté à Biden, le prince héritier a ordonné le meurtre de Khashoggi, au cours duquel des agents saoudiens ont tué le journaliste et démembré son corps après son entrée dans le consulat saoudien à Istanbul, en 2018.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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