Bernie Sanders se demande si une partie des fonds alloués à Israël ne devrait pas aller à Gaza
Rechercher

Bernie Sanders se demande si une partie des fonds alloués à Israël ne devrait pas aller à Gaza

Dans une lettre adressée à David Friedman, ambassadeur désogné, le sénateur suggère une révocation de l'exonération fiscale des groupes qui financent les implantations

Le sénateur américain Bernie Sanders, à la conférence nationale annuelle de J Street au Washington Convention Center, le 27 février 2017. (Crédit :Mark Wilson/Getty Images via JTA)
Le sénateur américain Bernie Sanders, à la conférence nationale annuelle de J Street au Washington Convention Center, le 27 février 2017. (Crédit :Mark Wilson/Getty Images via JTA)

WASHINGTON (JTA) – Le sénateur Bernie Sanders a demandé à David Friedman, nommé au poste d’ambassadeur en Israël par le président américain Donald Trump, s’il soutiendrait une initiative visant à utiliser des fonds destinés à Israël pour aider à la reconstruction dans la bande de Gaza.

Dans une lettre adressée en mains propres à Friedman après leur rencontre de mercredi, Sanders a également demandé s’il pensait que l’exonération d’impôts des groupes qui collectent des fonds pour les implantations devait être revue. Le JTA a obtenu une copie de cette lettre jeudi.

Les questions posées dans cette lettre sont importantes, dans la mesure où elles suggèrent le chemin à suivre pour la politique israélienne pour les démocrates progressistes.

Sanders est devenu le leader de facto des progressistes après sa campagne rebelle mais inefficace l’an dernier pour une nomination à la présidentielle. Dans ce qui a peut-être été le discours le mieux perçu du week-end, à la conférence annuelle de J Street, un groupe politique juif libéral, Sanders à insinué que les juifs pro-Israël ne doivent pas hésiter à critiquer la politique du gouvernement israélien.

Sa lettre pose trois questions à Friedman : soutient-il une solution à 2 États pour résoudre le conflit israélo-palestinien ? Est-il approprié qu’un ambassadeur soit fortement impliqué dans le mouvement des implantations, à la fois comme défenseur et collecteur de fonds ? La troisième question portait sur l’assistance israélienne.

La solution à 2 États est depuis longtemps la politique adoptée par les démocrates, et depuis 15 ans, c’était également celle des États-Unis. Mais tout cela, c’était avant que Trump ne se range dans une forme d’agnosticisme sur la question, lorsqu’il rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu le mois dernier.

Les deux derniers points, cependant, s’aventurent dans des sphères auxquelles les démocrates n’ont pas encore adhéré.

« En tant qu’ambassadeur, prendriez-vous des mesures pour mettre fin au flux de dons destinés aux implantations illégales, peut-être en révisant l’exonération fiscale dont ils bénéficient ? », a demandé Sanders.

J Street est favorable à l’annulation de cette exonération fiscale pour les groupes qui financent les implantations. D’autres groupes pro-Israël, notamment certains alliés de J Street, à gauche de l’échiquier politique -, se sont opposés, notamment parce que cela pourrait avoir des répercussions importantes sur toutes les organisations à but non lucratif à gauche comme à droite, et l’exonération fiscale deviendra un champ de bataille politique.

Sanders a également demandé à Friedman si « une partie » des 38 milliards de dollars en aide militaire destinés à Israël sur les 10 prochaines années de l’accord signé l’an dernier par l’ancien président Barack Obama, « devrait être destinée à des mesures qui faciliteraient le flux d’aide humanitaire et de matériaux de reconstruction » pour Gaza.

L’aide financière pour Israël est sacro-sainte, et depuis Gerald Ford, au milieu des années 70, aucun président n’a suggéré de la diminuer. Certains présidents ont retardé l’octroi des fonds et le montant des garanties américaines pour les emprunts contractés par Israël, afin d’exercer une pression sur Israël, mais cette aide n’a jamais été modifiée.

Sanders a lancé cette proposition, suggérant qu’elle aiderait à sécuriser Gaza en stabilisant l’enclave. Mais arrivera le moment où les républicains au Congrès proposeront de réduire l’aide aux Palestiniens pour les contraindre à revenir aux pourparlers directs avec Israël, ainsi que pour encourager l’Autorité palestinienne à mettre fin aux subventions allouées aux familles des terroristes emprisonnés ou tués.

Friedman, un vieil avocat de Trump, n’a pas souhaité s’exprimer. Sa nomination à l’ambassade est controversée au Congrès et au sein de la communauté juive en raison de son implication dans les implantations, mais également à cause de la façon dont il décrit les Juifs qui ne sont pas d’accord avec lui – qui sont des Kapos. Il s’est depuis excusé lors de son audition devant le Sénat.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...