Israël en guerre - Jour 291

Rechercher

Bethléem prévoit des festivités de Noël discrètes dans ce contexte de guerre

Selon le maire du lieu de naissance de Jésus, les célébrations sont impossibles tant que les Gazaouis souffrent et que l'économie de la ville, qui dépend du tourisme, est si touchée

Des personnes marchant sur la place de la Mangeoire, adjacente à l'église de la Nativité, traditionnellement considérée comme le lieu de naissance de Jésus-Christ, dans la ville de Bethléem, en Cisjordanie, le 16 décembre 2023. (Crédit : Mahmoud Illean/AP Photo)
Des personnes marchant sur la place de la Mangeoire, adjacente à l'église de la Nativité, traditionnellement considérée comme le lieu de naissance de Jésus-Christ, dans la ville de Bethléem, en Cisjordanie, le 16 décembre 2023. (Crédit : Mahmoud Illean/AP Photo)

Bethléem se prépare à un Noël en demi-teinte, sans les lumières festives et le sapin de Noël habituel qui domine la place de la Mangeoire, après que les responsables de la ville de naissance traditionnelle de Jésus ont décidé de renoncer aux célébrations en raison de la guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas.

L’annulation des festivités de Noël, qui attirent généralement des milliers de visiteurs, est un coup dur pour l’économie de la ville, qui dépend du tourisme. Mais les réjouissances sont intenables à un moment où les Palestiniens de Gaza subissent d’immenses souffrances, a déclaré le maire Hana Haniyeh.

« L’économie est en train de s’effondrer », a déclaré Haniyeh à l’Associated Press vendredi. « Mais si on la compare à ce qui arrive à notre peuple et à Gaza, ce n’est rien. »

Israël a juré d’éliminer le Hamas après les massacres barbares du 7 octobre, au cours desquels des terroristes palestiniens ont pris d’assaut la frontière de Gaza et sauvagement assassiné 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et pris plus de 240 otages.

En réponse à cette attaque, la plus meurtrière de l’histoire du pays et la pire contre des Juifs depuis la Shoah, Israël a juré d’anéantir le Hamas de Gaza et de mettre fin à son règne de 16 ans, et a lancé une opération aérienne suivie d’une incursion terrestre.

Plus de 18 800 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. Selon les estimations de l’armée israélienne, 5 000 membres du Hamas auraient été tués dans la bande de Gaza, auxquels s’ajoutent plus de 1 000 terroristes tués en Israël lors de l’assaut du 7 octobre.

Une commerçante montrant des décorations de Noël dans sa boutique, à Bethléem, en Cisjordanie, le 13 décembre 2023. (Crédit : Hazem Bader/AFP)

Depuis le 7 octobre, l’accès à Bethléem et aux autres villes palestiniennes de Cisjordanie est difficile, avec de longues files d’automobilistes qui attendent de passer les checkpoints militaires. Les restrictions ont également empêché de nombreux Palestiniens de quitter le territoire pour entrer travailler en Israël.

Les dirigeants des villes s’inquiètent de l’impact des fermetures sur la petite économie palestinienne de Cisjordanie, déjà aux prises avec une chute spectaculaire du tourisme depuis le début de la guerre. Le secteur du tourisme palestinien a subi des pertes de 2,5 millions de dollars par jour, soit 200 millions de dollars d’ici la fin de l’année, a déclaré mercredi le ministre palestinien du Tourisme.

Les célébrations annuelles de Noël à Bethléem – partagées entre les confessions arménienne, catholique et orthodoxe – sont une aubaine pour la ville, où le tourisme représente 70 % de ses revenus annuels. Mais les rues sont vides cette saison.

La plupart des grandes compagnies aériennes ayant annulé leurs vols vers Israël, plus de 70 hôtels de Bethléem ont été contraints de fermer leurs portes, laissant quelque 6 000 employés du secteur touristique sans emploi, selon Sami Thaljieh, directeur de l’hôtel Sancta Maria.

« Je passe mes journées à boire du thé et du café, à attendre des clients qui ne viennent jamais. Aujourd’hui, il n’y a pas de tourisme », a déclaré Ahmed Danna, propriétaire d’un magasin à Bethléem.

Haniyeh a déclaré que si les festivités de Noël ont été annulées, des cérémonies religieuses auront lieu, notamment un rassemblement traditionnel des chefs d’église et une messe de minuit.

« Bethléem est une partie essentielle de la communauté palestinienne », a souligné le maire. « Aussi, lors de la messe de minuit de cette année, nous prierons pour la paix, le message de paix qui a été fondé à Bethléem lors de la naissance de Jésus-Christ. »

George Carlos Canawati, un journaliste, conférencier et chef scout palestinien, a qualifié sa ville de « triste et au cœur brisé. » Il a déclaré que sa troupe de scouts effectuerait une marche silencieuse à travers la ville, en signe de deuil pour les personnes tuées à Gaza.

L’installation d’une scène de la crèche du Christ avec un personnage symbolisant bébé Jésus gisant au milieu des décombres, en référence à la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, à l’intérieur de l’église évangélique luthérienne dans la ville de Bethléem, en Cisjordanie, le 10 décembre 2023. (Crédit : Mahmoud Illean/AP Photo)

« Nous recevons le message de Noël en rejetant l’injustice et l’agression, et nous prierons pour que la paix vienne sur la terre de la paix », a déclaré Canawati.

L’enthousiasme des festivités de Noël à Bethléem est depuis longtemps un baromètre des relations israélo-palestiniennes.

Les célébrations ont été sombres en 2000, au début de la Seconde Intifada, – ou soulèvement – lorsque l’armée israélienne a verrouillé certaines parties de la Cisjordanie en réponse aux attentats-suicides et autres attaques terroristes perpétrés par les Palestiniens et qui ont tué des milliers de civils israéliens.

Les temps étaient également tendus lors d’un précédent soulèvement palestinien, qui avait duré de 1987 à 1993, lorsque les festivités annuelles de la place de la Mangeoire étaient surveillées par des tireurs d’élite de Tsahal postés sur les toits.

Des personnes visitant la Grotte, sous l’église de la Nativité, traditionnellement considérée comme le lieu de naissance de Jésus-Christ, dans la ville de Bethléem en Cisjordanie, le 16 décembre 2023. (Crédit : Mahmoud Illean/AP Photo)

L’ambiance sobre de cette année ne se limite pas à Bethléem.

Dans tout Israël, les festivités de Noël ont été mises en suspens. Il y a 182 000 chrétiens en Israël, 50 000 en Cisjordanie et à Jérusalem, et 1 300 à Gaza, selon le Département d’État américain. La grande majorité d’entre eux sont des Palestiniens.

À Jérusalem, les passages habituellement animés du quartier chrétien de la Vieille Ville sont devenus silencieux depuis le début de la guerre. Les magasins sont barricadés et leurs propriétaires se disent trop effrayés pour ouvrir – et même s’ils le faisaient, ils affirment qu’ils ne feraient pas beaucoup d’affaires.

Les responsables des principales églises de Jérusalem ont annoncé en novembre que les célébrations des fêtes seraient annulées. « Nous appelons nos congrégations à soutenir fermement ceux qui sont confrontés à de telles afflictions en renonçant cette année à toute activité festive inutile », avaient-ils écrit.

Sur l’autel de l’église évangélique luthérienne de Bethléem, une crèche révisée est exposée. Un bébé Jésus enveloppé dans un keffieh palestinien est perché au sommet d’un tas de décombres. La poupée repose sous un olivier – pour les Palestiniens, un symbole de fermeté.

« Pendant que le monde célèbre, nos enfants sont sous les décombres. Pendant que le monde fait la fête, nos familles sont déplacées et leurs maisons sont détruites », a déclaré le pasteur de l’église, Munther Isaac. « C’est Noël pour nous en Palestine. »

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.