Biden avance une vente d’armes à Israël malgré une vive opposition dans son camp
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Biden avance une vente d’armes à Israël malgré une vive opposition dans son camp

Le département d'État accorde une licence commerciale pour une vente de missiles de précision malgré des tentatives de blocage de la part de certains démocrates

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le président américain Joe Biden s'adresse à une session conjointe du Congrès au Capitole américain à Washington, DC, le 28 avril 2021. (Melina Mara / POOL / AFP)
Le président américain Joe Biden s'adresse à une session conjointe du Congrès au Capitole américain à Washington, DC, le 28 avril 2021. (Melina Mara / POOL / AFP)

L’administration Biden a fait avancer la vente de missiles de précision, à hauteur de 735 millions de dollars, à Israël malgré les tentatives des Démocrates dits progressistes du Congrès de bloquer cet accord d’armement.

Le département d’État a accordé, vendredi, au fabricant d’armes Boeing une licence commerciale pour vendre des bombes JDAM (Joint Direct Attack Munitions) et des bombes de petit diamètre à l’État juif, a déclaré un conseiller du Congrès au Times of Israel, confirmant ainsi un article de Jewish Currents.

Le département d’État a indiqué ne pas souhaiter faire de commentaires sur le dossier.

Tandis que l’administration Biden avait officiellement informé le Congrès de la vente, le 5 mai, cette dernière n’avait été médiatisée que quatre jours plus tard dans le Washington Post.

Lors d’une rencontre des Démocrates au sein de la Commission des affaires étrangères de la Chambre, qui avait eu lieu plus tard, plusieurs députés progressistes auraient affirmé ne pas avoir eu connaissance de cette information et ils auraient exprimé une opposition féroce à l’accord, selon un conseiller. Certains avaient insisté sur le fait que la vente pouvait, au moins, être retardée et utilisée comme moyen de pression pour obliger Israël à conclure un cessez-le-feu avec le Hamas, les deux parties ayant été, à ce moment-là, au cœur du conflit qui s’est achevé la semaine dernière, après onze jours de combats.

Une Palestinienne passe devant un immeuble détruit dans le quartier commercial d’al-Rimal à Gaza City, suite à une frappe israélienne, après le cessez-le-feu conclu entre Israël et les groupes terroristes palestiniens. (Crédit :Emmanuel Dunand/AFP)

Le président du panel, Gregory Meeks, avait indiqué qu’il réfléchissait à écrire une lettre à la Maison Blanche demandant le report de la vente, indiquant 24 heures plus tard avoir changé d’avis après avoir reçu l’assurance, de la part de l’administration Biden, que le Congrès serait consulté concernant l’accord d’armement.

Plusieurs députés progressistes avaient néanmoins estimé que ces garanties étaient insuffisantes. A la Chambre, les représentants Alexandria Ocasio-Cortez, Rashida Tlaib et Mark Pocan avaient soumis une résolution conjointe de désapprobation ayant pour objectif de bloquer la vente, mercredi dernier. Bernie Sanders a ensuite présenté une version similaire de la mesure devant le sénat, deux jours après.

« Au moment où des bombes fabriquées aux États-Unis dévastent Gaza et tuent des femmes et des enfants, nous ne pouvons tout simplement pas laisser une vente d’armes énorme se conclure sans débat au Congrès », a estimé Sanders, indépendant qui vote aux côtés des Démocrates, soumettant la résolution devant la Commission des relations étrangères du sénat.

Les résolutions devraient très certainement échouer au vu du fort soutien dont bénéficie Israël à la Chambre et au sénat, mais elles devraient aussi entraîner davantage de débats sur la question israélienne au Congrès, où un nombre croissant de Démocrates adoptent un positionnement plus critique face à cet allié de longue date.

Contrairement à l’achat récent de F-35 par les Émirats arabes unis – une vente militaire à l’étranger qui aurait rencontré, mardi, un nouvel obstacle – les missiles de précision, pour Israël, devraient être transférés dans le cadre d’une vente commerciale directe, où la supervision américaine est bien moins importante.

Le Congrès n’est jamais parvenu à bloquer un accord d’armement par le biais d’une résolution conjointe de désapprobation.

Le président de la commission du budget au sénat, le sénateur Bernie Sanders, pendant une audience au Capitole de Washington, le 25 février 2021. (Crédit : AP Photo/Susan Walsh, Pool)

Toutefois, cette résolution n’a pas vu le jour – la version du sénat ayant été soumise au dernier jour de la période de deux semaines dont dispose le Congrès pour bloquer la vente, avant que l’administration Biden soit autorisée à signer. Le président de la Commission des relations étrangères, Bob Menendez, a indiqué que la résolution de Biden a été introduite et proposée trop tard pour être présentée au vote.

La Maison Blanche n’a pas attendu un seul jour à l’issue de la période de deux semaines pour autoriser la licence commerciale, vendredi dernier.

Un conseiller du bureau de Sanders a indiqué au Times of Israel qu’il explorait encore la possibilité de bloquer la vente – elle prendra des années à se réaliser – dans les prochaines semaines.

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