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Biden interpellé par des élus US sur les constructions dans la zone E1 en Cisjordanie

29 députés demandent à l'administration d'établir clairement que le projet coupant les quartiers palestiniens de Jérusalem-Est de Ramallah et Bethléem est une "ligne rouge "

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Un habitant juif d'implantations regarde l'implantation de Maale Adumim, en Cisjordanie, à l'Est de Jérusalem, le 5 décembre 2012. (Crédit : AP Photo/Sebastian Schooner/File)
Un habitant juif d'implantations regarde l'implantation de Maale Adumim, en Cisjordanie, à l'Est de Jérusalem, le 5 décembre 2012. (Crédit : AP Photo/Sebastian Schooner/File)

Vingt-neuf députés progressistes ont appelé, vendredi, l’administration Biden à pousser Israël à renoncer à son plan de construction controversé dans un secteur de la Cisjordanie qui, selon les critiques du projet, est déterminant pour l’établissement d’un futur Etat palestinien.

Ce courrier a été écrit par les législateurs quelques semaines avant la tenue d’une réunion par les autorités israéliennes qui avait été reportée à maintes reprises. Au cours de cette rencontre, les responsables feront avancer les plans de construction envisagés dans une partie du territoire de la Cisjordanie connue sous le nom de Zone E1.

A ce moment-là, le président américain, Joe Biden, viendra tout juste de terminer une visite dans la région.

Les constructions, dans la Zone E1, relieraient Jérusalem à une importante implantation à l’Est – mais couperait, dans les faits, la Cisjordanie en deux et rendrait l’établissement d’un Etat palestinien adjacent à Jérusalem presque impossible, selon les critiques.

« Nous vous exhortons à continuer à souligner, en ces journées qui précèdent la visite [du président Joe Biden, le 13 et le 14 juillet, en Israël et en Cisjordanie] que les constructions d’implantation dans la Zone E1 restent une ligne rouge pour les États-Unis et nous vous demandons d’utiliser tous les outils diplomatiques qui sont à votre disposition pour vous assurer qu’Israël n’avancera pas davantage dans ce projet catastrophique », ont écrit les députés dans la lettre adressée au secrétaire d’État américain Antony Blinken.

Le projet, à proximité de l’implantation de Maale Adumim, avait été initialement soumis il y a presque vingt ans mais il a été reporté de manière répétée au fil des années en raison des pressions internationales.

L’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu avait remis le plan d’actualité au beau milieu de la campagne électorale de 2020, proposant de le faire passer au stade de dépôt devant les autorités compétentes avant une éventuelle approbation définitive.

Le projet est actuellement ouvert aux commentaires du public, une phase qui exige de la sous-commission de Haute-planification de l’Administration civile de prendre connaissance des objections à sa réalisation.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken, à gauche, écoute le président Joe Biden lors d’une conférence devant le personnel du département d’État à Washington, le 4 février 2021. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

Un groupe de juristes palestiniens ainsi que plusieurs groupes des droits de l’Homme israéliens, avaient porté plainte contre ce plan mais les audiences avaient été reportées à des multiples reprises jusqu’à l’année dernière. Une audience finale avait été prévue au mois de janvier, mais elle avait ensuite disparu de l’agenda.

L’ambassadeur américain en Israël, Tom Nides, avait fait savoir au mois de mars qu’il avait poussé avec force le gouvernement israélien à renoncer à ce plan.

Ce sont les représentants Mark Pocan et Jan Schakowsky qui sont à l’origine de la lettre.

Si les objections légales au projet qui est envisagé dans la Zone E1 sont écartées – elles le sont souvent – ce dernier devra encore être approuvé à différentes étapes avant que les travaux ne commencent. C’est un processus qui prend fréquemment des mois, sinon des années.

Mais chaque avancée de ce type de plan rend plus difficile tout recul – ce qui inquiète beaucoup les opposants au mouvement pro-implantation.

Et l’inquiétude est forte depuis que le ministère de la Défense a annoncé, au mois de mai, qu’il organiserait la dernière audience sur les objections au projet en date du 18 juillet. Deux plans envisagés dans la zone E1, avec la construction de 3 412 unités de logement au total, sont dans la balance pour la réunion et un officiel du ministère a confié vendredi au Times of Israel que cette rencontre ne devrait pas, cette fois, être reportée.

Alors qu’elle devait avoir initialement lieu presque un mois après le déplacement de Biden dans la région, le report de ce voyage de deux jours à la date du 13 juillet implique que le plan sera avancé quelques jours seulement après le départ du pays du président américain.

Si la Maison Blanche s’oppose au projet dans son principe même, elle est particulièrement préoccupée par le moment choisi pour son approbation et elle a exercé des pressions sur l’État juif pour qu’il annule la session du 18 juillet, selon des responsables israéliens et américains.

Biden était venu en Israël en 2010, lorsqu’il était vice-président des États-Unis, pour la dernière fois. Un voyage qui avait été troublé par l’annonce, par l’État juif, d’un projet de construction à Ramat Shlomo, un quartier de Jérusalem-Est. Biden avait été furieux à l’époque, disant dans un communiqué que le plan envisagé « sape la confiance dont nous avons besoin aujourd’hui et va à l’encontre des discussions positives que je peux avoir, ici, en Israël ».

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