Israël en guerre - Jour 199

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Biden ne s’attend pas à une opération à Rafah tant que les discussions sur les otages continuent

Le président américain répète que "il devra y avoir un cessez-le-feu temporaire pour faire sortir les otages" ; Herzog aurait rencontré le Premier ministre qatari pour évoquer les négociations sur les Israéliens détenus par le Hamas

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président américain Joe Biden prononce un discours sur la mort du chef de l'opposition russe Alexei Navalny, dans la salle Roosevelt de la Maison Blanche, à Washington, le 16 février 2024. (Crédit : Photo AP/Evan Vucci)
Le président américain Joe Biden prononce un discours sur la mort du chef de l'opposition russe Alexei Navalny, dans la salle Roosevelt de la Maison Blanche, à Washington, le 16 février 2024. (Crédit : Photo AP/Evan Vucci)

Le président américain Joe Biden a semblé mettre en garde Israël contre l’éventuel lancement d’une opération à Rafah alors que les négociations sur les otages sont encore en cours – dernier avertissement en date à l’égard de l’État juif alors que ce dernier se prépare à lancer une offensive dans la ville située dans le sud de la bande de Gaza.

Alors qu’il était interrogé, à la Maison Blanche, sur la présentation, par Jérusalem, d’un plan de protection des civils au cours de la prochaine opération de l’armée israélienne à Rafah, Biden a répondu que « j’ai affirmé – et je le pense encore avec beaucoup de force – qu’il doit y avoir un cessez-le-feu temporaire pour permettre aux otages de quitter Gaza et c’est quelque chose qui est actuellement en cours ». Des propos qu’il avait déjà tenus lors d’un échange téléphonique avec Netanyahu dans la journée de jeudi.

« J’ai encore l’espoir que cela puisse se faire », a-t-il ajouté.

« En même temps », a-t-il poursuivi, « je n’anticipe pas, j’espère que les Israéliens ne lanceront pas une invasion terrestre massive », a continué Biden. « J’ai l’espoir que cela ne se produise pas ».

« Nous nous trouvons dans une situation où il y a aussi des otages américains… Il ne s’agit pas seulement d’Israéliens », a-t-il ajouté, faisant référence à des otages ayant la double nationalité.

« Mon espoir et mon attente, c’est que nous finaliserons cet accord sur les otages et que nous ramènerons les Américains chez eux. L’accord est actuellement en cours de négociation et nous verrons où ces pourparlers nous mèneront », a-t-il dit.

Les propos de Biden surviennent alors que les pressions, à l’international, se font de plus en plus fortes sur Israël, tentant de dissuader l’État juif d’attaquer Rafah, le dernier bastion majeur du Hamas dans la bande de Gaza. 1,4 millions de Palestiniens se sont réfugiés à Rafah après avoir quitté les secteurs où ils vivaient au sein de l’enclave ravagée par les combats.

Israël, qui a indiqué qu’un plan d’évacuation des civils sera préparé avant toute incursion dans la ville, pense que sans prise de contrôle de Rafah, localité située sur la frontière avec l’Égypte, un affaiblissement réel du Hamas ne pourra pas être obtenu. Au moins certains des 134 otages encore retenus en captivité dans la bande se trouveraient là-bas.

Des Palestiniens déplacés marchent près de la frontière entre Gaza et l’Égypte, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 16 février 2024. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Ces mises en garde américaines ont également eu lieu alors que Biden défend les avancées d’un accord sur la libération des otages, des remises en liberté qui seraient accompagnées par une pause dans les combats. Le chef de la CIA, William Burns, est venu en Israël, jeudi, pour s’entretenir des discussions en cours avec les hauts-responsables israéliens.

Les deux sujets ont été abordés pendant une réunion, vendredi, entre la vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, et le président Isaac Herzog – un échange qui s’est tenu en marge de la Conférence sécuritaire de Munich.

« La vice-présidente a réaffirmé son soutien sans faille à Israël et à son droit à l’auto-défense face à la menace du Hamas et elle a une nouvelle fois condamné le Hamas, une organisation terroriste barbare qui a commis un massacre effroyable le 7 octobre », a annoncé un compte-rendu émis par la Maison Blanche dans le sillage de cette rencontre.

« La vice-présidente et le président ont évoqué les efforts en cours visant à obtenir la remise en liberté de tous les otages détenus par le Hamas et à mettre en place une pause prolongée dans les combats », a continué le compte-rendu.

« La vice-présidente a aussi souligné la nécessité de protéger les civils, de renforcer l’assistance humanitaire et de mettre en place des mécanismes de déconfliction appropriés pour garantir que l’aide pourra atteindre ceux qui en ont le plus besoin à l’intérieur de Gaza. La vice-présidente a réaffirmé le positionnement de l’administration Biden-Harris, qui est qu’une opération militaire à Rafah ne devra pas avoir lieu sans plan crédible et exécutable permettant de garantir la sécurité du plus d’un million de personnes qui ont trouvé un refuge dans la ville et de leur apporter un soutien », poursuit le communiqué.

« Les dirigeants ont aussi évoqué la question de la planification de l’après-guerre à Gaza et des progrès réalisés sur ce sujet, et la vice-présidente a réaffirmé le positionnement qui est celui des États-Unis – qui est, entre autres, qu’Israël doit pouvoir vivre dans la sécurité ; qu’il ne devra pas y avoir de déplacement forcé des Palestiniens à Gaza et que les Palestiniens doivent pouvoir, eux aussi, bénéficier de leur droit à la liberté, de leur droit à la dignité, de leur droit à la sécurité et à l’autodétermination », a conclu le compte-rendu.

La vice-présidente américaine Kamala Harris serrant la main du président Isaac Herzog alors qu’ils s’adressent aux médias avant une réunion, à l’Eisenhower Executive Office Building, à Washington, le 19 juillet 2023. (Crédit : Saul Loeb/AFP/Dossier)

Lorsqu’il était à Munich, Herzog a aussi rencontré le Premier ministre qatari Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al Thani, a signalé le site d’information Walla, ajoutant que les deux hommes avaient discuté des négociations en cours portant sur la potentielle remise en liberté des otages encore conservés en captivité dans la bande de Gaza.

Le Qatar a tenu un rôle déterminant dans les pourparlers entre Israël et le Hamas, aidant à mettre en place une trêve, à la fin du mois de novembre, qui avait permis à 105 otages d’être relâchés.

Encore à Munich, de hauts-responsables américains, arabes et européens se sont rencontrés, vendredi, pour discuter des avancées survenues dans la formulation d’un plan pour Gaza après la guerre – un plan qui pourrait être lié à la normalisation des liens entre l’État juif et l’Arabie saoudite, ont noté des officiels et des diplomates.

Parmi les personnalités qui se sont retrouvées lors de ces échanges qui se sont tenus en marge de la Conférence sur la sécurité de Munich, Blinken, le ministre des Affaires étrangères saoudien, le prince Faisal bin Farhan, et les chefs de la diplomatie jordanienne, qatarie, allemande, britannique, française et italienne.

Selon des responsables, cette rencontre a été la première à avoir été organisée sous un tel format dans le contexte de la guerre qui oppose Israël au Hamas, qui avait été déclenchée par l’assaut meurtrier commis par les hommes du groupe terroriste, le 7 octobre, dans le sud d’Israël – les hommes armés avaient semé la désolation dans les communautés, tuant environ 1200 personnes, des civils en majorité, et ils avaient enlevé 253 personnes, prises en otage dans la bande de Gaza.

L’objectif de cette réunion était de donner l’occasion aux États-Unis, aux nations européennes et aux États arabes de partager les discussions qu’ils ont pu avoir sur le sujet de l’après-guerre dans la bande, sur celui de la normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite, sur celui de l’intégration d’Israël dans la région au sens large et sur les garanties sécuritaires à apporter à l’État juif. Ils ont aussi évoqué les avancées vers la création d’un Etat palestinien et les réformes à entreprendre au sein de l’Autorité palestinienne, a fait savoir un haut-responsable américain.

Le secrétaire d’État Antony Blinken rencontre le Premier ministre bulgare Nikolai Denkov en marge de la conférence sécuritaire de Munich, le 16 février 2024. (Crédit : Wolfgang Rattay/Pool via AP)

Les États arabes et occidentaux ont affiché leurs divisions sur la question du conflit israélo-palestinien et leur réponse a été essentiellement de tenter d’alléger la crise humanitaire dans la bande.

Toutefois, avec un nombre de victimes civiles qui ne cesse d’augmenter, les officiels ont dit qu’il était urgent de préparer quelque chose en vue du moment où un cessez-le-feu prolongé pourra être mis en place.

« Les Américains ont travaillé avec les Arabes et c’est donc une bonne chose d’entendre ce qu’ils ont à dire », a commenté un diplomate européen dont le ministère des Affaires étrangères a pris part à la réunion.

« C’est utile parce que tout le monde s’efforce de continuer à faire bouger les choses. Ce qui est d’autant plus urgent en raison de l’attaque imminente de Rafah », a-t-il ajouté.

Le diplomate européen a déclaré que si la priorité, avec les États arabes, avait été de travailler avec Washington, une victoire potentielle de l’ancien président américain Donald Trump, au cours des élections du mois de novembre, pourrait changer la donne et donner un rôle plus important aux Européens.

« C’est un format que les États arabes pourraient trouver utile à l’avenir », a affirmé le diplomate.

L’équipe du Times of Israel et Reuters ont contribué à cet article.

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