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Biden partage l’envie d’un nouvel esprit de coopération, dit l’envoyée US à Bennett

Le Premier ministre a déclaré à Linda Thomas-Greenfield, en visite en Israël, que son séjour contrasterait avec ce qu'elle entend généralement aux Nations unies

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le Premier ministre Naftali Bennett rencontre l'ambassadrice américaine à l'ONU Linda Thomas-Greenfield à Jérusalem, le 15 novembre 2021. (Crédit :  Haim Zach/GPO)
Le Premier ministre Naftali Bennett rencontre l'ambassadrice américaine à l'ONU Linda Thomas-Greenfield à Jérusalem, le 15 novembre 2021. (Crédit : Haim Zach/GPO)

L’ambassadrice américaine aux Nations unies Linda Thomas-Greenfield a fait part de l’engagement pris par le président Joe Biden à l’égard du Premier ministre israélien Naftali Bennett d’instaurer « un nouvel esprit de coopération » au cours de sa toute première visite au sein de l’État juif, lundi, alors que les deux pays cherchent à occulter plusieurs désaccords qui ont compliqué leurs relations, ces derniers mois.

« Le président Biden partage l’engagement du Premier ministre Bennett à mettre en place un nouvel esprit de coopération alors que nous nous attaquons, ensemble, à tous les défis régionaux et mondiaux », a déclaré Thomas-Greenfield dans une allocution avant sa rencontre avec Bennett.

Bennett se serait concentré durant sa récente visite à Washington sur cette thématique d’un « nouvel esprit de coopération », faisant référence à la fois à la coalition diversifiée dont il a pris la tête au sein de l’État juif et aux liens avec Washington après les relations fraîches qu’avait entretenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu, son prédécesseur, avec les administrations démocrates.

Thomas-Greenfield est la première membre du cabinet Biden à se rendre au sein de l’État juif depuis la formation du nouveau gouvernement d’unité de Bennett, au mois de juin dernier. Elle a atterri à l’aéroport Ben Gurion dans la journée de lundi et elle a passé la journée à Jérusalem, rencontrant des responsables israéliens et allant visiter le musée de commémoration de la Shoah de Yad Vashem. Au cours des quatre prochains jours, elle devrait aller à Ramallah et à Amman pour des réunions avec les dirigeants palestiniens et jordaniens.

Bennett a utilisé cette occasion pour saluer le soutien apporté à Israël par Thomas-Greenfield à la tribune de l’ONU face à ce qu’il a qualifié de « partialité » témoignée par l’instance à l’encontre de l’État juif.

« Il y a un contraste tellement net entre la réalité sur le terrain, ici, et ce qu’on peut entendre dans les couloirs des Nations unies », a dit Bennett à Thomas-Greenfield lors d’un discours prononcé avant leur entretien à huis-clos. « Je veux vous remercier pour votre voix au sein de l’institution – qui, je crois que je peux le dire objectivement, est très partiale dans son traitement d’Israël – votre voix qui est celle de la décence et de la raison ».

Bennett a dit à l’ambassadrice américaine qu’il espérait qu’elle aurait, après son départ, « une meilleure compréhension des défis uniques que nous devons relever ici.. avec les groupes terroristes soutenus par l’Iran de l’autre côté de nos frontières ».

L’ambassadrice américaine à l’ONU Linda Thomas-Greenfield visite Yad Vashem à Jérusalem, le 15 novembre 2021. (Crédit : David Azagury/ Ambassade américaine de Jérusalem)

Thomas-Greenfield devrait se rendre sur les frontières du nord et du sud du pays en compagnie de hauts-responsables militaires israéliens dans les prochains jours.

L’envoyée américaine a aussi dit à Bennett qu’elle était impatiente de consolider les accords d’Abraham, les pactes de normalisation signés entre Israël et quatre pays arabes, l’année dernière, ainsi que de pouvoir faire avancer des mesures susceptibles de soutenir la paix entre Israël et les Palestiniens.

Malgré l’engagement pris en faveur d’une étroite coopération avec Jérusalem, Thomas-Greenfield a aussi fait allusion à des sujets sources de possibles tensions entre Washington et Jérusalem.

« Nous pensons qu’Israéliens et Palestiniens méritent, de la même façon, l’égalité dans la liberté, dans la prospérité, dans la sécurité et dans la dignité. C’est important en soi, mais c’est aussi un moyen de faire progresser la perspective d’une solution à deux États », a indiqué Thomas-Greenfield, répétant ce qui est peut-être le point de discussion le plus communément utilisé par l’administration Biden sur le sujet.

Washington veut rouvrir le consulat américain qui servait les Palestiniens, une initiative à laquelle s’oppose le gouvernement de Bennett. Washington est aussi mécontent du feu vert donné à des projets de construction d’implantations dans les profondeurs de la Cisjordanie et a demandé à Israël des éclaircissements concernant la mise sur liste noire récente de six ONGs palestiniennes.

Pendant son entretien avec le Premier ministre Bennett, les deux hauts-responsables ont parlé « des liens profonds et durables entre les États-Unis et Israël, de notre attachement commun à lutter contre la partialité anti-israélienne aux Nations unies et des agressions iraniennes dans la région », selon un communiqué émis par le bureau de l’ambassadrice.

Plus tôt, l’envoyée était allée visiter Yad Vashem, écrivant ultérieurement sur Twitter avoir été « profondément bouleversée » par cette visite.

« Merci à tous ceux qui ont aidé à créer cette institution consacrée à la commémoration de la Shoah et à son enseignement, ainsi qu’à la lutte contre le négationnisme et contre les distorsions », a-t-elle écrit dans son post.

Commentant son entretien avec Lapid, Thomas-Greenfield a écrit sur le même réseau social qu’elle s’était sentie « encouragée d’entendre les progrès tangibles des accords d’Abraham », ajoutant que l’administration Biden continuerait à apporter son soutien à ces efforts.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid rencontre l’ambassadrice à l’ONU des États-Unis Linda Thomas-Greenfield, le 15 novembre 2021. (Crédit : Asi Efrati/ GPO)

Et pendant sa rencontre avec l’ambassadrice américaine à la résidence, le président Isaac Herzog a remercié Thomas-Greenfield pour « sa défense d’Israël aux Nations unies et notamment pendant l’opération Gardien des murs ».

Thomas-Greenfield avait bloqué trois résolutions consécutives du Conseil de sécurité qui réclamaient un cessez-le-feu immédiat et qui condamnaient les violences commises par les deux parties, ce qui avait entraîné des critiques des États-Unis de la part de ses alliés européens. Finalement, cela avait été l’initiative de négociation d’un cessez-le-feu qui avait été entreprise par les Américains et par les Égyptiens qui avaient permis de mettre un terme au conflit qui, au mois de mai, avait opposé Israël aux groupes terroristes palestiniens après onze jours de combat.

Le président Isaac Herzog rencontre l’ambassadrice des États-Unis aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, à sa résidence de Jérusalem, le 15 novembre 2021. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)

Herzog lui a aussi confié que « Israël est très intéressé à l’idée d’une collaboration avec les États-Unis dans la promotion de technologies environnementales innovantes ».

L’ambassadrice s’est ensuite entretenue avec Merav Michaeli, la ministre des Transports, écrivant ensuite sur Twitter que « comme @POTUS, [Michaeli] a conscience du fait que les infrastructures sont une question de sécurité nationale. Et j’applaudis son travail visant à faire avancer l’égalité entre les sexes dans tous les secteurs de la société ».

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