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Biden se rendra en Israël, Cisjordanie et Arabie saoudite du 13 au 16 juillet

Le président américain va effectuer un vol historique en se rendant directement d'Israël en Arabie saoudite, où il compte rencontrer MBS, malgré les accusations contre ce dernier

President Joe Biden gives a thumbs up as he boards Air Force One at Columbia Metropolitan Airport in West Columbia, S.C., en route to Philadelphia after speaking at the South Carolina State University's 2021 Fall Commencement Ceremony in Orangeburg, S.C., Friday, Dec. 17, 2021. (AP Photo/Carolyn Kaster)
President Joe Biden gives a thumbs up as he boards Air Force One at Columbia Metropolitan Airport in West Columbia, S.C., en route to Philadelphia after speaking at the South Carolina State University's 2021 Fall Commencement Ceremony in Orangeburg, S.C., Friday, Dec. 17, 2021. (AP Photo/Carolyn Kaster)

Le président américain Joe Biden va effectuer un vol historique en juillet en se rendant directement d’Israël en Arabie saoudite, où il compte rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane, malgré les accusations contre ce dernier concernant l’assassinat d’un journaliste saoudien.

La Maison Blanche a mis un terme mardi à plusieurs semaines de spéculations en annonçant une tournée de M. Biden en Israël, en Cisjordanie et en Arabie saoudite du 13 au 16 juillet.

Ce sera son premier déplacement au Moyen-Orient en tant que président des Etats-Unis. Outre ses rencontres avec les dirigeants israélien, palestinien et saoudien, M. Biden a prévu de participer à un sommet du Conseil de coopération du Golfe (GCC) – forum diplomatique réunissant plusieurs pays arabes de la région – en Arabie saoudite.

Les attentes sont grandes sur le fait que M. Biden va chercher à obtenir des Saoudiens une augmentation de leur production de pétrole, afin d’arrêter la spirale haussière des prix des carburants et de l’inflation dans son pays où vont se dérouler les élections de mi-mandat en novembre. Un scrutin à risque pour son parti démocrate.

Quelle qu’en soit l’issue, sa rencontre avec le prince héritier saoudien et dirigeant de facto du royaume surnommé « MBS » va marquer un changement controversé de la diplomatie américaine.

Pendant la campagne pour l’élection présidentielle de 2020, Joe Biden avait en effet affirmé que l’assassinat et le démembrement en 2018 de Jamal Khashoggi -un journaliste saoudien réfugié aux Etats-Unis critique des autorités saoudiennes, notamment dans ses articles pour le Washington Post – avait fait de l’Arabie saoudite un pays « paria ».

Mohammed ben Salmane (à gauche) et le journaliste assassiné Jamal Khashoggi. (Orwell Productions)

Les conclusions des agences américaines du renseignement divulguées par l’administration Biden ont identifié le prince héritier comme étant le commanditaire de toute l’opération qui s’est déroulée en Turquie.

« Nous pouvons nous attendre à ce que le président voie le prince héritier » Mohammed ben Salmane lors de sa visite dans le royaume, a indiqué un haut responsable américain à la presse. « La politique américaine nécessitait un recalibrage des relations » après le meurtre de Khashoggi « mais pas une rupture ».

Il a souligné que l’Arabie saoudite était un partenaire stratégique des Etats-Unis depuis huit décennies et que quelque 80 000 Américains y habitent.

Selon la Maison Blanche, la « sécurité énergétique » sera un thème central de la visite du président sur le sol saoudien mais des responsables américains ont fait valoir que toute sa tournée comprenait des objectifs diplomatiques plus étendus.

Point culminant

La porte-parole de l’exécutif Karine Jean-Pierre a insisté sur le fait que « cette visite dans la région du Moyen-Orient est le point culminant de plusieurs mois de diplomatie », plutôt qu’alimentée par des éléments domestiques de court terme.

M. Biden doit s’entretenir avec une dizaine de dirigeants pendant cette brève mais intense tournée, démontrant « le retour du leadership américain », a relevé un haut responsable américain à la presse.

Ce voyage va s’ouvrir par une rencontre avec le Premier ministre israélien Naftali Bennett. M. Biden s’est rendu pour la première fois en Israël il y a près de cinquante ans, lorsqu’il était jeune sénateur.

Ils devraient évoquer le soutien des Etats-Unis à l’armée israélienne, en particulier son système de défense aérienne anti-missiles Dôme de Fer, sur fond de tensions exacerbées par l’échec à revitaliser l’accord entre les grandes puissances et Téhéran sur son programme nucléaire.

« En Israël, le président va probablement visiter une zone où ces systèmes de défense sont utilisés et évoquer les dernières innovations entre nos pays utilisant les technologies laser anti-missiles et autres menaces aériennes », a indiqué le haut responsable, sous couvert d’anonymat.

« Il va réaffirmer le ferme engagement envers la sécurité d’Israël », a-t-il ajouté.

M. Biden doit également rencontrer le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, probablement à Bethléem, selon cette source.

Il va réitérer « son engagement durable en faveur d’une solution à deux Etats » pour les Palestiniens et pour les Israéliens et s’efforcer de restaurer les liens avec les autorités palestiniennes qui ont été « presque coupés » sous l’administration précédente de Donald Trump.

Vol historique

C’est en fin de tournée que le voyage doit marquer l’histoire – et faire couler le plus d’encre : le vol direct entre Israël et Djeddah, en Arabie saoudite, sera le premier d’un président américain vers un pays arabe ne reconnaissant pas l’Etat hébreu en partant du sol israélien. Son prédécesseur avait fait le trajet en sens inverse en 2017.

En Arabie saoudite, il doit prendre part à un sommet du GCC qui rassemble les dirigeants de Bahreïn, du Koweït, d’Oman, du Qatar, d’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis. Les dirigeants d’Egypte, d’Irak et de Jordanie devraient également être présents, selon le responsable américain.

Une priorité du chef d’Etat américain sera de maintenir la récente trêve au Yémen, d’endiguer les velléités nucléaires de l’Iran, « de faire progresser les droits humains et d’assurer la sécurité énergétique et alimentaire mondiale », a précisé le responsable.

Egalement au programme: un sommet virtuel avec les autres dirigeants du groupe dit I2-U2, à savoir Israël, l’Inde et les Emirats arabes unis en plus des Etats-Unis.

Ce sommet sera l’occasion de « discussions sur la crise en matière de sécurité alimentaire et sur d’autres domaines de coopération entre régions pour lesquelles les Emirats et Israël constituent d’importants centres d’innovation », a-t-il expliqué.

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