Blair : le Hamas peut-être convaincu sur Israël
Rechercher

Blair : le Hamas peut-être convaincu sur Israël

L'ancien envoyé pour la paix affirme que le dialogue avec le groupe terroriste « vaut d'être tenté » pour l'unité palestinienne

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

L’ancien envoyé du Quartet pour le Moyen-Orient, Tony Blair, a déclaré jeudi qu’entamer le dialogue avec le Hamas dans le but d’unifier le leadership palestinien « vaut d’être tenté » et a maintenu que la position du groupe terroriste sur Israël pouvait changer.

L’ancien Premier ministre britannique a également exhorté à la signature d’un accord israélo-palestinien de paix régionale sous la forme de l’Initiative de paix « révisée et actualisée », qui comprendrait un retrait sur les lignes de 1967 avec des échanges de territoires.

Il a également soutenu que les affirmations du Premier ministre Benjamin Netanyahu qui affirment que les Etats arabes modérés sont de plus en plus chaleureux à l’égard d’Israël en pleine crise croissante au Moyen-Orient.

Intervenant lors de la Conférence de paix Haaretz à Tel-Aviv, Blair a noté avec ironie que c’était sa 148e visite en Israël et en présentant sa « nouvelle approche », a concédé que « vous n’allez pas obtenir la paix à l’ancienne ».

Blair a affirmé que la direction palestinienne actuelle était trop fracturée pour parvenir à un accord de paix avec Israël, d’où la nécessité d’un soutien régional.

« Je ne pense pas que vous trouviez un politicien palestinien assez fort pour faire la paix, sauf s’il est soutenu par la région dans son ensemble », a affirmé Blair.

Dans le même temps, a poursuivi Blair, l’unité politique palestinienne est essentielle pour tout accord futur et a suggéré que la dialogue avec le Hamas « valait le coup d’être tenté ».

« Je sais qu’il est possible d’amener les gens à changer de position », a-t-il expliqué.

En ce qui concerne un accord de paix régional, a ajouté Blair, les pays modérés du Moyen-Orient « font face aux mêmes menaces existentielles qu’Israël » – il a souligné que l’Iran et l’Etat islamique – qui favorise « la possibilité de créer une alliance ».

« J’ai eu des conversations très similaires en Israël [comme] avec le reste de la région », a déclaré Blair.

« Aujourd’hui, Israël n’est pas votre ennemi », a-t-il a dit s’adressant aux Etats arabes modérés. « Il est souvent l’ennemi de votre ennemi ».

Cependant, le lancement de nouveaux pourparlers de paix n’est « pas seulement un problème pour Israël », a-t-il précisé. « Le leadership de la région doit d’intensifier et faire sa part ».

Follow all the discussions, speeches and interviews from Haaretz's second Conference on Peace – live from Tel Aviv.

Posted by Haaretz.com on Thursday, 12 November 2015

Prenant la parole lors de la même conférence, le président Reuven Rivlin a exhorté Israël à adopter des mesures pour renforcer la confiance et les liens entre les Palestiniens et les Israéliens, mais n’est pas allé jusqu’à soutenir la solution à deux Etats.

« Le but de cette génération est de bâtir la confiance entre les Juifs et les Arabes », a déclaré le président. « Même si nous ne mettons pas fin au conflit, nous devons renforcer la confiance entre les deux pays, de sorte que les prochaines générations ne démarrent pas, comme nous l’avons fait, à partir de zéro ».

Rivlin a déclaré que les efforts israéliens pour améliorer l’infrastructure palestinienne et renforcer les relations économiques et éducatives entre les deux nations – toutes les mesures qui, selon lui sont dans l’intérêt d’Israël – « auraient dû commencé hier ».

Aussi bien le camp de droite et de gauche ont ignoré les Palestiniens, a accusé Rivlin.

« Il semble que les deux côtés du spectre politique ont ignoré le fait que les Arabes et les Palestiniens en Israël sont déjà ici », a-t-il dit. « Ils sont là, comme ils l’ont été ici dans le passé, et ils ne vont nulle part, tout comme nous sommes persuadés que nous n’irons nulle part ».

« Aucune séparation ou clôture ne les feront disparaître. La séparation ne les rendra pas invisibles, ou non hostiles, tout comme le ‘Grand Israël’ ne fera pas d’eux nos amis ».

Le président s’est également adressé directement à la jeunesse palestinienne au sujet de la vague d’attaques quasi-quotidiennes contre des civils israéliens, et les a exhortés à « choisir la vie ».

« Si vous sortez pour poignarder, vous pourrez, à Dieu n’en déplaise, revenir à la maison dans un cercueil », a mis en garde le président.

La terreur est « un chemin sans destination », a-t-il ajouté. « Ne laissez pas la culture pornographique de la mort de l’Etat islamique vous affecter ».

Présent également à l’événement, le ministre de l’Immigration, Zeev Elkin (Likud), a rejoint Rivlin dans ses accusations contre la droite et la gauche d’Israël, ainsi qu’au sujet des efforts de paix précédents. La gauche n’a pas réussi à parvenir à un accord de paix pour une solution à deux Etats, et la droite ignore l’existence des Palestiniens, a-t-il déploré.

La situation sécuritaire actuelle à Jérusalem « est l’exemple classique pourquoi la solution à deux Etats ne fonctionne pas », a ajouté Elkin.

« Les rêves de diviser Jérusalem font partie du discours israélien mais ceux qui s’y connaissent en profondeur comprenne qu’il est impossible de la diviser et qu’elle n’est pas intéressée à être divisée », a-t-il asséné, en se faisant chahuter par la foule.

Elkin a déclaré qu’Israël doit investir dans l’infrastructure de Jérusalem-Est dans le but de réprimer les tensions. « Si nous continuons à investir juste quelques centimes dans Jérusalem-Est, ces [violents] incidents se répéteront encore et encore ».

« Jérusalem est un symbole éloquent qui montre à quoi la société israélienne va ressembler dans l’avenir », a poursuivi Elkin, montrant les changements démographiques.

« Une grande partie de la population ressemblera plus à Jérusalem et moins à Tel Aviv. Nous devons nous demander comment ces deux sociétés, comme elles le seront à l’avenir, seront en mesure de vivre en paix côte-à-côte et de construire la paix de demain, pas la paix d’hier, pas la paix ignorant [les Palestiniens] , qui s’est effondré au cours des 20 dernières années ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...