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Blake Masters, un républicain qui a cité Goering, gagne les primaires de l’Arizona

Le candidat, qui affrontera le démocrate Mark Kelly pour le Sénat, est l'un des nombreux politiciens d'extrême droite à l'emporter dans les Etats-clés

Le candidat républicain au Sénat américain de l'Arizona, Blake Masters, s'adresse à des partisans lors d'une soirée de campagne à Chandler, Arizona, le 2 août 2022. (Crédit 
: AP Photo/Rick Scuteri)
Le candidat républicain au Sénat américain de l'Arizona, Blake Masters, s'adresse à des partisans lors d'une soirée de campagne à Chandler, Arizona, le 2 août 2022. (Crédit : AP Photo/Rick Scuteri)

JTA – Les républicains de l’Arizona ont élu mardi un homme impétueux de 35 ans, qui a notamment cité un nazi de premier plan, comme adversaire du sénateur Mark Kelly, l’ex-astronaute et mari de la représentante juive qui a été blessée par balle lors d’un événement politique en 2011.

Blake Masters a largement remporté la primaire républicaine du Sénat en Arizona avec le soutien de l’ancien président américain Donald Trump et de l’entrepreneur Peter Thiel. Sa victoire est intervenue malgré de vives critiques sur son discours passé et actuel, qui le place comme porte-étendard de l’extrême-droite du parti républicain.

Le Jewish Insider a mis au jour la majeure partie des éléments qui ont suscité les critiques. Le journal a passé au crible les publications en ligne de Masters en remontant presque vingt ans en arrière pour dresser le portrait d’un libertaire iconoclaste qui, plus récemment, a prétendu embrasser l’orthodoxie républicaine.

Parmi les publications en ligne qui ont attiré l’attention, il y en a une dans laquelle Masters a inclus ce qu’il a dit être une « citation poignante » du nazi Herman Goering pour argumenter contre l’intervention des États-Unis dans des conflits étrangers. Lors de sa campagne, Masters a souligné qu’il n’avait pas fait l’éloge de Goering, mais cela n’a pas suffi à apaiser les inquiétudes de ses détracteurs, notamment au sein de la communauté juive de l’Arizona.

« Le chevauchement entre les théoriciens du complot et les antisémites est assez fort », a déclaré en juin au Jewish Insider Tim Eckstein, qui préside le Jewish Community Relations Council of Greater Phoenix. « Masters ne fait pas exception. La citation de Goering n’est pas, en soi, antisémite. Ce que Masters ne semble pas comprendre, c’est que d’autres non-nazis ont dit des choses similaires, et qu’il y a quelque chose de pernicieux à citer Goering, ou tout autre membre éminent de ce régime meurtrier. Pour lui, tout cela n’est qu’un grand jeu. »

Masters n’a pas été le seul candidat républicain qui a fait siennes les théories du complot pour remporter une primaire dans l’État d’Arizona mardi. Mark Finchem, un représentant de l’État et unique candidat républicain en novembre pour le poste de secrétaire d’État – un rôle qui implique de superviser les élections de l’État – a déclaré qu’il estimait que les démocrates avaient conspiré pour voler l’élection présidentielle de 2020 à Trump.

Finchem s’est attiré des critiques l’année dernière pour avoir comparé la décision d’une chaîne d’hôtels de ne pas accueillir un discours du gouverneur de Floride Ron DeSantis à la Shoah. Plus récemment, il a vanté son soutien à Andrew Torba, le fondateur de la plateforme de réseau social Gab, qui a déclaré le mois dernier que les Juifs n’étaient pas les bienvenus sur le site. Gab est favorisé par l’extrême droite parce qu’il permet des discours que les plateformes de réseaux sociaux classiques interdisent. L’homme qui a tué 11 Juifs dans leur synagogue à Pittsburgh en 2018 était un utilisateur de Gab. Masters a également obtenu le soutien de Torba, mais n’en a pas fait la promotion.

Par ailleurs, le député républicain sortant Paul Gosar, un membre du Congrès d’extrême droite qui a entretenu pendant des années des relations avec le provocateur antisémite Nick Fuentes, a facilement remporté sa primaire dans le 9e district de l’Arizona. L’année dernière, Gosar a organisé une collecte de fonds avec Fuentes, qui a remis en question l’ampleur de la Shoah.

Le représentant républicain Paul Gosar de l’Arizona lors d’une audience de la commission des ressources naturelles de la Chambre des représentants, le 28 juillet 2020, au Capitole à Washington. (Bill Clark/Pool via AP)

Bien que la plupart des groupes juifs, y compris la Coalition juive républicaine, aient dénoncé Gosar au fil du temps, au moins un candidat juif de ce cycle électoral a fièrement vanté son soutien : le républicain Rodney Glassman, un ancien démocrate qui, mercredi matin, était à la traîne dans sa primaire pour le poste de procureur général de l’État.

La force des candidats d’extrême droite dans les courses à l’échelle de l’État signifie que les électeurs de l’Arizona sont susceptibles d’entendre un message continu qui embrasse les théories de conspiration populaires, dont beaucoup ont des éléments antisémites. Mais leurs perspectives de victoire aux élections générales ne sont guère assurées, car les électeurs de l’Arizona sont en moyenne moins à droite. Le match Masters-Kelly en particulier sera suivi de près, car le contrôle du Sénat pourrait dépendre de son résultat.

Dans d’autres courses importantes mettant en vedette des candidats juifs, Adam Metzendorf, un ancien cadre juif des Phoenix Suns, a été battu lors de la primaire démocrate pour le Congrès dans le 6e district de l’Arizona, qui comprend Scottsdale, où vivent un grand nombre de Juifs. Jevin Hodge sera le candidat démocrate au Congrès dans cette circonscription.

Et le candidat républicain au poste de superintendant de l’enseignement public, un poste d’élu en Arizona, sera certainement juif. Tom Horne, qui a déjà occupé ce poste avant de devenir procureur général de l’État, est actuellement en tête du scrutin, avec l’immigrant israélien Shiri Sapir en deuxième position. Les deux candidats affirment vouloir débarrasser les écoles de l’Arizona de la politique.

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