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Blinken promet le soutien des Etats-Unis à l’élargissement des Accords d’Abraham

Lors de l'événement américain fêtant le premier anniversaire des accords historiques entre Israël et les pays arabes, le Maroc et les EAU ont appelé à une solution à deux États

De gauche à droite dans le sens des aiguilles d'une montre : Le secrétaire d'État américain Antony Blinken, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, le conseiller diplomatique des EAU Anwar Gargash, l'ambassadeur de Bahreïn aux États-Unis Sheikh Abdullah bin Rashid al-Khalifa et le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita lors d'une visioconférence fêtant le premier anniversaire des Accords d'Abraham, le  17 septembre 2021. (Capture d'écran/YouTube)
De gauche à droite dans le sens des aiguilles d'une montre : Le secrétaire d'État américain Antony Blinken, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, le conseiller diplomatique des EAU Anwar Gargash, l'ambassadeur de Bahreïn aux États-Unis Sheikh Abdullah bin Rashid al-Khalifa et le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita lors d'une visioconférence fêtant le premier anniversaire des Accords d'Abraham, le 17 septembre 2021. (Capture d'écran/YouTube)

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a promis, vendredi, que l’administration Biden s’impliquerait activement pour soutenir et élargir les liens diplomatiques croissants tissés entre Israël et les nations arabes.

S’exprimant lors d’une visioconférence sur Zoom qui avait été organisée à l’occasion du premier anniversaire de la signature des accords d’Abraham entre Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn à la Maison Blanche, Blinken a juré que « cette administration va continuer à développer cette initiative réussie qui avait été entreprise par la précédente administration en continuant à faire avancer la normalisation ».

Blinken a évoqué trois axes principaux permettant de développer ces accords – le renforcement des liens entre Israël et les EAU, Bahreïn, le Maroc, le Soudan et le Kosovo respectivement ; l’approfondissement des relations existantes entretenues entre Israël, l’Égypte et la Jordanie ainsi que la nécessité d’encourager un plus grand nombre de pays à intégrer les Accords d’Abraham.

Le Soudan et le Maroc avaient rejoint les Accords d’Abraham dans les mois qui avaient suivi leur signature tandis que le Kosovo a accepté de reconnaître Israël dans le cadre d’un autre accord négocié par les États-Unis qui avait impliqué la Serbie.

« Nous voulons élargir le cercle de la diplomatie pacifique », a continué Blinken, « parce que c’est dans l’intérêt des pays de toute la région et du monde entier qu’Israël soit traité comme n’importe quel autre pays ».

Blinken a utilisé de manière notable le terme « Accords d’Abraham » – ce que les responsables de l’administration Biden ont tendance à éviter lorsqu’ils sont amenés à en parler.

La visioconférence a accueilli, outre Blinken, le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid, le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita, l’ex-chef de la diplomatie des Émirats arabes unis Anwar Gargash et l’envoyé aux États-Unis de Bahreïn, Abdullah Al Khalifa.

Évoquant les Palestiniens, Biden a déclaré que « nous devons nous appuyer sur ces relations et sur ces normalisations croissantes pour amener des améliorations tangibles dans les vies des Palestiniens ».

Il a vivement recommandé « d’avancer en direction de l’objectif historique d’une paix négociée entre Israéliens et Palestiniens », sans appeler pour autant la reprise de négociations immédiates dans le cadre d’une solution à deux États.

« Les Palestiniens et les Israéliens méritent tous deux, et de manière égale, la liberté, la sécurité, les opportunités et la dignité, » a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie américaine a salué la collaboration du secteur privé, entre les pays, dans la lutte contre la COVID-19 ou dans le secteur du dessalement et de la thérapie cellulaire.

Il a aussi indiqué que les accords allaient aider à « apaiser les tensions régionales, à lutter contre le terrorisme et à réduire l’impact de la crise entraîné par le changement climatique ».

Le secrétaire d’État Antony Blinken rencontre le Premier ministre Naftali Bennett à l’hôtel Willard à Washington, le 25 août 2021. (Crédit : Olivier Douliery/Pool via AP)

Cet événement virtuel organisé par Blinken avait été appelé « Premier anniversaire des Accords d’Abraham : Les accords de normalisation en action ».

Lapid a ouvert son discours, prononcé en anglais, en notant que c’était aussi le 43è anniversaire des Accords de Camp David entre l’État juif et l’Égypte. Cela avait été la première fois que le pays avait été reconnu par un État arabe.

« Ce club des Accords d’Abraham est ouvert également à de nouveaux adhérents », a dit Lapid.

Le ministre israélien des Affaires étrangères a noté qu’il allait se rendre à Bahreïn, à la fin du mois, pour l’ouverture de l’ambassade de Manama.

Il a aussi souligné son initiative « l’économie pour la sécurité » pour la bande de Gaza et il a invité les partenaires d’Israël dans la région à rejoindre cet effort qui, a-t-il prédit, stimulera l’économie palestinienne et stabilisera la région.

Contrairement aux cérémonies qui, au début de la semaine, avaient été organisées par la mission israélienne aux Nations unies et par l’ancien conseiller à la Maison Blanche, Jared Kushner, les représentants de l’Égypte et de Jordanie n’avaient pas été invités lors de cet événement virtuel accueilli par l’administration Biden – ce qui a été confirmé par leurs ambassades.

Le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Abdullah bin Zayed Al-Nahyan, le président américain Donald Trump, le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, Abdullatif al-Zayani, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s’entretiennent lors de la cérémonie de signature des accords d’Abraham, à la Maison Blanche à Washington, DC, le 15 septembre 2020. (Avi Ohayon / GPO)

Tandis que les Palestiniens avaient critiqué les accords et qu’ils auraient probablement décliné une invitation à la visioconférence de vendredi, un responsable du ministère des Affaires étrangères, à Ramallah, a confirmé que l’Autorité palestinienne n’avait pas été conviée.

Le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita a salué, pour sa part, « le nouvel ordre régional », faisant écho à l’ambition de « cercle de vie » exprimée par Lapid concernant le Moyen-Orient et l’Est de la Méditerranée.

« Oui, les accords d’Abraham sont le résultat de notre bonne volonté mais – ce qui est plus important que tout le reste – nous constatons le passage à l’action », a dit Bourita.

Il a évoqué les cinq groupes de travail entre l’État juif et le Maroc, la reprise des vols directs et la signature de plus d’une vingtaine d’accords entre les deux pays.

Bourita a également parlé des relations entre les Israéliens et les Palestiniens, affirmant que « la relance du processus de paix est fondamentale ».

« Le Maroc est convaincu qu’il n’y a pas alternative à la solution à deux États, avec un État palestinien établi dans les frontières du mois de juin 1967 », a-t-il ajouté.

De gauche à droite: le Conseiller à la sécurité nationale des États-Unis Robert O’Brien, le conseiller en chef de l’Administration Trump Jared Kushner, le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Anwar Gargash et le Conseiller à la sécurité nationale d’Israël Meir Ben Shabbat en réunion à Abu Dhabi le 31 août 2020. (Israeli Prime Minister’s Office)

Il a appelé à ce que la ville de Jérusalem « soit préservée en tant que patrimoine commun de l’Humanité, en tant que symbole de coexistence pacifique pour les fidèles des trois religions monothéistes ».

Bourita a aussi fustigé ceux qui ont pu critiquer le rapprochement survenu entre son gouvernement et Israël – et notamment l’Algérie qui a ensuite rompu les liens avec Rabat.

Le diplomate émirati Anwar Gargash a d’abord souhaité aux Israéliens et aux Juifs une bonne nouvelle année dans son allocution.

« J’espère que nous pourrons consolider notre relation cette année », a-t-il déclaré.

Gargash a ajouté que les EAU étaient heureux de ces liens et des opportunités apportées par leur nouvelle relation avec l’État juif.

« C’est un contre-narratif positif dans une région qui en a bien besoin », a-t-il noté.

Gargash a également estimé que les Accords d’Abraham viendraient aider les initiatives prises en faveur de « l’objectif ultime d’une solution à deux États ».

Le président égyptien Anwar Sadat, (à gauche), le président américain Jimmy Carter, (au centre), et le Premier ministre Menachem Begin se serrent la main sur la pelouse nord de la Maison Blanche après avoir signé le traité de paix entre l’Égypte et Israël, le 26 mars 1979. (Crédit photo : AP/Bob Daugherty/File)

Le ministre des Affaires étrangères bahreïni Abdullatif bin Rashid Al Zayani, en route pour l’Assemblée générale des Nations unies à New York, a fait une déclaration pré-enregistrée.

« L’année qui vient de s’écouler a clairement montré que malgré les défis, le changement est possible dans notre région », a-t-il commenté.

De plus, vendredi, le président Isaac Herzog a téléphoné à l’ancien président américain Jimmy Carter pour lui dire qu’il avait pensé à lui en cette journée de premier anniversaire des Accords d’Abraham et de 48è anniversaire de la guerre de Yom Kippour.

Herzog a remercié Carter qui avait négocié ce tout premier accord de paix conclu entre Israël et un pays Arabe : les Accords de Camp David, qui avaient été signés entre feu le Premier ministre Menachem Begin et feu le président égyptien Anwar Sadate.

« Le président Herzog a salué cette réussite diplomatique historique qui a permis de sauver d’innombrables vies au Moyen-Orient et qui a finalement ouvert la voie à d’autres accords de paix, et ce jusqu’aux Accords d’Abraham de l’année dernière », a commenté son bureau.

« Vous avez réussi quelque chose de sacré : ce premier accord de paix entre Israël et un État arabe qui aura finalement ouvert la route aux accords que nous avons signés l’année dernière avec les pays du Golfe », a dit Herzog à Carter.

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