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Une source palestinienne salue le plan pour Gaza avancé par Lapid

Le plan, qui donnerait à l'Autorité palestinienne des pouvoirs au sein de l'enclave côtière, "est un nouvel accord d'Oslo", a déclaré la source de l'AP

Une vue de la mosquée Al-Hassayna de Gaza City, la nuit, le 22 juin 2017.  (Crédit : AP Photo/Adel Hana)
Une vue de la mosquée Al-Hassayna de Gaza City, la nuit, le 22 juin 2017. (Crédit : AP Photo/Adel Hana)

Un responsable palestinien a indiqué à Zman Yisrael, la version en hébreu du Times of Israel, que la « nouvelle ambition » nourrie par le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid était « un nouvel accord d’Oslo ».

Cette proposition, soumise au début de la semaine par le ministre des Affaires étrangères, a rapidement été écartée par le Premier ministre de l’AP Mohammad Shtayyeh ainsi que par les dirigeants du Hamas, à Gaza. Mais certains, au sein de l’Autorité palestinienne, ont discrètement révélé y être favorables.

« C’est le nouvel Oslo », a déclaré le responsable qui n’a pas été identifié, se référant aux accords de paix de 1993. « Le programme annoncé par Lapid pourrait sauver Gaza. C’est la première fois en onze années que quelqu’un, en Israël, suggère une solution au problème de Gaza dans le cadre d’une solution à deux États. »

Dimanche, dans un discours prononcé à l’université Reichman (le nouveau nom du centre interdisciplinaire de Herzliya), Lapid a présenté ce qu’il a qualifié de « nouvelle ambition » pour les relations entretenues par Israël avec la bande de Gaza, expliquant que l’État juif devait « avancer vers un plan économique pluriannuel à Gaza en échange de la sécurité ».

Dans son discours, Lapid a souligné un plan en deux phases dont l’objectif est de changer la réalité économique sur le terrain à Gaza. La combinaison des investissements internationaux, de la coopération israélo-palestinienne et d’un Hamas calme pourrait changer la vie des résidents de l’enclave côtière, a noté le ministre des Affaires étrangères.

Lapid a donc proposé ce plan en plusieurs phases dont l’objectif est de développer l’économie dans la bande. La première phase consisterait à reconstruire les infrastructures en échange d’un contrôle international strict – et en échange aussi d’un retour au calme de la part du Hamas. Dans la deuxième phase du plan, les deux parties envisageraient des projets plus ambitieux. Une île artificielle serait construite au large de la côte de Gaza – la construction d’un port à Gaza était proposée depuis longtemps – et la Cisjordanie et Gaza seraient liés par des projets d’infrastructures, a poursuivi le ministre des Affaires étrangères.

L’AP aurait la responsabilité des affaires civiles et économiques à Gaza dans ce cadre, a déclaré Lapid, qui n’a pas expliqué pourquoi – et comment – le Hamas pourrait consentir que son adversaire palestinien prenne en charge certains aspects du quotidien dans l’enclave côtière. L’insistance placée par l’État juif et par la communauté internationale sur cette délégation d’autorité à l’AP – et le refus du Hamas d’y consentir – ont torpillé des projets similaires par le passé.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid prend la parole à la conférence annuelle de Herzliya, le 12 septembre 2021. (Crédit : Ronen Toppleberg)

Mais le responsable palestinien a déclaré à Zman Yisrael que le plan de Lapid apportait un souffle nouveau.

« Il y a quelque chose de nouveau ici », a expliqué le responsable. « Enfin, Israël commence à réfléchir d’une manière différente. Au cours de la dernière décennie – depuis que le Hamas a pris le contrôle de la bande – l’administration de [l’ancien Premier ministre Benjamin] Netanyahu a soutenu la scission entre Gaza et la Cisjordanie. »

Mais, a indiqué le responsable, cette approche « n’aide personne parce que finalement, elle n’a apporté qu’un plus grand nombre de roquettes et de violences et qu’elle a poussé le Hamas et les autres factions à se rapprocher de l’Iran ».

Aujourd’hui, a déclaré le responsable, le nouveau gouvernement israélien – qui a pris le pouvoir au mois de juin, expulsant Netanyahu – adopte une approche différente.

« Aujourd’hui, Israël propose un plan avec un message complètement différent : Mettons de côté nos divisions et connections Gaza et Ramallah », a expliqué le responsable. « C’était une bonne chose pour Israël que les Palestiniens soient divisés parce que de cette manière, il n’y avait pas de partenaire pour la paix et personne à qui parler. Ce qui est la raison pour laquelle ce qui est aujourd’hui suggéré redonne de l’espoir à beaucoup de gens – parce qu’il y a le sentiment que ce plan ne se fera pas au détriment du projet palestinien qui évoque un État palestinien. »

Le Premier ministre Naftali Bennett a écarté de manière répétée la possibilité d’apporter son soutien à un État palestinien, et a indiqué au début de la semaine qu’il n’avait aucune intention de rencontrer le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, tant qu’il exercera son mandat.

La proposition de Lapid a été fustigée par le Premier ministre de l’AP, Shtayyeh, en début de semaine.

« Le problème de Gaza est politique. Et c’est le même problème que toute la Palestine affronte, notamment Jérusalem. Il doit y avoir un processus politique sérieux, basé sur le droit international, qui permettra de mettre un terme à l’occupation et de lever le blocus… Ce qui rendra la reconstruction de Gaza possible et durable », a estimé Shtayyeh.

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