Bnei Brak paie un homme pour empêcher des ultra-orthodoxes de prendre le train
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Bnei Brak paie un homme pour empêcher des ultra-orthodoxes de prendre le train

Un homme habillé en employé des chemins de fer empêche un couple de prendre un train, pour protester contre l’exclusion de la ville ultra-orthodoxe du projet de métro de Tel Aviv

Un homme déguisé en employé des chemins de fer israéliens empêche un couple ultra-orthodoxe de monter à bord du train, dans coup médiatique élaboré par la municipalité de Bnei Brak, qui a déclenché une réaction violente. (Twitter)
Un homme déguisé en employé des chemins de fer israéliens empêche un couple ultra-orthodoxe de monter à bord du train, dans coup médiatique élaboré par la municipalité de Bnei Brak, qui a déclenché une réaction violente. (Twitter)

Une vidéo montrant un homme habillé en employé des chemins de fer israéliens et empêchant un couple ultra-orthodoxe de monter à bord d’un train a fait scandale jeudi, jusqu’à ce que la séquence s’avère être un coup médiatique élaboré par la municipalité de Bnei Brak, ce qui a déclenché une violente réaction.

L’action visait à protester contre le nouveau projet de système de transport en commun en cours de construction dans la région métropolitaine de Tel Aviv qui, selon la municipalité de Bnei Brak, contournera cette banlieue d’environ 200 000 habitants à prédominance ultra-orthodoxe.

Dans la vidéo, filmée dans une gare de Bat Yam, on peut voir un homme vêtu d’un gilet jaune officiel siffler et crier : « Les Haredim ne peuvent pas monter dans le train. »

L’homme se place alors entre un couple ultra-orthodoxe et le train pour les empêcher de monter à bord et crie aux gens de ne pas le filmer.

Plusieurs personnes ont exprimé leur indignation face à la vidéo, notamment le député Eliyahu Hasid (Yahadut Hatorah), qui aurait également appelé à une discussion urgente à la Knesset sur la question.

La ministre des Transports, Miri Regev, a déclaré sur Twitter qu’elle était « choquée de voir la vidéo scandaleuse et odieuse des chemins de fer israéliens ».

Les gens portent des masques faciaux pour empêcher la propagation du coronavirus à Bnei Brak, le 3 avril 2020. (Tomer Neuberg / Flash90)

La société des chemins de fer israéliens a répondu à la vidéo de la municipalité par une déclaration officielle selon laquelle l’homme au gilet jaune « n’est pas employé par les chemins de fer israéliens ni par aucune des sociétés qui lui fournissent des services » et qu’il « a été immédiatement expulsé de la plateforme ». Elle a déclaré avoir déposé plainte et envisage une action en justice.

Les médias ont identifié la ville de Bnei Brak comme l’entité qui a embauché l’homme pour qu’il soit filmé alors qu’il empêchait des ultra-orthodoxes d’accéder au train, vraisemblablement dans le cadre d’une campagne de guérilla marketing pour médiatiser la frustration de la ville de ne pas être incluse dans le projet de système de métro de Tel Aviv.

Une firme de relations publiques a publié un communiqué affirmant qu’elle avait fait ce coup de pub pour dénoncer ce qu’elle a décrit comme une décision « insensée » des planificateurs d’abandonner les deux stations prévues à Bnei Brak.

Après avoir appris que la vidéo était une mise en scène, Regev a qualifié l’attitude de la municipalité de Bnei Brak de « scandaleuse », et a déclaré que ce comportement constituait « une immonde et cynique violation de la dignité du public ultra-orthodoxe ». Regev a également ajouté que la vidéo mensongère « ternissait et discréditait les cheminots ».

Illustration : Construction du nouveau tramway de Tel Aviv, sur le boulevard de Jérusalem à Jaffa-Tel Aviv, le 25 février 2020. (Miriam Alster / Flash90)

Le métro de Tel Aviv est un système régional prévu pour compléter le réseau de train national existant et le tramway en cours de construction.

Le réseau, destiné à desservir la grande banlieue de Tel Aviv, devrait comprendre trois lignes couvrant près de 150 kilomètres, dont une qui devrait traverser Bnei Brak.

Le mois dernier, le maire de Bnei Brak Avraham Rubinstein a écrit une lettre au ministre des Transports Miri Regev, dans laquelle il exigeait qu’elle « corrige la terrible injustice qui est faite aux habitants de notre ville dans le cadre des projets de métro actuels – sinon, nous serons obligés d’agir avec tous les moyens dont nous disposons, publiquement et légalement, pour contrer l’isolement de Bnei Brak ».

La NTA, la société gouvernementale responsable du réseau de métro, a déclaré que les allégations selon lesquelles le projet de métro contournait la ville ultra-orthodoxe étaient « incompréhensibles ». La NTA a déclaré que le métro avait trois arrêts prévus à Bnei Brak, ainsi qu’un tramway qui devrait traverser la ville, selon Israel Hayom.

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