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Bob Dylan vend à Sony tout son catalogue de musique enregistrée

L'accord porte sur près de soixante ans de musique du chanteur folk et country, prix Nobel de littérature 2016

L’auteur-compositeur-interprète américain Bob Dylan sur scène du festival « Les Vieilles Charrues » à Carhaix, dans l'ouest de la France, le 22 juillet 2012. (Crédit : AP / David Vincent)
L’auteur-compositeur-interprète américain Bob Dylan sur scène du festival « Les Vieilles Charrues » à Carhaix, dans l'ouest de la France, le 22 juillet 2012. (Crédit : AP / David Vincent)

Le légendaire chanteur américain Bob Dylan a vendu les droits de tout son catalogue de musique enregistrée à Sony, a annoncé lundi le géant de l’industrie musicale, dernier épisode d’une série de rachats de répertoires, devenus des actifs précieux à l’heure du streaming.

L’accord, qui remonte à juillet 2021 mais n’a été annoncé que lundi, porte sur près de soixante ans de musique du chanteur folk et country, prix Nobel de littérature 2016, de son premier album éponyme en 1962, qui fut un fiasco, jusqu’à « Rough and Rowdy Ways » en 2020. Soit au total 39 albums.

Au-delà de tubes comme « Like a Rolling Stone », « Tangled Up in Blue » ou « Just Like a Woman », la transaction couvre aussi les « droits des futures nouvelles sorties » de chansons de l’artiste de 80 ans, selon un communiqué de Sony Music Entertainment (SME).

Le montant du rachat n’a pas été communiqué, mais des sites spécialisés dans l’industrie musicale, comme Billboard et Variety, évoquent un montant supérieur à 200 millions de dollars.

Auteur de textes engagés contre l’injustice sociale, la guerre, le racisme et l’esclavage, légende vivante de la musique américaine, Bob Dylan avait déjà marqué l’industrie musicale en cédant, fin 2020, l’ensemble de ses droits d’auteur – distincts des droits d’enregistrement vendus à Sony – à un autre géant, Universal, pour un montant évalué à l’époque à 300 millions de dollars.

Tandis que les droits d’auteur permettent de toucher des dividendes sur la diffusion d’un titre à la radio ou en streaming, sur des ventes d’album ou sur leur utilisation dans une publicité ou dans un film, les détenteurs de droits d’enregistrement peuvent décider de futures rééditions.

Bob Dylan donne un concert en l’honneur de Michael Douglas, au studio Sony Pictures à Culver City, en Californie, le 11 juin 2009. (Crédit : Kevin Winter/Getty Images for AFI)

Bowie, Springsteen

« Bob Dylan et SME continueront à collaborer sur toute une série de rééditions du catalogue de l’artiste », annonce Sony, citant la célèbre série des Bootleg. Ces albums de versions inédites de ses chefs-d’œuvre ou de lives ont démarré en 1991 et en sont aujourd’hui à leur 16e volume.

L’accord renforce une relation de longue date entre Sony et Bob Dylan, qui avait signé en 1961 chez Columbia Records, devenu une filiale du géant de la musique.

« Columbia Records et Rob Stringer (le président de Sony Music Group) ont toujours été bons pour moi, pendant de très nombreuses années et un grand nombre de disques. Je suis heureux que tous mes enregistrements puissent rester là où ils doivent être », a déclaré le poète chanteur, cité dans le communiqué.

Cette transaction est le dernier épisode d’une longue série de rachats des droits d’auteur ou d’édition de catalogues d’artistes morts ou vivants mais jugés indémodables, devenus des actifs précieux notamment avec la révolution du streaming.

Depuis des mois, les noms d’artistes s’ajoutent à la liste, comme David Bowie, dont les droits d’auteur ont été acquis par Warner pour un montant estimé à 250 millions de dollars. Ou le « Boss » Bruce Springsteen, qui a vendu, à Sony en décembre, les droits d’auteur et d’enregistrement liés à tout son répertoire pour une somme estimée à plus de 550 millions de dollars. Avant eux, Tina Turner, Neil Young ou les Red Hot Chili Peppers, entre autres, avaient déjà réalisé de telles opérations.

Après une phase difficile durant les années 2000, l’industrie de la musique a repris des couleurs avec le streaming, source de revenus majeure pour les détenteurs de catalogues.

Sony, Universal ou Warner, les trois géants de l’industrie musicale, voient désormais le secteur investi par de nouveaux acteurs, des fonds d’investissement comme Hipgnosis, intéressés par les actifs sûrs que représentent les classiques.

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