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Booking.com exclut deux établissements qui refusent les Israéliens

Une touriste s'est entendu dire par un hôtel de Naples qu'elle ne pouvait pas réserver si elle servait à Gaza ou soutenait Netanyahu. En Bosnie, un Israélien s'est vu refuser l'entrée d'une auberge de jeunesse

Le siège social de Booking.com à Amsterdam, aux Pays-Bas. (tupungato/iStock)
Le siège social de Booking.com à Amsterdam, aux Pays-Bas. (tupungato/iStock)

L’agence de voyage Booking.com a pris des mesures contre un hôtel du sud de l’Italie et une auberge de jeunesse de Bosnie ayant refusé des clients israéliens, manifestement en raison de la guerre dans la bande de Gaza, selon une information publiée mardi.

Par ailleurs, le site de réservation espagnol eDreams a annoncé qu’il ne proposerait plus d’hébergements israéliens en Cisjordanie.

Une Israélienne s’est donc vue refuser une réservation sur Booking.com pour un hôtel situé à Naples, et un Israélien s’est fait refouler d’une auberge de jeunesse en Bosnie, a fait savoir la chaîne N12.

Les actes anti-Israël et antisémites ont augmenté depuis le début de la guerre à Gaza, les critiques accusant Israël d’être responsable de l’aggravation de la crise humanitaire et du nombre de victimes civiles dans l’enclave côtière palestinienne.

Selon l’information de la chaîne N12, Booking aurait rappelé dans un communiqué sur l’incident survenu à Naples que les établissements référencés par son site Internet devaient notamment respecter « l’obligation de ne pas faire de discriminations ».

Lorsqu’elle a essayé de réserver une chambre dans cet hôtel, la femme israélienne a reçu l’information, lors d’échanges écrits, qu’elle ne serait pas acceptée si elle avait servi dans la bande de Gaza ou soutenait le gouvernement Netanyahu.

La touriste, connue sous le nom de Shir, a déclaré à la chaîne N12 qu’il s’agissait d’une « discrimination grave et inacceptable envers les Israéliens ».

Bookings a déclaré avoir ouvert une enquête et retiré l’hôtel de son site Internet.

Vue générale de la place de l’hôtel de ville de Naples, en Campanie, en Italie, le 13 novembre 2020. (Crédit : Gregorio Borgia/AP)

Par ailleurs, en Bosnie, Ofek Levy explique qu’à l’entrée de l’auberge de jeunesse, la propriétaire lui a demandé s’il était israélien. Quand il a confirmé, elle a claqué la porte en lui disant qu’il n’était pas le bienvenu, a rapporté la chaîne N12.

Levy confie s’être « assis sur le trottoir à la recherche d’un autre endroit où aller, jusqu’à ce que je trouve un autre établissement dans les environs, avec un propriétaire très sympathique et accueillant ».

Il a porté plainte auprès de Booking, qui a ouvert une enquête et déclaré que, le temps de l’enquête, cette auberge de jeunesse serait retirée de sa plateforme.

Booking a précisé que ses collaborateurs avaient aidé l’Israélien à trouver un autre hébergement et pris en charge la différence de prix.

Le nom de l’hôtel et de l’auberge de jeunesse n’a pas été communiqué.

La semaine dernière, le média Ynet avait rapporté que l’un des incidents concernait l’auberge de jeunesse Dada en Bosnie.

Un Bosniaque brandit un drapeau palestinien lors d’une manifestation contre Israël et en soutien aux Palestiniens à Sarajevo, en Bosnie, le 22 octobre 2023. (Crédit : AP Photo/Armin Durgut)

Ce n’est pas la première fois que Booking retire des établissements suite à des refus opposés à des Israéliens.

En novembre 2024 déjà, il avait exclu un hôtel du nord de l’Italie qui avait refusé une réservation à un couple israélien, le directeur accusant le peuple israélien de « génocide ». Et la semaine dernière, la chaîne N12 a rapporté que Booking avait suspendu un établissement en Sicile – le P43 Sicilian Suites – pour un refus de réservation opposé à une Israélienne, sauf à ce qu’elle dénonce les actions de son gouvernement.

Israël nie avec véhémence les accusations de génocide à Gaza et assure faire son possible pour éviter les victimes civiles lorsqu’il attaque le groupe terroriste du Hamas, installé au plus près des hôpitaux, des écoles et des maisons et tunnels fortifiés sous les zones résidentielles.

Un site espagnol exclut de sa base de données les logements situés dans les implantations de Cisjordanie

Mardi, la société de voyage espagnole eDreams a annoncé le retrait des annonces concernant des hébergements dans les implantations israéliennes de Cisjordanie.

Le directeur financier d’eDreams, David Elizaga, a déclaré à Reuters que la société avait toujours eu pour politique de ne pas proposer d’hébergements dans ce qu’il qualifie de « colonies illégales » dans les territoires contrôlés par Israël, mais que des annonces pouvaient apparaitre automatiquement sur son site Internet lorsque les propriétaires les diffusaient sur des plateformes.

La question a été évoquée lors de l’assemblée générale annuelle en juillet dernier, qui a suscité des manifestations anti-Israël et pro-palestiniennes contre l’entreprise, seule parmi les entreprises espagnoles à figurer sur la liste du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, publiée en 2023.

Selon Elizaga, la société a activé une fonctionnalité de contrôle de la localisation afin de filtrer les hébergements proposés dans les implantations.

Une maison dans le nord de la Cisjordanie offert à la location sur Airbnb. (Tourisme Samarie)

Au-delà des seules Nations Unies, eDreams a par ailleurs pris contact avec des ONG, certaines locales, pour s’assurer de ne plus figurer dans les listes des entreprises qui offrent « des services soutenant l’existence et le maintien des colonies ».

« Les Nations Unies travaillent à la vitesse à laquelle elles travaillent avec les ressources dont elles disposent », a déclaré M. Elizaga en ajoutant que l’entreprise ne devrait plus figurer dans le prochain rapport.

Il n’a pas été possible au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme de commenter dans l’immédiat.

Les agences de voyage en ligne comme Airbnb et Booking.com font depuis longtemps face à la pression des autorités palestiniennes, des militants anti-Israël et des groupes de défense des droits humains pour que ces annonces disparaissent.

En novembre 2018, Airbnb avait annoncé son intention de supprimer près de 200 annonces de location dans les implantations de Cisjordanie, mais en 2019, il est revenu sur sa décision après une plainte d’une dizaine de personnes aux États-Unis et en Israël.

En 2022, Airbnb avait annoncé qu’il avertirait les clients désireux de réserver un hébergement dans les implantations israéliennes qu’il s’agissait d’une zone « disputée, affectée par un conflit ou à haut risque » susceptible de « présenter des risques plus importants ».

Moria Shapira, propriétaire d’un appartement Airbnb, nettoie son appartement dans l’avant-poste d’Adei Ad, au nord du village palestinien d’al-Mughayyir, près de la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 20 novembre 2018. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Dans son ensemble, la communauté internationale considère que les implantations, construites sur des terres qu’Israël a prises à la Jordanie lors de la guerre des Six Jours, en 1967, constituent une violation du droit international.

La guerre de Gaza a éclaté le 7 octobre 2023 lorsque le groupe terroriste palestinien du Hamas s’est introduit dans le sud d’Israël pour y tuer 1 200 personnes, essentiellement des civils, et faire 251 otages séquestrés à Gaza.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, plus de 62 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats dans la bande de Gaza, sans que ce bilan puisse être vérifié ou fasse le distinguo entre civils et hommes armés. En janvier dernier, Israël revendiquait la mort de 22 000 hommes armés lors des combats sans compter les 1 600 terroristes tués en territoire israélien lors du pogrom du 7 octobre.

Israël assure faire en sorte de limiter les pertes civiles et rappelle que le Hamas utilise les civils de Gaza comme des boucliers humains.

Côté israélien, le bilan humain de la guerre contre le Hamas à Gaza et dans les opérations militaires le long de la frontière avec l’enclave s’élève à 460, dont deux policiers et trois sous-traitants civils du ministère de la Défense.

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