Boris Johnson compare la Coupe du monde en Russie aux JO de Berlin en 36
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Boris Johnson compare la Coupe du monde en Russie aux JO de Berlin en 36

"Franchement, c'est à vomir de penser à Poutine en train de se glorifier lors de cet événement sportif", a déclaré le ministre des Affaires étrangères britannique

Le ministre des Affaires étrangères britannique Boris Johnson à une réunion des ministres des Affaires étrangères européens au Conseil de l'Europe, à Bruxelles le 16 janvier 2017. (Crédit : Emmanuel Dunand/AFP)
Le ministre des Affaires étrangères britannique Boris Johnson à une réunion des ministres des Affaires étrangères européens au Conseil de l'Europe, à Bruxelles le 16 janvier 2017. (Crédit : Emmanuel Dunand/AFP)

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a trouvé « juste » de comparer la Coupe du monde de football en Russie avec les jeux Olympiques de Berlin en 1936 sous Hitler, devant une commission parlementaire mercredi.

En pleine crise diplomatique avec la Russie, il a aussi estimé que le Royaume-Uni avait été la cible d’une attaque à l’agent neurotoxique, contre un ex-espion russe sur son territoire, pour avoir dénoncé les « abus » russes.

« Oui, je pense que la comparaison avec 1936 est juste », a dit Boris Johnson, en réponse à un parlementaire qui estimait que le président russe Vladimir Poutine allait utiliser la Coupe du monde « comme Hitler a utilisé les Jeux olympiques de 1936 ».

« Franchement, c’est à vomir de penser à Poutine en train de se glorifier lors de cet événement sportif », a-t-il ajouté. 

M. Johnson a réclamé que Moscou garantisse la sécurité des supporteurs britanniques qui se rendront à la Coupe du monde. « C’est leur devoir, selon le contrat de la Fifa, de faire attention à tous les fans », a-t-il dit, ajoutant que Londres « n’entend pas activement décourager les gens d’y aller ».

« Le défi que je lance aux autorités russes, c’est de montrer que les 24 000 candidats britanniques à des tickets pour la Coupe du monde seront bien traités, seront en sécurité », a ajouté le chef de la diplomatie britannique.

Il y a une semaine, son ministère avait changé ses recommandations aux voyageurs voulant se rendre en Russie, après l’annonce par la Première ministre Theresa May de sanctions contre Moscou, dont l’expulsion de 23 diplomates russes.

« En raison des tensions politiques accrues entre le Royaume-Uni et la Russie, vous devez être conscients de la possibilité de sentiments anti-britanniques et de harcèlement en ce moment. Il est conseillé de rester vigilant, d’éviter toute manifestation et d’éviter de commenter publiquement les derniers développements politiques », avait écrit le ministère sur son site.

Attaque contre ‘les valeurs’

Selon M. Johnson, le Royaume-Uni a été « pris pour cible (…) parce que c’est un pays qui a un sens particulier des valeurs, qui croit en la liberté, en la démocratie et en l’Etat de droit et a à maintes reprises dénoncé les abus de la Russie concernant ces valeurs ».

« Nous l’avons vu avec les Balkans occidentaux, dans les pays baltes, dans ce qui se passe en Syrie avec la connivence des Russes : que ce soit à l’UE ou à l’ONU, c’est le Royaume-Uni qui a été le plus direct, le plus obstiné à s’en tenir à nos valeurs », a-t-il relevé.

Alors que Moscou dément avec la dernière énergie être à l’origine de l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal et sa fille Ioulia le 4 mars à Salisbury (sud-ouest de l’Angleterre), M. Johnson a affirmé que tout la désignait.

Rejetant l’éventualité que cet empoisonnement ait pu être commis par des agents russes ou d’ex-agents en dehors du contrôle du président Vladimir Poutine, il a affirmé que « la chaîne des responsabilités mène inexorablement au sommet de l’Etat russe ».

Interrogé sur le timing de l’attaque, M. Johnson a vu un lien avec l’élection présidentielle russe dimanche, au cours de laquelle Vladimir Poutine a été triomphalement réélu pour un quatrième mandat.

« Comme beaucoup de personnalités antidémocratiques confrontées à des élections ou à des situations politiques critiques, il est tentant d’invoquer l’image de l’ennemi dans l’imagination du public », a-t-il dit, y voyant « une tentative de galvaniser l’électorat russe » tout en envoyant un « message aux potentiels transfuges ».

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