Boris Toledano, président de la communauté juive de Casablanca, est décédé
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Boris Toledano, président de la communauté juive de Casablanca, est décédé

« C’était la cheville ouvrière de la communauté juive casablancaise », a déclaré son ami Serge Berdugo

Boris Toledano (Crédit : capture d’écran YouTube)
Boris Toledano (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le président de la communauté juive de Casablanca, Boris Toledano, est décédé mercredi à l’âge de 95 ans. « Il s’est simplement éteint », a déclaré son entourage.

Boris Toledano est né en 1921 à Larache au Maroc, d’un père à la fois rabbin et notaire et d’une mère juive hispanophone.

Etudiant à l’école de l’Alliance israélite, il quitte le Maroc en 1935 pour poursuivre ses études à Alicante, en Espagne, qui seront perturbées par la guerre franquiste à partir de 1936 ce qui l’empêchera de retourner directement vers son Maroc natal, rapporte le site Telquel.

Plus tard il prend les armes pour combattre dans l’armée républicaine cependant l’armée franquiste progresse, notamment grâce à son alliance avec Hitler et Mussolini.

Boris Toledano fuit alors l’Espagne, pour se rendre en France, en traversant à pied les Pyrénées. Emprisonné dans un camp à Perpignan, dans le sud de la France, il finira par pouvoir rejoindre le Maroc après avoir prouvé sa nationalité.

De retour au Maroc, Boris Toledano débute sa carrière professionnelle. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il monte son affaire de recyclage de papiers usagers, avec l’aide du colonel anglais Marks, qui s’occupe de lui fournir les matières premières.

En 1947, Boris Toledano se marie avec Inès Benezra d’origine italienne. Ils auront trois fils dont Sydney qui est aujourd’hui le PDG de la maison Christian Dior. Inès Benezra meurt à l’âge de 48 ans ce qui affectera beaucoup son mari.

A la fin des années 1970, Boris Toledano vend son affaire et avec Yolande, sa seconde épouse, il travaille à de nombreuses oeuvres caritatives telles que la création d’une maison de retraite pour les Juifs et la construction de petits appartements pour les personnes nécessiteuses.

C’est également dans les années 1970 qu’il s’investit auprès de la communauté juive marocaine en entrant au Comité de la Communauté en 1972.

« C’était la cheville ouvrière de la communauté juive casablancaise », a déclaré son ami Serge Berdugo, secrétaire général du Conseil de la communauté israélite du Maroc, au site Telquel.

« Il était de tous les combats, de toutes les initiatives caritatives, il ne manquait jamais un rassemblement culturel. Avec lui, on a remis au goût du jour les pèlerinages. On reçoit plus de 10 000 pèlerins chaque année désormais. Pour tout ce qui concerne les prescriptions rituelles, le casher, les synagogues, c’est lui qui gérait au jour le jour. Sans parler de la bienfaisance, des œuvres caritatives, » a souligné Serge Berdugo.

En 2006, Boris Toledano avait été décoré du Wissam Al-Arch de l’ordre d’officier par le Roi Mohammed VI pour célébrer le 7e anniversaire de son accession au trône.

Depuis quelques temps, Boris Toledano travaillait afin de rénover la synagogue Ettedgui directement avec le roi Mohammed VI avec qui il collaborait étroitement depuis plusieurs années.

« Il aurait pu s’arrêter depuis longtemps, pourtant il a continué. Non pas pour être dans la lumière, mais parce qu’il savait qu’il était utile. C’était un grand frère pour chacun et ne connaissait pas de barrière sociale, » a déclaré André Azoulay, conseiller du roi Mohammed VI et père de l’actuelle ministre de la Culture française, Audrey Azoulay.

La disparition de Boris Toledano a suscité une vive émotion auprès de la communauté juive de Casablanca qui a tenu à lui rendre hommage par l’intermédiaire de nombreux témoignages chaleureux.

L’inhumation était prévue jeudi dans l’après-midi au cimetière Ben M’Sik à Casablanca.

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