Borrell : Les forages « illégaux » d’Ankara au large de Chypre doivent « cesser »
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Borrell : Les forages « illégaux » d’Ankara au large de Chypre doivent « cesser »

Ankara assure que ses activités de forage pétrolier à Chypre sont en accord avec le droit international

Sur cette photo du 9 juillet 2019, un navire de guerre de la marine turque patrouille près du navire de forage turc "Fatih" en route vers la Méditerranée orientale près de Chypre. (Crédit : Ministère turc de la défense via AP, Pool)
Sur cette photo du 9 juillet 2019, un navire de guerre de la marine turque patrouille près du navire de forage turc "Fatih" en route vers la Méditerranée orientale près de Chypre. (Crédit : Ministère turc de la défense via AP, Pool)

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a appelé jeudi la Turquie à « cesser » ses forages d’exploration gazière « illégaux » au large de l’île méditerranéenne divisée de Chypre, lors d’une rencontre avec des responsables chypriotes à Nicosie. 

« Les forages illégaux de la Turquie doivent cesser », a tweeté M. Borrell après une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères de la République de Chypre, Nikos Christodoulides. 

Les discussions entre les deux diplomates ont porté sur « le renforcement de la stabilité régionale » et la désescalade des tensions, selon M. Borrell. 

« La délimitation des zones économiques exclusives contestées par la Turquie doit se faire dans le respect du droit international et en toute bonne foi, comme le propose Chypre », a-t-il précisé, ajoutant que l’Union européenne saluait cette invitation lancée à Ankara pour discuter.

La République de Chypre – reconnue par la communauté internationale et membre de l’Union européenne – exerce uniquement son autorité sur les deux tiers sud de l’île. L’autoproclamée République turque de Chypre-nord (RTCN) est juste reconnue par la Turquie qui a envahi le tiers nord de l’île en 1974 en réaction à un coup d’Etat visant à rattacher le pays à la Grèce.

Une plate-forme de forage au large de la côte de Limassol, à Chypre, le 10 mars 2019, où ExxonMobil a découvert le troisième plus grand gisement de gaz au monde. (Crédit : AP / Petros Karadjias)

Les négociations sous l’égide de l’ONU pour une réunification ont échoué en 2017 et n’ont pas repris depuis, notamment car les divisions sont fortes depuis la découverte de gisements de gaz dans les fonds marins des eaux revendiquées à la fois par Chypre et la Turquie.

Ankara assure que ses activités de forage pétrolier sont en accord avec le droit international et que son allié, la RTCN, devait recevoir une partie des bénéfices et avoir le droit de procéder à des forages. 

En janvier, la République de Chypre a accusé Ankara de « piraterie » en raison des forages répétés au sein de ce qu’elle considère comme sa zone économique exclusive.

« La Turquie a décidé de procéder à son sixième forage illégal en moins d’un an, en violation des droits souverains de Chypre, déstabilisant ainsi davantage la région », a déclaré M. Christodoulides après sa rencontre avec M. Borrell. 

« La actions de la Turquie dans les zones maritimes de Chypre ne peuvent être considérées comme des actes isolés (…) elles font partie d’un comportement général alarmant », a-t-il ajouté. 

Avant d’arriver à Chypre, M. Borrell a fait escale à Athènes, qui lui avait récemment transmis ses inquiétudes sur l’approche de la Turquie dans le litige sur les frontières maritimes. 

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