Brisant un vieux tabou, l’armée invite les séropositifs à s’engager
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Brisant un vieux tabou, l’armée invite les séropositifs à s’engager

Un officier médical de l’armée explique que la décision, rendue possible par des avancées de la médecine, concernera peu de personnes mais enverra un message important

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Recrues de l'armée israélienne. Illustration. (Crédit : armée israélienne)
Recrues de l'armée israélienne. Illustration. (Crédit : armée israélienne)

A la lumière des récents développements médicaux, des adolescents israéliens infectés par le VIH pourront bientôt entrer dans l’armée avec leurs pairs, a déclaré un responsable médical de l’armée mardi.

Selon les changements proposés, les séropositifs ne seront pas immédiatement exclus du service dans l’armée, comme c’est le cas aujourd’hui, même s’ils ne seront pas éligibles pour des postes de combat.

Le nombre relativement restreint, peut-être quelques dizaines par an, d’adolescents vivant avec le VIH en Israël pourraient servir dans des rôles administratifs et dans d’autres fonctions où le risque de blessure est faible, a déclaré mardi le Dr colonel Moshe Pinkert au journalistes, pour marquer la Journée Mondial du SIDA du 1er décembre.

Même si ce changement affectera peu de personnes, le message qu’il envoie est plus important, a déclaré Pinkert. « Le nombre est moins important que le principe ».

Non seulement en autorisant, mais en demandant aux séropositifs de servir dans l’armée, cela « fera disparaître quelques préjugés autour de la maladie », et aidera à une meilleure intégration de ces personnes dans la société israélienne, a déclaré Pinkert.

« Nous les considérons comme tout le monde, a-t-il ajouté. Il n’y a pas de lien entre la maladie et des capacités intellectuelles et créatives ».

Bien que d’autres pays, y compris les Etats-Unis, autorisent les soldats à continuer à servir dans l’armée même s’ils ont contracté le VIH alors qu’ils sont en service, la plupart considèrent une infection du VIH comme un critère immédiat pour disqualifier un candidat au recrutement.

Des officiels israéliens vantent souvent fièrement la politique d’accueil de l’armée, qui se trouve en avance sur les habitudes internationales en accordant aux femmes et aux gays des positions de combat, et en employant des soldats autistes, ou d’autres individus avec le syndrome de Down et d’autres handicaps.

Mais jusqu’à maintenant, des soldats atteints du VIH et d’autres maladies sérieuses ont été empêchés de servir à moins qu’ils ne s’opposent à un profil médical difficile et se portent volontaires pour l’armée.

Il y a environ 10 soldats servant actuellement qui ont choisi de se porter volontaire pour l’amée alors que leur statut de séropositifs les empêchaient initialement de s’inscrire, selon Pinkert, le chef du département des services médicaux de l’armée.

Si les médecins sont de mieux en mieux équipés pour traiter le virus humain d’immunodéficience, la menace pour la santé et le risque d’infecter les autres est « presque non-existant », a déclaré Pinkert.

Ces améliorations dans la capacité de la communauté médicale de traiter les séropositifs a permis au Corps Médical de l’armée de réévaluer sa position sur le virus.

Trouver un obstacle médical légimime pour une personne vivant avec le VIH pour servir dans l’armée, le corps médical a décidé de recommander le changement à l’officier médical en chef de l’armée, le général de brigade Dr Dudu Dagan.

Dagan aura besoin de l’approbation finale du ministère de la Santé avant que la proposition ne soit acceptée, mais Pinkert a déclaré qu’il ne prévoyait pas de complication pour s’opposer à une telle décision.

« Je ne prévois même pas que cela prendra plusieurs mois », a déclaré Pinkert.

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