Californie : le président du Pitzer College ignorera une motion BDS
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Californie : le président du Pitzer College ignorera une motion BDS

Melvin Oliver a rejeté une recommandation "préjudiciable" prônant la suspension du programme d'études conjoint de l'université Pitzer College et celle de Haïfa

Le président du Pitzer College s'exprime devant les étudiants le 11 mars 2016 (Crédit :  Pitzer College)
Le président du Pitzer College s'exprime devant les étudiants le 11 mars 2016 (Crédit : Pitzer College)

JTA — Un département d’études du Pitzer College de Californie a voté en faveur de la suspension de son programme d’études en Israël, mais le président de l’institution a fait savoir qu’il ignorerait cette motion.

La recommandation non-contraignante adoptée jeudi par la faculté au sein de l’instance dirigeante du collège avait été prônée par les partisans du mouvement anti-israélien BDS (Boycott, Divestment, and Sanctions), selon l’AJC (American Jewish Committee), qui a condamné le vote, évoquant une « attaque scandaleuse contre la liberté d’étudier. »

La recommandation prévoyant la suspension du programme d’études à l’université de Haïfa a été adoptée avec une majorité de 68 voix « pour » et 25 voix « contre ». Très rapidement à l’issue de l’approbation de la motion, le président du Pitzer College, Melvin Oliver, l’a rejetée, affirmant: « je refuse d’autoriser le Pitzer College à adopter un positionnement qui, je le pense, ne fera que lui porter préjudice ».

La recommandation réclame la suspension du programme « jusqu’à ce que l’Etat israélien mette un terme aux restrictions d’entrée en Israël sur la base des origines et/ou du discours politique » et jusqu’à ce qu’il « adopte des politiques accordant des visas pour favoriser des échanges avec les universités palestiniennes à égalité avec les universités israéliennes ».

Mais, a écrit Melvin Oliver, ce langage ne représente pas de manière fidèle la portée de la recommandation.

Le campus de l’université de Haïfa (Autorisation)

« La recommandation met en place une forme de boycott universitaire d’Israël et, ce faisant, nous éloigne du chemin du libre échange des idées – une direction qui détruit finalement les capacités de l’université à remplir sa mission éducative », a écrit le président.

« En singularisant Israël, la recommandation elle-même est préjudiciable », a-t-il ajouté.

Le président de l’université de Haïfa, Ron Robin, a indiqué que le département d’études avait donné « son sceau d’approbation à l’antisémitisme contemporain ».

« Le boycott de Pitzer est particulièrement fourvoyé dans la mesure où, à l’université de Haïfa, 35 % de nos étudiants sont Arabes et que nos élèves israéliens et arabes travaillent ensemble et dans l’harmonie dans le cadre d’activités extrascolaires et de services communautaires », a commenté le président de l’université dans un communiqué. « C’est la diversité, la coexistence et la tolérance à leur apogée ».

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