Cancer du sein : une étude incite les femmes ashkénazes à se faire dépister
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Cancer du sein : une étude incite les femmes ashkénazes à se faire dépister

C'est la preuve absolue que se faire examiner peut sauver la vie, selon des chercheurs de Jérusalem

Une patiente passe une mammographie. (iStock)
Une patiente passe une mammographie. (iStock)

Les recherches menées à Jérusalem donnent un nouvel élan aux femmes juives ashkénazes du monde entier pour qu’elles se soumettent à un dépistage des risques de cancer du sein, affirment des médecins à l’origine d’une nouvelle étude.

Ils ont découvert que les femmes chez qui on diagnostique un cancer du sein, qui touche de manière disproportionnée les Juifs ashkénazes, ont beaucoup plus de chances de survivre et ont moins besoin de chimiothérapie si elles savent déjà qu’elles sont porteuses d’une mutation génétique qui les met en danger.

Dans l’échantillon qu’ils ont suivi, le taux de mortalité était d’un sur vingt chez les femmes diagnostiquées avec un cancer du sein et qui savaient déjà qu’elles étaient porteuses de la mutation. Pour celles qui ne savaient pas qu’elles en étaient porteuses, le chiffre était d’environ une sur cinq.

L’étude rétrospective, menée à l’hôpital Shaare Zedek à Jérusalem et publiée cette semaine, a révélé que seuls 29 % des femmes qui se savaient porteuses de la mutation ont eu besoin d’une chimiothérapie, contre 79 % de celles qui l’ignoraient.

Certaines femmes juives ashkénazes qui portent une mutation génétique particulière BRCA-1 ont 65% de chances de développer un cancer du sein. (Média pour Medical / UIG via Getty Images)

« C’est la preuve absolue que passer des tests génétiques pourrait bien vous sauver la vie », a commenté Ephrat Levy-Lahad, directrice de l’Institut de génétique médicale de l’hôpital, au Times of Israel.

Et d’ajouter : « Cela revêt une importance internationale, puisque cela montre que le dépistage des femmes en bonne santé et l’identification des porteuses de la mutation, alors qu’elles ne sont pas encore atteintes d’un cancer du sein, ont des implications très importantes sur leur santé. Il n’affecte pas vos chances d’avoir un cancer, mais il a un impact sur la sévérité de votre traitement et, en fin de compte, sur vos chances de survie ».

Ephrat Levy-Lahad, directrice de l’institut de génétique médicale de l’hôpital Shaare Zedek à Jérusalem. (Autorisation : Ephrat Levy-Lahad)

L’étude, basée sur 105 femmes, avec le même profil d’âge pour celles qui ont été et n’ont pas été dépistées, a été revue par des pairs et publiée récemment dans JAMA Oncology, une revue de l’Association médicale américaine.

La spécialiste souligne qu’à partir de janvier, Israël offrira le dépistage gratuit à toutes les femmes ashkénazes, étant donné leur propension au cancer du sein. « Israël est à la pointe de l’utilisation de la génétique pour la prévention du cancer », a-t-elle commenté.

Efrat Levy-Lahad indique avoir lancé l’étude, avec le chirurgien mammaire Tal Hadar, parce qu’il y a une confusion chez les femmes sur une question clé. « On nous a demandé si le fait de savoir à l’avance que vous êtes porteuse vous sauvera vraiment si, en découvrant que vous êtes porteuse, vous n’avez pas à subir une opération pour vous enlever les seins », explique-t-elle.

Les médecins recommandent souvent cette étape si les patientes sont porteuses d’une mutation BRCA1 et BRCA2 qui les rend susceptibles de développer un cancer du sein, mais la plupart d’entre elles déclinent. En Israël, environ 15 % des femmes porteuses optent pour une mastectomie.

Efrat Levy-Lahad a constaté que la majorité des porteuses qui n’ont pas été opérées sont protégées par la sensibilisation et la prudence accrues qui suivent le dépistage. « Si vous le savez alors que vous êtes encore en bonne santé, vous finissez par avoir une surveillance que les femmes n’ont pas normalement, et vous avez de bien meilleures chances », a-t-elle déclaré.

Mammographie normale (à gauche) ou présentant un cancer du sein (à droite). (Crédit : domaine public/NIH/WikiCommons)

« Les femmes de notre étude qui étaient porteuses se rendaient pour la plupart dans des cliniques à haut risque et subissaient chaque année des IRM et des mammographies du sein. Cela a permis de détecter leur cancer plus tôt, 86 % de celles qui savaient qu’elles étaient porteuses ayant appris leur cancer au stade 0 ou I [c’est-à-dire que le cancer est petit et ne s’est pas propagé], mais seulement 38 % des femmes qui ne savaient pas qu’elles étaient porteuses l’ont découvert à ces stades ».

Elle conclut : « L’étude souligne que les femmes ashkénazes, où qu’elles se trouvent dans le monde, devraient se faire dépister, ainsi que les autres femmes qui sont à risque ».

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