Carlos Ghosn : La normalisation, une « nécessité pour l’économie du Moyen-Orient »
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Carlos Ghosn : La normalisation, une « nécessité pour l’économie du Moyen-Orient »

L’homme d’affaires a appelé à la paix entre Israël et le Liban et a prédit que le Moyen-Orient deviendra un "centre technologique"

CArlos Ghosn, alors PDG de Renault, lors d'une conférence de presse à Sandouville, le 30 septembre 2014. (Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP)
CArlos Ghosn, alors PDG de Renault, lors d'une conférence de presse à Sandouville, le 30 septembre 2014. (Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Carlos Ghosn, ancien PDG de Renault-Nissan, s’est exprimé mardi lors d’une interview avec la chaine libanaise LBC. Lors de l’entretien, il est notamment revenu sur les récents accords de normalisation entre Israël et différents pays arabes (Émirats arabes unis, Bahreïn, Maroc et Soudan).

« Je pense que la région emprunte une nouvelle voie qui nécessite la paix en vue de concrétiser les investissements économiques, qui ont déjà été lancés », a-t-il déclaré, a rapporté et traduit le journal saoudien Arab News. Il répondait là à une question sur la volonté du Liban de « rejoindre le train de la paix » et de normaliser ses relations avec Israël.

« En tant qu’homme d’affaires, je m’oppose aux guerres. Je souhaite que la paix soit instaurée pour que je puisse soutenir mon économie. Je remarque que cette approche est déjà en cours dans la région et je ne veux pas que mon pays soit le dernier sur la liste. Cela dépend de vos attentes. Souhaitez-vous avoir une économie et un développement durables ? Vous devez choisir ce que vous souhaitez vraiment », a déclaré M. Ghosn.

L’homme d’affaires a prédit que le Moyen-Orient deviendrait un « centre technologique » et que la paix « conclue entre les Émirats et Israël encouragera cette évolution ».

« La paix avec Israël entraînera entre autres une concurrence en termes de production et de créativité. En effet, c’est une concurrence judicieuse dans la mesure où elle stimulera les start-ups dans des pays comme le Liban, la Syrie et l’Irak. Cette concurrence nous amènera à améliorer nos infrastructures afin de profiter des opportunités qui nous seront éventuellement offertes. »

عشرين 30 – كارلوس غصن يتحدّث عن "ثروات" الدولة اللبنانية

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Posted by LBCI Lebanon on Tuesday, January 5, 2021

Depuis sa fuite il y a un an du Japon où il devait être jugé pour malversations financières présumées, Carlos Ghosn est bloqué au Liban où il mène une vie rangée, en rupture avec son ancien rythme effréné.

L’ancien patron de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, détenteur de trois nationalités (française, libanaise et brésilienne), reste hors d’atteinte des juges japonais car le Liban n’extrade pas ses ressortissants.

Mais comme il fait l’objet d’une demande d’arrestation d’Interpol, la justice libanaise lui a rapidement interdit de quitter le pays.

Alors qu’il passait auparavant une grande partie de son temps à sillonner la planète, une vie sédentaire dans cet État étriqué du Proche-Orient, plus petit que l’Ile-de-France, s’est ainsi imposée à lui.

« De ma vie d’avant, rien ne me manque (…). Aujourd’hui, je me sens ancré et ça, c’est inestimable », a-t-il préféré souligner dans un entretien au journal libanais L’Orient-Le Jour paru début novembre.

M. Ghosn, 66 ans, mène une vie discrète et confortable à Beyrouth, où il a retrouvé son élégante villa rose (achetée et rénovée par Nissan quand il en était le chef), nichée dans le quartier chic d’Achrafieh, au cœur de la capitale libanaise.

Il s’entoure d’un cercle restreint d’amis proches, passe beaucoup de temps en famille et avec son épouse Carole. Il s’accorde parfois quelques escapades dans les maisons d’hôte de la montagne libanaise.

Sur cette photo prise le 8 novembre 2014, le directeur-général du fabricant automobile Carlos Ghosn pose à Paris, à la cité de la Réussite. (Crédit : / AFP PHOTO / Lionel BONAVENTURE)

M. Ghosn a raréfié ses prises de parole après une conférence de presse aussi survoltée que brouillonne début janvier à Beyrouth, où il avait de nouveau clamé son innocence sur toute la ligne et redit tout le mal qu’il pensait du système judiciaire japonais.

Une partie des cercles politiques et d’affaires du pays du Cèdre le considère toujours comme un exemple du « génie libanais » et du « self-made man » de la diaspora.

Mais il ne s’exprime jamais directement sur les affaires publiques du Liban, en plein effondrement économique : « Je ne suis pas un homme politique et je ne cherche pas à le devenir », dit-il.

En septembre, il avait fait sa première grande apparition publique depuis janvier, dévoilant un partenariat avec une université libanaise sur des programmes de formation pour cadres d’entreprises et entrepreneurs.

Il a aussi publié en novembre Le temps de la vérité, un livre co-écrit avec l’un de ses fidèles, le journaliste Philippe Riès, pour donner sa version longue – mais sans révélations ni la moindre autocritique – de sa propre saga.

Le grand patron déchu a également participé à un documentaire en préparation sur son parcours, censé par ailleurs être adapté en une mini-série dont le tournage est prévu en 2021.

Mais avant cela, selon des sources proches du dossier interrogées par l’AFP, M. Ghosn a rendez-vous à Beyrouth du 18 au 22 janvier avec une escouade de juges d’instruction français, sous la bannière de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), dans le cadre de deux enquêtes judiciaires le concernant dans l’Hexagone.

Au-delà de dépenses douteuses engagées de son temps par Renault et RNBV, la filiale néerlandaise de Renault-Nissan, les enquêteurs français s’intéressent aussi à sa domiciliation fiscale aux Pays-Bas quand il était patron de l’alliance.

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