Carnaval d’Alost antisémite : le maire appuyé par la région flamande
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Carnaval d’Alost antisémite : le maire appuyé par la région flamande

Christoph D'Haese a plaidé pour un droit à la "moquerie" et à la "satire", mais a demandé le retrait du carnaval de la liste du patrimoine de l'UNESCO, devançant l'instance

Christoph D'Haese, maire de la ville flamande d'Alost, en 2014. (Crédit : CC-BY-SA 4.0)
Christoph D'Haese, maire de la ville flamande d'Alost, en 2014. (Crédit : CC-BY-SA 4.0)

Le maire de la ville flamande d’Alost (centre de la Belgique) a reçu le soutien des autorités régionales en faveur de sa demande de retrait de son carnaval, accusé d’antisémitisme, de la liste du patrimoine de l’Unesco, apprend-on lundi de sources officielles.

Christoph D’Haese a contesté ces accusations, plaidant pour un droit à la « moquerie » et à la « satire », mais a néanmoins demandé le retrait du carnaval de cette liste en apprenant que l’organisation avait prévu de le faire mi-décembre.

L’Unesco, organisme des Nations unies établi à Paris, n’a jamais été confronté à une telle demande d’un Etat ou d’une région, et le retrait serait une première.

Il serait justifié par les accusations d’antisémitisme ayant surgi l’hiver dernier quand un char caricaturant des juifs orthodoxes aux nez crochus, assis sur des sacs d’or, avait participé à l’édition 2019 du carnaval belge.

Le char du carnaval d’Alost en Belgique représentant des caricatures de Juifs orthodoxes assis sur des sacs d’argent, le 3 mars 2019. (Crédit : FJO, via JTA)

La décision finale de retrait appartient à un comité où siègent 24 Etats membres qui se réunit la semaine prochaine à Bogota, a précisé lundi à l’AFP une porte-parole de l’Unesco.

Mais la prise de position de la région flamande, compétente dans ce cas pour s’exprimer au nom de la Belgique, laisse peu de place au suspense.

« La décision (du maire d’Alost) est assumée » au niveau de l’exécutif de la région, a dit à l’AFP une source officielle.

Le ministre-président de la Flandre, le nationaliste (N-VA) Jan Jambon, « respecte l’opinion d’Alost sans prendre parti sur le fond », a affirmé une autre source officielle, également sous couvert de l’anonymat.

Le carnaval d’Alost, inscrit depuis 2010 sur la liste du patrimoine immatériel de l’humanité de l’Unesco, attire des dizaines de milliers de personnes pendant les trois jours précédant le mercredi des Cendres, une célébration catholique.

Le maire d’Alost a déclaré dimanche que les citoyens de sa ville avaient « souffert d’accusations grotesques », selon l’agence de presse Belga. « Alost restera toujours la capitale de la moquerie et de la satire », a-t-il ajouté.

Emmanuel Nahshon, le 1er septembre 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

De son côté, Emmanuel Nahshon, ambassadeur d’Israël en Belgique, a dénoncé « les stéréotypes racistes » du char au coeur de la polémique.

« Ce qui est particulièrement navrant et affligeant, c’est qu’entre les biens culturels de l’Unesco, de l’humanité, et le droit de présenter telle ou telle effigie antisémite, le maire d’Alost a fait son choix », a déclaré M. Nahshon, cité par la chaîne belge RTBF.

Du 9 au 14 décembre se tient à Bogota, en Colombie, la réunion annuelle des Etats membres de l’Unesco chargés d’assurer le suivi de la mise en oeuvre de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (2003).

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