Castaner veut dissoudre des groupes antisémites « légitimant le jihad armé »
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Castaner veut dissoudre des groupes antisémites « légitimant le jihad armé »

Centre Zahra France, Fédération chiite de France, Parti Anti Sioniste et France Marianne Télé soutiennent Hamas, Jihad islamique palestinien et la branche armée du Hezbollah

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner rend hommage à la policière Clarissa Jean-Philippe tuée le 9 janvier 2016 à Montrouge au sud de Paris, le 8 janvier 2019. (Crédit : BERTRAND GUAY / AFP)
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner rend hommage à la policière Clarissa Jean-Philippe tuée le 9 janvier 2016 à Montrouge au sud de Paris, le 8 janvier 2019. (Crédit : BERTRAND GUAY / AFP)

Christophe Castaner a annoncé mercredi avoir demandé en Conseil des ministres la dissolution de quatre groupes qui « légitiment de façon régulière le jihad armé » tant par les prêches que par les écrits mis à disposition des fidèles et des internautes.

Ces groupes sont le « Centre Zahra France », la « Fédération chiite de France », le « Parti Anti Sioniste » et « France Marianne Télé », précise le ministre de l’Intérieur dans un communiqué.

« Ces justifications du jihad armé, sans modération d’aucune sorte, s’accompagnent d’un endoctrinement de la jeunesse du ‘Centre Zahra’ dans la perspective de la guerre sainte et d’une apologie constante, notamment via Internet, des actions d’organisations telles que le Hamas, le Jihad islamique palestinien et la branche armée du Hezbollah, toutes inscrites sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne », ajoute-t-il.

Basée à Grande-Synthe (Nord), « Centre Zahra France » héberge les associations visées par le ministère et dont la dissolution doit désormais être formellement décidée par le président de la République.

« Ce sont des associations ouvertement antisémites et dangereuses », a déclaré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, lors du compte-rendu du Conseil des ministres.

Le « Centre Zahra France » a déjà fait l’objet de plusieurs mesures administratives et opérations policières ces derniers mois.

Ses locaux à Grande-Synthe ont été visés le 2 octobre par une opération antiterroriste. Les perquisitions administratives avaient débouché sur la découverte d’armes à feu détenues illégalement. Le trésorier de cette association a été condamné à 18 mois de prison, dont six ferme, par le tribunal correctionnel de Dunkerque pour détention illégale d’armes.

Un lieu de culte qu’elle dirige à Grande-Synthe a par ailleurs été fermé le 15 octobre pour une durée de six mois, par arrêté de la préfecture du Nord.

Dans une vidéo mise en ligne sur le site internet de l’association Centre Zahra, Yahia Gouasmi, son fondateur, dénonçait le 10 mars la notification de dissolution du ministère de l’Intérieur en fustigeant « un Etat totalitaire » et « la manipulation du Crif » (Conseil représentatif des organisations juives de France).

« D’autres formes d’expression et de communication prendront le relais pour apporter une pluralité d’information et une juste participation à ce que nous croyons bon pour la France et le monde », avait affirmé M. Gouasmi.

Ces nouvelles annonces de dissolution interviennent un mois après d’autres mesures visant les groupuscules d’ultradroite Bastion social, Blood and Honour Hexagone et Combat 18. Leur dissolution avait été demandée par le chef de l’Etat lors du dîner annuel du Crif. « La procédure est engagée », a affirmé mercredi Christophe Castaner à l’Assemblée nationale.

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