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Catherine Ringer, au nom du père, le peintre Sam Ringer

Méconnu et rescapé de neuf camps de concentration, l'artiste "a encensé les couleurs" dans ses tableaux

La chanteuse et musicienne française Catherine Ringer pose à côté d’œuvres de son père, Sam Ringer, à Paris, le 24 janvier 2023. (Crédit : Joël SAGET / AFP)
La chanteuse et musicienne française Catherine Ringer pose à côté d’œuvres de son père, Sam Ringer, à Paris, le 24 janvier 2023. (Crédit : Joël SAGET / AFP)

« Il m’a transmis sa force de vie » : Catherine Ringer met aux enchères une centaine d’œuvres de son père, le peintre Sam Ringer, méconnu, rescapé de neuf camps de concentration, qui « a encensé les couleurs » dans ses tableaux.

« Mon père aimait Jérôme Bosch, Max Ernst, mais c’était aussi un grand admirateur de Léonard de Vinci pour la fabrication de plein de choses en dehors de la peinture », confie la chanteuse rencontrée par l’AFP dans les murs de Bonhams Cornette de Saint Cyr, à Paris, lieu de cette vente aux enchères le 29 mars.

L’histoire de ce père touche à tout, également sculpteur, graveur, entre autres talents, disparu en 1986, est connue des fans des Rita Mitsouko. Tout est dans la chanson « C’était un homme ». « J’étais à la recherche de son souvenir à ce moment-là », confie l’artiste. 

« Il est né en 1918 en Pologne, il passe sa jeunesse à Oswiecim (une ville près du camp d’Auschwitz), il était d’origine juive, pas spécialement religieux, né de père inconnu, il vivait avec sa grand-mère, sa mère était partie travailler ». « Dans une époque très antisémite, il a été accepté aux Beaux Arts de Cracovie, il a eu un premier prix de dessin », poursuit-elle. Avant de souffler, émue, « puis il a été victime des nazis ».  

La chanteuse et musicienne française Catherine Ringer pose à côté d’œuvres de son père, Sam Ringer, à Paris, le 24 janvier 2023. (Crédit : Joël SAGET / AFP)

Sam Ringer passe par neuf camps de concentration entre 1940 et 1945 avant d’être libéré par les Russes. Après sa convalescence – « il a soigné dysenterie, maladies des poumons… » – il part en 1947 pour Paris, « le rêve des artistes ». 

« Rêve de Paris »

Il y rencontre aux Beaux-Arts celle qui devient la mère de Catherine Ringer. « C’était un réfugié, qui n’avait pas d’argent, il peignait parfois au début sur de la toile à matelas récupérée. Ma mère qui travaillait dans un atelier d’architecte lui a payé ensuite de la toile de bonne qualité, ce qui le vexait beaucoup », sourit la chanteuse.

« C’est quelqu’un qui a eu cette histoire dramatique mais ce n’est pas ce qu’on voit dans sa peinture, au contraire, il a encensé la vie, les couleurs, et m’a transmis sa force de vie. » 

Et de décrire le tableau derrière elle où Sam Ringer, qui a des faux airs de David Crosby, « se représente vers la fin de sa vie dans son atelier, dans son rêve de Paris, Montmartre, en train de chercher le feu sacré, la lumière ».  

Sam Ringer a travaillé sur tous formats, miniatures ou grandes dimensions, voguant de l’abstrait – que sa fille ne trouve « pas si abstrait » – au figuratif fantasmagorique. 

Dans le tableau « Réminiscences », Catherine Ringer est représentée bébé. Sam Ringer, lui, a fait plusieurs incursions dans l’univers des Rita Mitsouko. « J’ai toujours aimé énormément ce que faisait mon père, depuis que j’ai 15 ans, dès que je le pouvais, je montrais autour de moi ce qu’il faisait. »

Lanterne magique et punks

Pour le clip d’un tube des Rita, « Marcia Baïla », la chanteuse lui « commande des fantômes ». Il fabrique des personnages sortis des limbes, à taille humaine, sur du contreplaqué découpé. Un seul apparaît brièvement dans la vidéo (à partir de 1mn07). Pour « le décorateur et le directeur du clip », frileux, ces créatures n’entrent pas « dans l’ambiance du clip », se souvient Catherine Ringer.

Pour un des premiers concerts des Rita Mitsouko dans la salle parisienne du Gibus, Sam Ringer projette sur les murs ses dessins et peintures à l’aide « d’une lanterne magique » confectionnée par ses soins. « C’était le choc des cultures, il y avait des amis à lui en imper chic et les punks à crête du Gibus qui sautaient partout », rembobine la sexagénaire.

« J’arrive à un moment de ma vie où il faut que j’agisse, que je sorte des placards ces toiles, là avec cette vente, c’est la bonne occasion de faire beaucoup pour l’œuvre de mon père », conclut-elle.

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