Cavusoglu : La Turquie achètera bien le système antimissiles russe S-400
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Cavusoglu : La Turquie achètera bien le système antimissiles russe S-400

Le ministre turc a estimé que les Américains ne pouvaient pas faire marche arrière sur les chasseurs

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion à Ankara, en Turquie, le 16 février 2018. (Crédit : AFP PHOTO / ADEM ALTAN)
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion à Ankara, en Turquie, le 16 février 2018. (Crédit : AFP PHOTO / ADEM ALTAN)

La Turquie ne renoncera pas à acheter le système antimissiles russe S-400 malgré les pressions des Etats-Unis qui ont suspendu la livraison à Ankara d’équipements liés à leurs avions de chasse F-35, a prévenu mercredi à Washington le chef de la diplomatie turque.

« C’est une affaire conclue et nous ne reviendrons pas en arrière », a dit Mevlüt Cavusoglu lors d’une conférence en marge d’une réunion pour fêter les 70 ans de l’Otan.

Le gouvernement turc a signé un accord avec la Russie pour acheter les S-400, dont la livraison devrait commencer cet été. Mais cette commande empoisonne depuis des mois les relations entre Ankara et Washington, alliés au sein de l’Otan, d’autant que les Etats-Unis redoutent que le système russe ne perce les secrets technologiques des avions millitaires américains ultrasophistiqués que la Turquie a également entrepris d’acheter.

L’administration de Donald Trump a donc de nouveau sommé lundi la Turquie de choisir entre le système antimissiles russe et les F-35, et a suspendu la livraison d’équipements liés aux avions de chasse à Ankara « en attendant » que le gouvernement turc renonce « sans équivoque » aux S-400.

Le président américain Donald Trump, à gauche, s’entretient avec le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d’un sommet des chefs d’État et de gouvernement réunis au siège de l’OTAN à Bruxelles, le mercredi 11 juillet 2018. (Crédit : AP / Markus Schreiber)

Le ministre turc a estimé que les Américains ne pouvaient pas faire marche arrière sur les chasseurs – « nous avons déjà payé 1,2 milliard de dollars et 2,3 milliards supplémentaires sont en cours de paiement ».

Mais il a opposé une fin de non recevoir aux exigences de Washington. « Nous proposons aux Etats-Unis de mettre en place un groupe de travail technique pour s’assurer que ce système ne soit une menace ni pour les F-35, ni pour les systèmes de l’Otan », a expliqué Mevlut Cavusoglu.

Selon lui, les S-400 « ne doivent pas être intégrés au système de l’Otan ».

Pour justifier la volonté turque d’aller au bout du contrat d’armement avec Moscou, il assuré que son pays avait « urgemment besoin » d’un tel système de défense « en raison des menaces dans le voisinage » où « tout le monde a des missiles ». « L’Otan n’est pas suffisamment capable de couvrir notre espace aérien à ce stade », a-t-il plaidé.

Quant à la proposition de Washington, qui a approuvé récemment la vente à Ankara de missiles Patriots américains dans l’espoir de lui faire renoncer aux S-400, le ministre turc des Affaires étrangères s’est montré sceptique.

« Cela ne garantit pas que les Etats-Unis pourront vraiment vendre des Patriots à la Turquie, car nous n’avons pas réussi à en obtenir depuis dix ans », a-t-il lancé, accusant les précédentes administrations américaines de ne pas avoir conclu un tel contrat.

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