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Cazeneuve fustige la « complaisance » vis-à-vis de « ceux qui brûlent l’héritage républicain »

L'ex-Premier ministre reproche notamment la participation de membres de LFI à une manifestation contre l’islamophobie, "où on fait défiler des enfants avec une étoile jaune"

Bernard Cazeneuve à l'Assemblée nationale. (Crédit : Pierre Andrieu/AFP)
Bernard Cazeneuve à l'Assemblée nationale. (Crédit : Pierre Andrieu/AFP)

L’ex-Premier ministre, Bernard Cazeneuve, opposé à l’accord entre le PS et LFI au sein de la Nupes, prévient dans un entretien avec le CRIF qu’ « une certaine gauche paiera cher sa complaisance à l’égard de ceux qui brûlent un héritage républicain ».

L’ancien Premier ministre, qui a quitté le Parti socialiste pour marquer son opposition à cet accord, explique qu’il « ne concevait pas qu’on pût avoir la moindre complaisance à l’égard de ceux qui, trop souvent, ont pris des distances avec les valeurs qui sont au fondement du Pacte républicain », dans un entretien publié dans la newsletter du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

Parmi ses reproches, la participation de membres de LFI à « une manifestation contre l’islamophobie, le 10 novembre 2019, où on fait défiler des enfants avec une étoile jaune ». Ou encore, ajoute l’ex-Premier ministre, « lorsque Jean-Luc Mélenchon déclare qu’en France la police tue », « c’est la mise sous tension du pays et notamment de ses banlieues qu’on organise ».

Selon lui, « parmi ceux qui cherchent à se placer au centre du jeu à gauche, nombreux sont ceux qui ne partagèrent pas l’esprit de concorde nationale qui présida à la grande manifestation du 11 janvier 2015 (après l’attentat contre Charlie Hebdo, ndlr). Une certaine gauche paiera cher sa complaisance à l’égard de ceux-là qui brûlent un héritage républicain constitué de haute lutte », dit-il.

Jugeant que « l’actuel pouvoir a contribué à détruire tout ce à quoi les sociaux-démocrates sont attachés », Bernard Cazeneuve appelle à une « refondation démocratique et politique qui passe par une nouvelle offre politique et un nouvel exercice du pouvoir, moins narcissique et personnel, plus respectueux de ceux qui ne pensent pas comme soi et où la constance et la sincérité reprendront leurs droits ».

« Ce que je fais n’est dicté par aucun agenda pour moi-même, car mon seul agenda ce sont mes convictions », affirme-t-il.

Selon lui, « les grands leaders sociaux-démocrates européens (…) regardent avec inquiétude et tristesse ce qui se passe en France. Les élections européennes approchent. La gauche française ne coupera pas à l’épreuve de vérité ».

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