Ce n’est pas le moment de négocier avec l’Iran, répète Netanyahu
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Ce n’est pas le moment de négocier avec l’Iran, répète Netanyahu

Après que Donald Trump n'a pas exclu de rencontrer son homologue iranien, le Premier ministre israélien a appelé à renforcer la pression sur le pays

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, avec le chef d'Etat major de l'Armée, le général Aviv Kohavi, à gauche, et le chef de l'armée de l'Air, le général Amikam Norkin, au centre, à la base de l'armée de l'Air de Nevatim, le 9 juillet 2019. (Ariel Hermoni/ Ministère de la Défense)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, avec le chef d'Etat major de l'Armée, le général Aviv Kohavi, à gauche, et le chef de l'armée de l'Air, le général Amikam Norkin, au centre, à la base de l'armée de l'Air de Nevatim, le 9 juillet 2019. (Ariel Hermoni/ Ministère de la Défense)

Jeudi matin, alors que certains acteurs tentent de trouver une solution diplomatique à l’impasse du dossier nucléaire entre les Etats-Unis et l’Iran, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a appelé à renforcer la pression sur le régime de Téhéran.

« Ce matin, nous avons été informés d’une autre violation (…) par l’Iran, cette fois dans son effort pour atteindre les armes nucléaires », a déclaré M. Netanyahu avant de partir pour Londres, où il rencontrera le Premier ministre britannique Boris Johnson et le secrétaire américain à la Défense Mark Esper.

« Ce n’est pas le moment de mener des négociations avec l’Iran – c’est le moment de renforcer la pression sur l’Iran », a-t-il ajouté. Commentaire qu’il avait déjà adressé à Emmanuel Macron par téléphone, vendredi.

Mercredi, le président américain Donald Trump n’a pas exclu de rencontrer le président iranien Hassan Rouhani dans un futur proche. Interrogé par des journalistes à la Maison Blanche lui demandant si cela pourrait avoir lieu en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, qui aura lieu à New York plus tard ce mois, Trump a répondu : « Bien sûr, tout est possible ».

Mercredi également, Rouhani a annoncé des mesures supplémentaires pour sortir de l’accord sur le nucléaire de 2015, promettant d’accélérer les activités nucléaires si l’Europe ne parvient pas à répondre aux demandes de Téhéran.

Dès vendredi, l’agence atomique iranienne a dit qu’elle travaillerait sur la recherche et le développement de « tous types » de centrifugeuses qui peuvent enrichir de l’uranium plus rapidement, a-t-il prévenu. Cependant, les activités seront « pacifiques » et sous la surveillance de l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA), a déclaré Rouhani.

« Ce matin, nous avons été informés d’une autre violation, encore plus grave, par l’Iran, cette fois-ci dans son effort visant à obtenir des armes nucléaires », a déclaré Netanyahu aux journalistes jeudi alors qu’il montait dans un Boeing 777 à destination de Londres. « Cela s’inscrit dans les actions agressives de l’Iran contre la navigation internationale et contre les pays dans la région, mais aussi bien les efforts destinés à mener des attaques meurtrières contre l’Etat d’Israël, des efforts qui n’ont pas cessé ».

Lors de ce voyage organisé à la hâte, Netanyahu rencontrera le Premier ministre britannique Boris Johnson, qui était occupé cette semaine à gérer une révolte au sein de son parti conservateur sur son projet controversé de sortie de l’Union européenne (UE) à la fin du mois prochain.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif (droite) serre la main de son homologue britannique Boris Johnson lors d’une rencontre à Téhéran, le 9 décembre 2017. (AFP Photo/Atta Kenare)

Le Royaume-Uni est l’un des signataires de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 et continue à soutenir fermement l’accord, mais le pays s’est récemment opposé à la République islamique après que l’Iran a bloqué un pétrolier battant pavillon britannique dans le détroit d’Ormuz. Les autorités britanniques avaient auparavant saisi un tanker transportant du pétrole iranien au large des côtes de Gibraltar.

Netanyahu doit également rencontrer le secrétaire américain de la Défense Mark Esper, actuellement à Londres.

Avec Esper, entré en fonction quelques mois plus tôt cette année, Netanyahu, qui est également ministre de la Défense, veut parler des « besoins sécuritaires d’Israël », selon le Bureau du Premier ministre. Les deux hommes ont parlé au téléphone mardi soir et décidé de poursuivre leur conversation à Londres, a fait savoir le Bureau

Dans cette photo du 8 juillet 2019, le secrétaire américain à la Défense Mark Esper attend l’arrivée de l’Emir du Qatar Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani au Pentagone. (AP Photo/Susan Walsh)

Plus tôt cette semaine, des médias en hébreu ont rapporté que Jérusalem avait discuté avec l’administration américaine d’un grand geste présidentiel soulignant l’engagement de l’Amérique à la sécurité israélienne dans les prochains jours, y compris avec une possible déclaration concernant l’intention des deux alliés de conclure un pacte défensif.

La mesure la plus probable serait une promesse du président Trump que les Etats-Unis défendront l’Etat juif de toute menace extérieure potentielle, même si une telle déclaration a peu d’implication pratiques. La déclaration proposée a largement été perçue comme un effort par Trump de soutenir Netanyahu à l’approche des élections du 17 septembre.

Le chef de l’armée de l’Air israélienne, le général Amikam Norkin, et le chef des opérations de Tsahal, le général Aharon Haliva, sont également du voyage à Londres, qui a été annoncé par le Bureau du Premier ministre la veille.

Le calendrier de la visite de Netanyahu à Londres a surpris certains analystes politiques, étant donné les turbulences affectant actuellement le système politique britannique qui vont forcément prendre le dessus sur tous les autres sujets au 10 Downing Street.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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