Ce qu’a dit Netanyahu à la conférence internationale sur le climat
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Ce qu’a dit Netanyahu à la conférence internationale sur le climat

Le Premier ministre a évoqué les nombreuses start-up israéliennes qui s'attèlent au problème de stockage d'énergie

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole lors d'une conférence de presse à la Knesset à Jérusalem, le 2 novembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole lors d'une conférence de presse à la Knesset à Jérusalem, le 2 novembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé le monde à « déclarer l’état d’urgence climatique », et à redoubler d’efforts contre le réchauffement climatique, samedi, lors d’un sommet en visioconférence organisé cinq ans après l’Accord de Paris.

« J’appelle aujourd’hui les responsables du monde à déclarer l’état d’urgence climatique dans leur pays jusqu’à ce que la neutralité carbone soit atteinte », a lancé Antonio Guterres, plaidant pour une relance verte après la pandémie de nouveau coronavirus.

Il y a cinq ans, la communauté internationale s’était engagée à contenir le réchauffement « nettement » au-dessous de +2°C, et si possible +1,5°C, par rapport à l’ère pré-industrielle.

Mais les engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) pris par les différents pays « n’étaient pas suffisants » et « n’ont pas été respectés », a souligné M. Guterres, avant d’appeler à « réduire les émissions mondiales de 45 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2010 ».

Des dizaines de chefs d’État et de gouvernement, ainsi que des représentants d’entreprises et de la société civile, ont participé à ce « sommet ambition climat » organisé par les Nations unies, le Royaume-Uni et la France, en partenariat avec le Chili et l’Italie.

A moins d’un an de la COP26 qui se tiendra en novembre 2021 à Glasgow, en Ecosse, le secrétaire général de l’ONU les a exhortés « à faire preuve d’ambition ».

Israël et le Pakistan se sont engagés à supprimer progressivement les centrales électriques au charbon.

« Je remercie le Premier ministre Boris Johnson et son équipe pour l’accueil de cet important sommet. Comme le Royaume-Uni, Israël s’est pleinement engagé dans une transition réussie des énergies fossiles vers les énergies renouvelables d’ici 2050.

Nous avons d’ores et déjà réalisé des progrès cruciaux dans deux secteurs spécifiques. En ce qui concerne le charbon, nous avons réduit notre dépendance. En fait, Israël est un leader global dans la réduction de la consommation de charbon. D’ici 2025 – c’est dans cinq ans seulement – sous réserve d’une situation d’urgence, Israël ne brûlera plus de charbon, aucun charbon. En termes d’énergie solaire, au cours des cinq dernières années, nous avons augmenté notre production en passant de 2 % à environ 10 %. D’ici 2030, l’énergie solaire fournira plus d’un tiers de toute l’électricité en Israël.

Le défi que nous affrontons toujours est celui du stockage. Mon gouvernement poursuit des politiques qui permettront de relever ce défi avec succès. Nous avons la chance de disposer de centaines de start-ups israéliennes qui travaillent sur le sujet et sur d’autres, liés aux énergies alternatives. Ces firmes ont, et elles recevront encore, des milliards de dollars d’investissements. Je suis convaincu que les scientifiques et les entrepreneurs israéliens, avec leur créativité inépuisable, nous permettront de tenir le rôle qui est le nôtre dans la révolution solaire globale.

La coopération dans le secteur de l’énergie solaire est également partie intégrante de notre coopération nouvelle avec les Emirats arabes unis et Bahreïn. Alors non seulement l’énergie solaire aide à éliminer notre dépendance aux énergies fossiles mais elle nous aide à cimenter la paix entre les Arabes et Israël. Et ces deux objectifs nous ouvrent un avenir brillant, propre et sûr ».

En réalité, le plan prévoit une réduction un peu moins drastique, le pays tirant 80 % de son énergie de ressources renouvelables, selon une estimation du ministère de l’Energie.

L’évolution vers des formes d’énergie renouvelable telles que l’énergie solaire et l’hydrogène, ainsi que le stockage de cette énergie et la technologie de capture du carbone, sont présentés comme capables de réduire les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique de 75 à 85 % d’ici 2050.

Avant le sommet, plusieurs Etats avaient annoncé des plans audacieux pour réduire leurs émissions de GES. Vendredi, les 27 pays de l’UE se sont entendus pour réduire leurs émissions d’ « au moins 55 % » d’ici à 2030 par rapport au niveau de 1990, contre -40 % précédemment, afin d’atteindre en 2050 la neutralité carbone.

La Chine, plus grand pollueur au monde, a récemment annoncé son intention d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2060. Le président chinois Xi Jinping a promis samedi de réduire son intensité carbone (émissions de CO2 rapportées au PIB) de « plus de 65 % » d’ici 2030 par rapport au niveau de 2005.

De son côté l’Inde n’a pas encore fixé d’objectif en termes de neutralité carbone.

Ibrahim Mohamed Solih, le président des Maldives, menacées par la montée des eaux, a déclaré que « les Maldives feront tout ce qui est en leur pouvoir pour faire face à l’urgence climatique » et appelé la communauté internationale « à faire de même ».

Le Royaume-Uni compte arrêter « dès que possible » de soutenir financièrement des projets d’énergies fossiles à l’étranger. Le gouvernement britannique prévoit en outre de réduire les émissions de CO2 d’au moins 68 % d’ici 2030.

Le Premier ministre britannique et leader conservateur Boris Johnson prononce un discours sur scène après avoir conservé son siège de député pour Uxbridge et Ruislip South, le 13 décembre 2019 (Crédit : Oli SCARFF/AFP).

Évoquant ces efforts dans un langage imagé, Boris Johnson a déclaré : « Nous ne faisons pas cela parce que nous sommes des écolos qui aimons nous flageller et manger des fèves germées (…) Nous le faisons parce que nous savons que les progrès scientifiques nous permettront collectivement, en tant qu’humanité, de sauver notre planète et de créer des millions d’emplois hautement qualifiés pendant la relance post-Covid ».

Canicules, ouragans en série, méga-feux de forêts, inondations… La multiplication des événements dévastateurs est un signe sans équivoque du réchauffement de la planète, qui vient de vivre la décennie la plus chaude jamais observée.

« Nous avons manqué de réaliser les actions audacieuses nécessaires et, aujourd’hui, nous n’avons pas de temps à perdre », a reconnu samedi le président élu des Etats-Unis, Joe Biden, dans un communiqué.

Il a souligné que les États-Unis rejoindraient l’Accord de Paris dès « le premier jour de (sa) présidence », et a réaffirmé sa volonté d’organiser un sommet international sur le climat dans les 100 jours qui suivront.

« Welcome back, welcome home! » (content de vous revoir à la maison!), a lancé le président français Emmanuel Macron lors du sommet, saluant le retour annoncé des Etats-Unis.

Le président français Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse à la résidence des Pins, la résidence officielle de l’ambassadeur de France au Liban, à Beyrouth, le 1er septembre 2020. (GONZALO FUENTES / POOL / AFP)

« Dix ans, c’est demain. Alors, mettons tout en œuvre pour réussir, maintenant, tous ensemble. Car il n’y a pas de plan B », avait déclaré la veille le président français Emmanuel Macron, lors d’un sommet européen des chefs d’Etat et de gouvernement.

Les ONG environnementales ont toutefois critiqué une « ambition en trompe l’oeil », jugeant l’objectif insuffisant pour concrétiser l’accord de Paris et déplorant l’inclusion du gaz dans « les énergies de transition ».

Elles regrettent également que la réduction de 55% soit « nette », c’est-à-dire incluant le CO2 absorbé par les « puits » naturels de carbone comme les forêts, ce qui réduit mécaniquement la baisse réelle visée dans les secteurs polluants.

Les modalités et la répartition des efforts ont été au coeur des négociations : la Pologne, très dépendante du charbon, exigeait des garanties sur les aides financières qu’elle obtiendrait.

La Pologne avait déjà fait front commun avec la Hongrie pour paralyser le plan de relance et le budget européens. Un blocage dommageable pour les économies européennes frappées de plein fouet par la pandémie, qui a finalement été levé jeudi à la suite d’un compromis avec les deux frondeurs.

La voie est désormais dégagée pour permettre à l’Europe d’emprunter solidairement pour relancer son économie, sans sacrifier le nouveau mécanisme conditionnant l’octroi de ses fonds au respect de l’Etat de droit (justice indépendante, politique anti-corruption…).

Hostiles à ce dispositif et accusées régulièrement de saper les valeurs démocratiques, la Hongrie et la Pologne bloquaient le budget européen pour la période 2021-2027 (1.074 milliards) et le plan de relance (750 milliards d’euros), adoptés en juillet.

Pour vaincre leurs réticences, la présidence allemande de l’UE a proposé que le mécanisme soit assorti d’une déclaration « explicative », précisant notamment la possibilité de saisir la Cour de justice européenne pour examiner sa légalité avant qu’il n’entre en application, quitte à la retarder.

Un tel recours prend 18-19 mois en moyenne, selon la Cour… soit jusqu’aux prochaines élections en Hongrie. Mais une fois validé, le dispositif s’appliquera rétrospectivement à partir de janvier 2021. La déclaration a été approuvée jeudi par les Vingt-Sept.

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