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Ce que Naftali Bennett a dit au Forum de Davos

Le Premier ministre a cherché à attirer l'attention du monde sur les réseaux terroristes iraniens, a évoqué les Accords d'Abraham, l'Afrique et les gestes envers les Palestiniens

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Naftali Bennett s'exprime lors du Forum économique mondial virtuel de Davos 2022 (Crédit : capture d'écran)
Le Premier ministre Naftali Bennett s'exprime lors du Forum économique mondial virtuel de Davos 2022 (Crédit : capture d'écran)

S’exprimant virtuellement lors du Forum économique mondial de Davos 2022, le Premier ministre Naftali Bennett a exhorté mardi la communauté internationale à ne pas soutenir financièrement le régime iranien.

« Investir en Iran n’est pas un investissement sûr, qu’il y ait un accord ou non », a-t-il averti.

Les pourparlers entre Téhéran et les puissances mondiales ont repris fin novembre à Vienne après avoir été suspendus pendant environ cinq mois, l’Iran ayant élu un nouveau gouvernement ultra-conservateur. Le huitième cycle de négociations de haut niveau devait reprendre mardi.

S’adressant au président du Forum économique mondial, Børge Brende, le Premier ministre a déclaré que le seul accord nucléaire acceptable est celui dans lequel l’Iran renonce à son programme d’armes nucléaires.

Sur cette image réalisée à partir d’une vidéo du 17 avril 2021, publiée par la télévision d’État Islamic Republic Iran Broadcasting, IRIB, diverses machines à centrifuger sont alignées dans un hall de l’installation d’enrichissement d’uranium de Natanz, en Iran. (IRIB via AP, File)

« Pourquoi légitimerait-on leur droit d’enrichir de l’uranium à grande échelle ? » a demandé Bennett.

« Je ne vois pas pourquoi il serait logique que le monde libre signe un accord qui leur donnerait de l’argent, et en même temps leur permettrait de continuer [à enrichir de l’uranium] ».

Citant la présence de la République islamique en Syrie, au Liban et au Yémen, Bennett a qualifié l’Iran de « pieuvre du terrorisme et de l’instabilité. »

Bennett a souligné que l’implication iranienne dans les affaires internes d’un pays entraîne son échec. « Ils ont un modus operandi, très astucieux, où ils… restent tranquillement à Téhéran, en quelque sorte éloignés du terrorisme qu’ils mènent, et ils envoient d’autres personnes, leurs messagers, pour mener le terrorisme », a-t-il déclaré.

Des membres de tribus loyales aux rebelles houthis lèvent leurs armes pendant une manifestation contre l’accord de normalisation conclu entre Israël et les Émirats arabes unis, à Saana, au Yémen, le 22 août 2020. (Crédit : AP/Hani Mohammed, File)

« A quel point il est très confortable pour les mollahs de Téhéran de provoquer le désespoir, et je pense que je vois une situation très similaire avec les Houthis [au Yémen] », a déclaré Bennett. « Qui se tient derrière eux ? C’est l’Iran. Qui les finance ? C’est l’Iran. Qui leur fournit des armes ? C’est l’Iran. Qui leur dit quoi faire ? C’est l’Iran ».

Les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, ont revendiqué une attaque mortelle lundi contre une installation pétrolière dans la capitale des Émirats arabes unis.

M. Bennett a appelé « les pays décents, le monde libre » à lutter contre le terrorisme soutenu par l’Iran.

Il a averti que le fait de donner à Téhéran accès à des milliards de dollars en levant les sanctions conduirait à un « terrorisme sous stéroïdes ».

Mohammad Eslami, chef de l’agence nucléaire iranienne, à gauche, et le gouverneur pour l’Iran auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Kazem Gharib Abadi, quittent la conférence générale de l’AIEA à Vienne, en Autriche, au mois de septembre 2021. (Crédit : AP Photo/Lisa Leutner, File)

Bennett a également cherché à présenter le régime iranien comme chancelant et corrompu. « Leur économie est en train de s’effondrer. Le rial se déprécie. Ils sont si incompétents qu’ils ne sont pas en mesure d’amener l’eau jusqu’aux robinets dans d’immenses étendues de terre, par exemple dans la région d’Ispahan. »

Répondant à une question sur l’amélioration par Israël des conditions humanitaires pour les Palestiniens, Bennett a souligné une série de mesures qu’il a prises pour augmenter les opportunités économiques à Gaza et en Cisjordanie.

« C’est une situation gagnant-gagnant pour tout le monde », a-t-il déclaré.

« Ma première politique est d’améliorer la qualité de vie de chacun ici, que ce soit à Gaza, en Judée et Samarie, ou en Israël même », a déclaré Bennett. « Mon approche est entièrement axée sur l’économie ».

Des ouvriers palestiniens entrent en Israël à travers le poste-frontière de Mitar, dans le sud de la Cisjordanie, le 5 mai 2020. (Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)

Dans le même temps, Bennett a souligné qu’il ne ferait rien pour affaiblir la capacité d’Israël à se défendre contre le terrorisme palestinien. « En fin de compte, les Palestiniens ont un grand choix à faire – s’ils veulent emprunter le chemin du terrorisme, ou celui de la paix et de la prospérité. »

Abordant les Accords d’Abraham, Bennett a déclaré que « de plus en plus de partenaires régionaux viennent à considérer Israël comme une ancre de stabilité au milieu d’une région très tumultueuse. »

Il a également souligné qu’il avait fait des efforts pour améliorer les relations entre Israël et la Jordanie, qui s’étaient dégradées sous son prédécesseur Benjamin Netanyahu.

Bennett a déploré le fait que le commerce d’Israël avec l’Égypte soit « minuscule » et a exprimé son désir « d’injecter plus d’éléments dans ces relations ».

Le tout premier ambassadeur du Bahreïn en Israël Khaled Yousif Al-Jalahma, au centre, avec le président israélien Isaac Herog, à gauche, et son épouse après la présentation de ses lettres de créances à la résidence du président de Jérusalem, le 14 septembre 2021. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)

Envisageant de nouvelles opportunités pour Israël, M. Bennett a désigné les Émirats arabes unis comme la « porte d’entrée d’Israël à l’Est » et a identifié l’Afrique comme une zone à fort potentiel pour Israël.

Khalid Humaidan, PDG du Conseil de développement économique de Bahreïn, a posé une question à Bennett sur la coopération bilatérale sur le COVID-19 pendant la session. Bahreïn est l’un des pays arabes avec lesquels Israël a normalisé ses relations dans le cadre des Accords d’Abraham en 2020.

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