Ce que Netanyahu a dit aux journalistes chrétiens
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Ce que Netanyahu a dit aux journalistes chrétiens

Le Premier ministre a juré de nommer un émissaire pour le monde chrétien, qualifié BTselem "d'ignominie" et soutenu la gestion de l'affaire Alqasem par les ministres du Likud

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu au sommet des médias chrétiens à Jérusalem, le 14 octobre 2018 (Crédit :  Haim Tzach)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu au sommet des médias chrétiens à Jérusalem, le 14 octobre 2018 (Crédit : Haim Tzach)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu’il souhaitait promouvoir les liens diplomatiques avec l’Indonésie, le pays doté de la plus importante population musulmane dans le monde.

« L’Indonésie est très, très importante pour nous. C’est un pays très important. C’est l’un des derniers pays au monde à ne pas avoir une relation ouverte et robuste avec Israël. C’est le cas de la plupart des autres », a-t-il dit lors d’une conférence internationale pour les journalistes chrétiens organisée à Jérusalem.

« L’Indonésie, c’est plus de 200 millions de personnes. Il y a des musulmans. Il y a des dizaines de millions de chrétiens. Nous aimerions les voir ici. Nous aimerions entretenir d’excellentes relations avec eux », a-t-il ajouté.

Netanyahu a tenu ces propos en réponse à une question posée par Monique Rijkers, une activiste chrétienne pro-israélienne originaire de Jakarta, qui a imploré le Premier ministre d’ouvrir les frontières du pays aux croyants indonésiens de manière à ce qu’ils puissent visiter la terre sainte en toute liberté. Elle faisait alors référence à une période brève, au début de l’année, durant laquelle Jakarta et Jérusalem avaient réciproquement interdit l’entrée sur leurs territoires à leurs touristes respectifs.

« Je vais travailler sur le visa, je vais voir ce que je peux faire », a expliqué Netanyahu.

Au début du mois, Israël aurait envoyé une aide en Indonésie suite à un séisme et à un tsunami meurtriers qui ont fait plus de 1 400 morts dans cette nation insulaire du Pacifique. Toutefois, en raison du caractère sensible des relations diplomatiques entretenues par Jakarta et Jérusalem, le ministère des Affaires étrangères s’était refusé à tout commentaire sur le sujet.

Des pèlerins chrétiens indonésiens chantent avant un baptême dans le fleuve jourdain, sur le site de Yardenit, en Israël, le 17 mars 2017 (Crédit : AP Photo/Dusan Vranic)

Netanyahu a également fait allusion dimanche aux liens diplomatiques entretenus avec les nations à majorité musulmane d’Afrique, disant que de nombreux pays s’intéressent à une coopération avec l’Etat juif pour combattre l’Etat islamique. Ce fait, a-t-il précisé, « ouvre le chemin à la reconnaissance de l’Etat d’Israël par d’autres pays et je pense que vous entendrez parlez bientôt d’eux », a-t-il indiqué.

Prenant la parole lors du deuxième sommet annuel des médias chrétiens, organisé par le service de presse du gouvernement, le Premier ministre a aussi souligné l’importance des relations d’Israël avec ses partisans chrétiens. Il a annoncé qu’il nommera un émissaire spécial du gouvernement israélien qui se consacrera au monde chrétien.

« Je pense que c’est une bonne idée. Je pense que je vais le faire », a-t-il répondu à un journaliste qui lui soumettait cette suggestion. Netanyahu a également noté l’idée sur un papier.

« Israël est le seul pays à protéger les droits de l’Homme pour tous. Nous protégeons les droits religieux de tous », a-t-il ajouté.

« Nous ne protégeons pas seulement les sites chrétiens – nous protégeons aussi les chrétiens. Les chrétiens doivent pouvoir profiter de la liberté de culte, telle qu’ils la désirent, au Moyen-Orient et partout ailleurs. Et le seul endroit au Moyen-Orient où ils peuvent le faire, c’est en Israël. Nous n’avons pas de meilleurs amis dans le monde que nos amis chrétiens ».

Netanyahu a également brièvement abordé d’autres sujets divers. Il a par exemple dénoncé le groupe pacifique de défense des droits de l’Homme israélien BTselem, dont le directeur exécutif Hagai El-Ad devrait critiquer les politiques israéliennes appliquées aux Palestiniens lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies à la fin de la semaine.

« Comment est-ce que je définis BTselem ? Une ignominie ! C’est ainsi que je définis cette organisation et ses membres », a-t-il répondu à une journaliste qui l’interrogeait sur le sujet.

Netanyahu a apporté son soutien à la gestion intransigeante de l’affaire Lara Alqasem par le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan. Cette jeune Américaine, qui désirait suivre un cursus d’études à l’université Hébraïque, est actuellement détenue à l’aéroport Ben-Gurion en raison de son implication présumée dans le mouvement de boycott anti-israélien.

L’Américaine Lara Alqasem, au centre, dans une salle de tribunal avant une audience devant la cour de district de Tel Aviv, le 11 octobre 2018 (Crédit : AP Photo/Sebastian Scheiner)

« Tous les pays, et toutes les démocraties – de nombreuses démocraties – ont des arrangements particuliers décidant de qui entrera sur le territoire et de qui n’y rentrera pas », a-t-il expliqué.

« Si vous êtes un anti-américain virulent et que vous tentez d’entrer aux Etats-Unis, il y a une chance qu’on ne vous laisse pas accéder au territoire si on est au courant de vos positionnements. C’est également vrai pour de nombreuses démocraties européennes. Et c’est vrai pour cette démocratie appelée Israël ».

Netanyahu a ajouté être convaincu qu’Erdan a « bien étudié » le dossier.

« La décision revient dorénavant à la Cour suprême israélienne alors je ne vais pas entrer là-dedans », a-t-il dit. « Et les juges décideront s’ils prendront ou non en charge le dossier. S’ils s’en occupent – on verra les développements qui auront lieu. Et si ce n’est pas le cas – alors elle sera expulsée ».

Dans la matinée de dimanche, Alqasem a demandé à la Cour suprême d’entendre son appel à pouvoir rester dans le pays.

Le Premier ministre a également fait sa première déclaration publique concernant la disparition mystérieuse à Istanbul du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, disant qu’il n’avait aucune information sur son sort.

« J’en sais autant que vous de l’affaire Khashoggi, pas plus », a-t-il affirmé.

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