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Cécité: À Montpellier, une cornée artificielle israélienne pour une première greffe

Le patient de 38 ans était quasiment aveugle d'un œil. Il s'agit de la cinquième intervention de ce type dans le monde

L'équipe du Vincent Daien, chef du service ophtalmologie du CHU de Montpellier, a effectué la première greffe de cornée artificielle en Europe sur un patient atteint de cécité. (Crédit : CHU de Montpellier)
L'équipe du Vincent Daien, chef du service ophtalmologie du CHU de Montpellier, a effectué la première greffe de cornée artificielle en Europe sur un patient atteint de cécité. (Crédit : CHU de Montpellier)

En entrant au CHU de Montpellier, un homme de 38 ans, originaire de Bordeaux souffrait d’une kératite liée au virus herpès qui lui a laissé une grosse cicatrice dans l’axe visuel.

Quasiment aveugle de l’œil droit, c’est avec l’espoir de retrouver une vue complète qu’il s’est abandonné entre les mains expertes du professeur Vincent Daien, chef du service ophtalmologique.

Pendant trois heures, lui et son équipe ont procédé à la pose d’une cornée artificielle développée par la start-up israélienne, Corneat vision.

Pour superviser la pose, le créateur de la cornée, le Dr Gilad Litvin, qui a mis au point la prothèse CorNeat KPro, était présent. Litvin est cofondateur et directeur médical de CorNeat Vision et inventeur de CorNeat KPro.

L’implant CorNeat KPro a été conçu pour remplacer les cornées déformées, abîmées ou opacifiées. À la suite d’une procédure d’implantation relativement simple, son impact attendu est une restauration complète et immédiate de la vision des patients atteints d’une cécité liée à la cornée.

L’opération consistait à enlever la cornée du patient sur un diamètre de 7 mm avant d’aller positionner la cornée artificielle à l’aide de sutures. « On devrait parvenir à être plus rapide pour les prochaines opérations », indique Vincent Daien, cité par plusieurs médias français.

Six autres opérations sont prévues dans le cadre de cet essai clinique. Au total, 45 patients participent à cette étude dans le monde, au Canada, en Hollande, en Israël et en France, à Paris et à Montpellier.

Des essais ont d’abord été réalisés sur des lapins, puis sur deux patients, en janvier et en avril 2021 en Israël.

C’est le CHU de Montpellier qui a joint la start-up Corneat vision. « Cela faisait partie des développements pour lesquels le CHU se positionne en terme d’innovation. Cela représente beaucoup d’espoir pour tous les patients qu’on a récusé à la greffe », explique le professeur Vincent Daien.

Les maladies de la cornée, troisième cause de cécité dans le monde

Les maladies de la cornée représentent la troisième cause de cécité dans le monde. Neuf millions de personnes en souffrent. Elles sont d’origine infectieuse, inflammatoire, traumatique ou génétique.

Les solutions actuelles pour traiter la cécité cornéenne incluent les greffes issues de donneurs.

Contrairement à la cornée développée par Corneat vision qui est « un matériel synthétique et qui ne peut donc pas entrainer de réaction immunologique », selon Daien, les greffes issues de donneurs sont parfois rejetées et présentent une durée de vie limitée dans le temps, 10 ans en moyenne, ce qui nécessite une nouvelle greffe.

De plus, d’après l’OMS, 20 % des cécités cornéennes ne peuvent pas être traitées par greffe de cornée d’un donneur. À l’image de l’homme de 38 ans opéré mercredi, qui s’était plusieurs fois vu refuser une greffe.

Certains pays en Afrique, en Asie et partiellement en Amérique Latine n’ont pas accès à la greffe de cornée d’un donneur. Cette cornée artificielle pourrait donc être la solution.

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