Ces entrepreneurs qui veulent promouvoir le « bien commun »
Rechercher

Ces entrepreneurs qui veulent promouvoir le « bien commun »

De jeunes inventeurs juifs partagent leur vision d’un futur meilleur lors de la conférence « Report on Innovation » de Jérusalem

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Roy Munin, fondateur de Made in JLM, lors du sommet ROI 2015. (Crédit : Luke Tress/The Times of Israel)
Roy Munin, fondateur de Made in JLM, lors du sommet ROI 2015. (Crédit : Luke Tress/The Times of Israel)

Roy Munin montre la vue qui s’offre de la piscine de l’Hôtel Yehuda de Jérusalem : on y distingue le Zoo biblique, le stade Teddy, le Beit Halohem pour les anciens combattants blessés. Roy est intarissable lorsqu’il s’agit d’évoquer Jérusalem. Il décèle dans sa ville natale un potentiel énorme et il est ici pour aider sa prédiction à se réaliser.

Roy Munin est l’un des 150 participants, venus de 32 pays, au 9e sommet annuel de ROI (Report on Innovation), une conférence pour les jeunes leaders juifs parrainée par la Fondation de la famille Charles et Lynn Schusterman. Cette année, le sommet a eu lieu du 7 au 11 juin.

La conférence de Jérusalem est une porte d’entrée vers la communauté ROI élargie et familiarise les participants à l’idée que l’organisation travaille à promouvoir toute l’année, comme l’explique son directeur exécutif Justin Korda.

ROI, explique Korda, regroupe « des gens qui, dans un esprit d’entreprise, essaient d’impulser un changement dans le monde. Ici, le produit mis en avant est le bien social. »

L’organisation à but non lucratif de Munin, « Made in JLM », travaille à faire de la ville antique un centre mondial pour les entreprises de haute technologie et les start-ups. Selon lui, le fait que, jusqu’à récemment, la ville était perçue comme un lieu de conflit faisait qu’il était difficile pour les jeunes d’y réussir. Mais des groupes comme Wake Up Jerusalem et Ruach Hadasha ont commencé à changer les choses.

« Les gens voyaient Jérusalem comme une zone de guerre, explique Munin. Mais, il y avait tout un mouvement, caché, de gens qui ont fini par prendre les choses en main. »

Made in JLM a été créé il y a trois ans, dans le but de mettre en avant la scène de la technologie de la ville. Les jeunes quittaient la ville pour trouver leur premier emploi ailleurs mais Munin a réalisé que Jérusalem disposait de tout ce dont les start-ups ont besoin. L’organisation a œuvré à mettre en relation les jeunes entrepreneurs et a ensuite invité des conférenciers et des investisseurs à Jérusalem.

En 2012, il y avait 12 événements « tech » organisés à Jérusalem. En 2014, leur nombre est passé à 250, raconte Munin. Cette année, il espère en accueillir 450. Et le travail de son organisation est remarqué : Time Magazine a récemment classé Jérusalem comme l’un des cinq centres de technologie émergents à niveau mondial.

 « Avant, les gens avaient honte de dire que leur start-up était à Jérusalem, mais maintenant c’est quelque chose de cool »

Les ultra-orthodoxes de Jérusalem et les populations arabes deviennent également plus impliqués dans le paysage des start-ups, assure Munin. Le premier événement « tech » en arabe a eu lieu la semaine dernière.

« Avant, les gens avaient honte de dire que leur start-up était à Jérusalem, mais maintenant c’est quelque chose de cool », souligne Munin.

Made in JLM s’efforce de changer l’image de Jérusalem en Israël et à l’étranger, en organisant par exemple des visites de haute technologie pour les étrangers qui voudraient y investir.

Changer l’image d’Israël : c’était l’un des sujets les plus discutés lors du sommet international, assure Korda. Le mouvement BDS et les retombées de l’opération Bordure Protectrice se sont invités dans les discussions, mais ROI est, selon lui, une organisation apolitique et non religieuse.

« ROI est  un endroit pour récolter une dose d’optimisme sur le monde juif et Israël », décrit Korda.

L’organisation donne aux Israéliens la possibilité d’entrer en contact avec d’autres Juifs. Les participants sont sélectionnés parmi quelques 600 candidats, qui viennent d’horizons divers comme les sciences, les arts et le commerce. Environ un tiers des participants sont Israéliens. Le réseau de ROI vise à soutenir les membres dans leurs différents projets.

Yael Schuster, docteur en chimie organique, dirige la start-up 'Know-It-Alls' qui promeut des jouets scientifiques pour les jeunes filles  (Crédit : Luke Tress/The Times of Israel)
Yael Schuster, docteur en chimie organique, dirige la start-up ‘Know-It-Alls’ qui promeut des jouets scientifiques pour les petites filles. (Crédit : Luke Tress/The Times of Israel)

Le « networking » est un élément important du sommet pour Yael Schuster, originaire de Virginie, qui a fait son aliya en Israël il y a 10 ans. Schuster a un doctorat en chimie organique et gère un laboratoire de l’Institut Weizmann à Rehovot.

« L’objectif, c’est de donner aux filles les outils dont elles ont besoin pour accomplir leur rêve : devenir des scientifiques »

Sa start-up, « Know-It-Alls », fabrique des jouets scientifiques pour les filles de 8 à 12 ans. Aux Etats-Unis et en Israël, la science est principalement orientée vers les garçons, assure Schuster. Les kits de jouets fabriqués par son entreprise comprennent un livre d’histoire, un kit de chimie et une voiture miniature. Les fillettes vont construire la voiture à travers la description du livre et la faire fonctionner avec des matériaux du kit de chimie. Elles seront également en mesure de partager leurs succès grâce à une communauté en ligne mise en place par la société. Le projet est lancé le mois prochain sur Kickstarter.

« L’objectif, c’est de donner aux filles les outils dont elles ont besoin pour accomplir leur rêve : devenir des scientifiques », déclare Schuster. « La science doit être un plaisir et les filles devraient se confronter à des modèles à suivre. »

Schuster affirme que le sommet est très différent des conférences scientifiques qu’elle a déjà fréquentées et qui sont plus hiérarchiques et moins interactives que les activités de ROI. Elle espère que les contacts qu’elle a noués lors de la conférence l’aideront à amorcer un démarrage réussi.

Ses deux enfants, deux garçons, raffolent déjà du jeu qu’elle a conçu.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...