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Ces réfugiés juifs qui ont trouvé un abri dans un 4 étoiles dans l’Ukraine en guerre

Malgré la cuisine casher, des courts de tennis, des saunas et des jacuzzis dans les chambres, les résidents de l'hôtel aspirent à retrouver enfin une vie normale

  • Sonia Baikov serre Ruslan, son père, dans ses bras au camp de réfugiés d'Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)
    Sonia Baikov serre Ruslan, son père, dans ses bras au camp de réfugiés d'Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)
  • Akivah Artamonov boit un café après la prière au camp de réfugiés d'Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2021. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)
    Akivah Artamonov boit un café après la prière au camp de réfugiés d'Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2021. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)
  • Yevgeni et Anya Rozvadoskyy avec leurs enfants, Vadim et Dasha, au camp de réfugiés juifs d'Irshava, en Ukraine, le 4 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)
    Yevgeni et Anya Rozvadoskyy avec leurs enfants, Vadim et Dasha, au camp de réfugiés juifs d'Irshava, en Ukraine, le 4 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)
  • Stanislav Gluzman et son fils Mikhail au camp de réfugiés d'Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)
    Stanislav Gluzman et son fils Mikhail au camp de réfugiés d'Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)
  • Un cycliste traverse le poste-frontière de Kosyno depuis la Hongrie vers l'Ukraine, le 5 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)
    Un cycliste traverse le poste-frontière de Kosyno depuis la Hongrie vers l'Ukraine, le 5 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)
  • Un homme demande à une femme de réparer un manteau  au camp de réfugiés d'Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2022. (Crédit :Cnaan Liphshiz/ JTA)
    Un homme demande à une femme de réparer un manteau au camp de réfugiés d'Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2022. (Crédit :Cnaan Liphshiz/ JTA)
  • Des hommes prient dans le camp de réfugiés d'Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)
    Des hommes prient dans le camp de réfugiés d'Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)
  • Des réfugiés juifs attendent leur petit-déjeuner dans le camp d'Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)
    Des réfugiés juifs attendent leur petit-déjeuner dans le camp d'Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)
  • Un chauffeur de bus, Dede Mayer, attend le dîner  au camp de réfugiés d'Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)
    Un chauffeur de bus, Dede Mayer, attend le dîner au camp de réfugiés d'Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)

IRSHAVA, Ukraine (JTA) — Comme des dizaines d’autres camps de déplacés qui ont été installés en hâte dans toute l’Europe orientale, le camp d’Irshava, situé dans une ville ukrainienne, à proximité de la frontière hongroise, accueille des personnes dont les vies ont été bouleversées par l’offensive russe.

Et pourtant, le camp de réfugiés d’Irshava est différent des autres.

D’abord, il est équipé d’une cuisine casher et il héberge environ 200 Juifs venus de toute l’Ukraine.

Ensuite, c’est un établissement quatre étoiles situé en bord de fleuve qui propose des courts de tennis, trois piscines, des saunas, un parc de pêche, des chambres agrémentées d’un jacuzzi individuel, un centre de fitness, une salle intérieure d’escalade, sans oublier une piscine à balle pour les enfants.

« Nous sommes des réfugiés mais il faut reconnaître qu’ici, être réfugié présente certains avantages », commente Stanislav Gluzman, un Juif de 39 ans père de famille qui a fait carrière dans la finance à Kharkiv et qui vit dans l’incertitude – et dans un luxe relatif – en occupant une chambre avec son épouse et son fils depuis un mois dans cet environnement privilégié.

La situation surréaliste à Irshava illustre à quel point les Juifs ukrainiens ont été pris par surprise par une guerre qui, depuis des mois, se préparait dans l’arrière-cour – sans que jamais aucun d’entre eux ait pu croire qu’elle éclaterait réellement. Et force est de reconnaître que plus le séjour des réfugiés dans ce camp improbable traîne en longueur, moins ces derniers expriment l’espoir que la situation puisse revenir à la normale.

Stanislav Gluzman et son fils Mikhail au camp de réfugiés d’Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)

Le camp, dont le fonctionnement coûte des dizaines de milliers de dollars chaque semaine, a été ouvert à l’initiative de Yaakov Dov Bleich, qui dirige la congrégation Orach Chaim de la Grande synagogue chorale de Kiev.

Bleich, qui est l’un des deux hommes revendiquant le titre de grand rabbin en Ukraine, partage son temps entre l’Ukraine et New York, sa ville natale. C’est là-bas qu’il se trouvait quand la Russie a envahi l’Ukraine, le 24 février. Il est revenu dans le pays au mois de mars et il indique avoir collecté plus de 2,5 millions de dollars pour financer des initiatives d’urgence à Irshava et ailleurs.

Des milliers de personnes ont été tuées dans les combats qui ont suivi l’offensive russe et des millions d’Ukrainiens ont pris la fuite. La majorité d’entre eux vivent dans les conditions bien pires que celles des 200 résidents de l’hôtel Illara, où la communauté de Bleich a réservé toutes les chambres, transformant l’établissement en seul camp de réfugiés d’Irshava.

Yevgeni et Anya Rozvadoskyy, un couple originaire de Berdichev qui s’occupait de l’un des cimetières juifs de la ville, passent dorénavant plus de temps en compagnie de leurs enfants, Dasha, 16 ans, et Vadim, son petit frère âgé de sept ans. Yevgeni a appris à Vadim à pêcher et le petit garçon est à la fois fier et heureux de pouvoir expliquer sa technique imparable pour attraper des poissons.

Yevgeni et Anya Rozvadoskyy avec leurs enfants, Vadim et Dasha, au camp de réfugiés juifs d’Irshava, en Ukraine, le 4 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)

Et pourtant, malgré ses nombreux agréments, l’état d’esprit n’est pas à la détente au sein de l’établissement.

« Les conditions ne sont pas mauvaises ici, mais on a l’impression que les choses ne tiennent qu’à un fil. Je ressens une forte incertitude », dit Gluzman, qui se présente spontanément sous le surnom de Stan.

L’un des principaux sujets de débat, dans sa famille, est de savoir où aller ensuite – et quand. Une option est Israël, où se trouve déjà la majorité des proches de Gluzman depuis de nombreuses années. Autre possibilité, rejoindre la famille de son épouse Naomi, une thérapeute de 29 ans, Juive elle aussi, dans une région plus sûre de l’Ukraine.

Le couple est prêt pour l’aventure : ils se sont rencontrés sur un site de rencontre juif il y a trois ans et, après avoir discuté deux fois au téléphone, ils ont pris la décision de partir pour leur première rencontre aux Maldives. Polyglottes, avec un emploi qui leur offre le luxe du télétravail – Stan travaille sur son ordinateur et Naomi conseille ses patients via internet – il y a finalement peu d’endroits où la famille ne pourrait pas poser ses valises.

Mais pour le moment, la famille reste en Ukraine parce que le pays ne permet pas aux hommes âgés de moins de 60 ans de quitter le territoire, sauf s’ils ont plus de trois enfants. Cette mesure d’urgence a été adoptée pour permettre le recrutement des hommes dans l’armée.

« A un moment, j’ai voulu que Naomi prenne notre fils, Mikhail, et qu’elle parte sans moi mais – et c’est compréhensible – elle n’a pas voulu le faire », dit Stanislav.

Des hommes prient dans le camp de réfugiés d’Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)

Le couple est propriétaire d’une maison qui avait été construite dans les années 1930 sous Staline pour accueillir les officiers militaires de haut-rang à Kharkiv, qui était alors une ville soviétique majeure. Avec un abri antiaérien privé à disposition, la famille avait pensé pouvoir rester en sécurité là-bas si la guerre devait éclater – une guerre dont ils avaient douté qu’elle ait lieu, comme un si grand nombre d’autres Ukrainiens.

La nuit précédant l’invasion des troupes russes, Stanislav avait eu la clairvoyance de mettre l’essentiel des affaires de la famille – et, de manière déterminante, plus de 60 litres de carburant – dans le SUV pendant que Naomi et Mikhail dormaient. Puis, ils ont pris la direction de l’ouest pendant vingt heures, évitant les interminables embouteillages qui avaient eu lieu en empruntant uniquement les accotements défoncés qui ne sont praticables qu’avec un véhicule de type 4×4.

Naomi, née à Odessa, voudrait rester en Ukraine – mais pas à Kharkiv.

« C’est trop proche de la frontière avec la Russie. Les Russes vont continuer à venir, une année ou une autre. C’est comme ça que ça va se passer à partir de maintenant, après l’épisode de 2014, » explique-t-elle, faisant référence à l’annexion de la Crimée par la Russie, cette année-là.

Interrogé sur l’endroit où il voudrait que la famille s’installe, son mari répond que « nous sommes en désaccord sur ce sujet mais c’est, de toute manière, sans intérêt d’en parler. Qui sait ce qu’il va se passer ? Tout est tellement incertain ! »

Sonia Baikov serre Ruslan, son père, dans ses bras au camp de réfugiés d’Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)

Karina et Ruslan Baikov, qui sont également originaires de Kharkiv, savent pour leur part très exactement où ils iront. Respectivement physicienne et entrepreneur dans le secteur de la construction – lui est spécialisé dans la rénovation des bâtiments protégés de Kharkiv, dont un grand nombre ont été détruits – ils partagent une chambre avec Sonia, leur fille de douze ans, et son petit frère de six ans, Artium.

Ruslan, un homme large d’épaules, à la mâchoire carrée, aux yeux bleus et qui se dit d’un caractère plutôt calme, explique qu’il ne quitterait pas l’Ukraine même s’il en avait la possibilité. Il veut « reconstruire Kharkiv – au sens littéral du terme. Je connais chaque fenêtre qui a été brisée là-bas ; je connais chaque balcon qui a été détruit et chaque nouvelle destruction me fait souffrir », déclare-t-il.

Avant la guerre, le couple vivait dans l’opulence, voyageant fréquemment vers des destinations éloignées, notamment en Égypte. Karina, spécialisée dans la recherche microbiologique, aimait apporter en vacances ses robes les plus excentriques – elles sont restées à Kharkiv aujourd’hui – pour des séances photo organisées avec des photographes professionnels rencontrés sur internet dans les lieux de villégiature où elle se trouvait.

« Je ne sais pas pourquoi elle fait ça », dit Ruslam, haussant les épaules.

Levant les yeux au ciel, Karina proteste. Elle a un grand nombre d’abonnés sur Instagram et les créateurs des robes la rémunèrent pour les shootings. « On appelle ça du mannequinat. Ta femme est mannequin », dit-elle à Ruslan autour d’un dîner constitué de boulettes de viande, de riz et de légumes.

Ruslan et Karina Baikov posent avec leurs enfants, Artium and Sonia, pour un portrait de famille au camp de réfugiés d’Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2021. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)

Les familles Baikov et Gluzman – aucune des deux ne se dit très pratiquante au niveau religieux – se connaissent de Kharkiv et elle passent beaucoup de temps ensemble à Irshava.

Stan Gluzman, friand d’histoire juive et qui a organisé occasionnellement des voyages à l’étranger centrés sur des thématiques juives, note l’ironie de voir un nombre si élevé de membres de la communauté vivre à Irshava, une localité où il n’y a plus aucune présence juive actuellement mais qui était autrefois un important shtetl – une ville juive.

« Pendant la Shoah, les Juifs d’Irshava avaient tous été assassinés – sauf ceux qui avaient fui vers l’Est, en Russie, pour échapper aux nazis », dit-il. « Aujourd’hui, les Juifs viennent ici en tant que réfugiés pour échapper à la Russie. C’est dingue, non ? »

Gluzman avait entendu parler du camp d’Irshava par le biais d’amis membres de la communauté juive après la fuite de sa famille, partie de manière indépendante. D’autres sont venus en bus, un bus qui avait été affrété par Bleich et sa communauté de Kiev.

Dans l’hôtel, certains ont été séparés de leur famille. Embrassant ses tefillins après la prière du matin, Akivah Artamonov, infographiste originaire de Jytomyr, près de Berdichev, regarde, pensif, les rideaux de pluie drue tombant sur les contreforts des montagnes des Carpathes, qui se dressent juste derrière le parc paysager bien entretenu de l’hôtel.

Akivah Artamonov boit un café après la prière au camp de réfugiés d’Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2021. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)

Son épouse, qui est pédiatre, et leurs deux enfants âgés de 13 et de 8 ans sont partis en Israël il y a trois semaines mais Akivah, 43 ans, a été dans l’obligation de rester en raison des directives d’enrôlement militaire.

A Jytomyr, il avait un PC Apple qu’il n’a pas pu prendre avec lui et il ne peut donc plus travailler. Akivah, Juif pratiquant, dit qu’il quittera l’Ukraine et l’Europe dès qu’il lui sera possible de le faire.

« Rien n’ira toujours bien dans cette partie du monde. Nous devons partir en Israël où, au moins, nous serons maîtres de nos vies et où il sera aussi plus facile de vivre en tant que Juifs », explique Akivah en buvant un café bien noir et en fumant nerveusement une cigarette. « Mais c’est facile à dire. Avant tout, je dois pouvoir partir. »

Et son prochain ordinateur, assure-t-il, « sera un portable ».

D’autres pourraient quitter Irshava mais ne le font pas parce qu’ils ont le sentiment que c’est leur devoir de rester. C’est le cas de Gershon Birenboim, enseignant dans une école primaire juive au sein de la congrégation Orach Chaim, à Kiev, qui est aussi père de trois enfants.

Des réfugiés juifs attendent leur petit-déjeuner dans le camp d’Irshava, en Ukraine, le 5 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)

Sa famille est considérée comme une grande famille et Birenboim, 35 ans, aurait donc le droit de quitter le pays en compagnie de son épouse et de ses enfants. « Mais c’est ici qu’on a besoin de moi maintenant », déclare Birenboim, un homme volubile et fumeur invétéré qui a appris à parler anglais « en fréquentant en permanence le rabbin Bleich et sa famille ». Son accent est d’ailleurs clairement influencé par celui du rabbin originaire de Monsey, enclave orthodoxe du nord de New York City.

« Vivre ici, loin de Kiev, sans alimentation casher, ça aurait pu être beaucoup plus difficile pour une famille pratiquante », remarque-t-il.

Certains résidents de l’hôtel ne se mélangent guère aux autres. D’autres donnent un coup de main, ici et là. D’autres encore consacrent chaque instant de la journée et de la nuit à aider au fonctionnement du camp.

Et dans l’hôtel, c’est probablement Birenboim qui a le plus de contacts avec le monde extérieur. Il est chargé de faire venir de nouveaux réfugiés et de permettre à d’autres de partir – notamment des familles que Bleich soutient, les aidant à franchir la frontière avec la Hongrie. Birenboim s’occupe également des achats alimentaires et gère d’autres aspects logistiques.

Un cycliste traverse le poste-frontière de Kosyno depuis la Hongrie vers l’Ukraine, le 5 avril 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/ JTA)

Juif de Kiev qui, selon lui, présente « un punim de Juif incomparable » – c’est le mot en yiddish qui désigne le visage – Birenboim n’est pas à son aise dans ce secteur rural de l’Ukraine, qui accueille des Hongrois ethniques et des Ukrainiens nationalistes.

« Les gens sont plus froids ici de manière générale et il y a quelque chose qui se tend en eux quand ils me voient », ajoute-t-il. « Même si je cache ma kippa sous un chapeau, mon accent de Kiev et mon visage disent d’eux-mêmes que je suis Juif et je ne suis pas sûr que ce soit très apprécié ici ».

« Quoi qu’il en soit, ce n’est pas illégal », ajoute-t-il, philosophe.

Alors que les combats s’éloignent de Kiev, un grand nombre de ceux qui ont quitté la ville aux premiers jours de la guerre tentent d’y retourner. Birenboim, dont l’épouse travaille à la cuisine de l’hôtel, « compte les jours » avant de pouvoir, lui aussi, revenir dans la ville. Il n’a aucune intention de partir dans un autre pays.

« Je n’ai jamais tant aimé la routine que j’avais qu’en ce moment », s’exclame-t-il.

Et pourtant, au camp, il a cédé la place d’enseignant à une femme à la retraite, Mme Rozaliya, qui apprend aux enfants l’anglais, le russe et l’ukrainien. Les élèves sont divisés en petits groupes qui travaillent deux heures chacun dans la salle à manger.

Birenboim indique préférer faire des courses dans le break noir, un modèle Dodge, du camp, même si cela signifie qu’il ne peut gérer son emploi du temps avec précision.

« Quand on enseigne, il faut le faire de manière structurée. C’est impossible de le faire autrement », explique-t-il. « Mais actuellement, je n’ai pas la tête à ça. Nous sommes dans un pays en proie à la plus grande confusion, nous sommes dans une période confuse. C’est plus facile d’assumer un travail confus », dit-il, amusé.

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