Cessez-le-feu à Gaza : selon des responsables israéliens, une percée est proche, mais…
Après le dîner Trump-Netanyahu à la Maison Blanche, des responsables ont déclaré que 80 à 90 % des termes de la trêve avaient été acceptés ; le ministère qatari des Affaires étrangères a déclaré que les négociations "prendraient encore du temps"

À la suite de la rencontre, lundi soir, entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump, de hauts responsables israéliens ont annoncé que les négociations pour une libération d’otages et un accord de cessez-le-feu avec le Hamas étaient sur le point d’aboutir, tout en saluant la coordination parfaite entre Jérusalem et Washington au sujet de Gaza, de l’Iran et de développements régionaux plus larges.
« Au sujet de l’accord sur les otages, notre coordination est totale (…) Nous espérons une avancée. La réponse du Hamas à la proposition qatarie a été, en substance, ‘non’. Mais les désaccords sont suffisamment faibles pour nous permettre de négocier avec eux. Nous espérions que la réponse serait positive ; cela aurait ensuite demandé quelques jours. Maintenant, cela risque d’être plus long, mais nous travaillons sur la question », a expliqué aux journalistes le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer, qui a participé à la réunion à la Maison Blanche, après le dîner.
Alors qu’un 3e cycle de négociations indirectes sur un accord s’est ouvert mardi matin à Doha, un haut responsable israélien a rapporté aux journalistes que 80 à 90 % de l’accord avec le Hamas avait déjà été conclu. La phase finale des pourparlers pourrait toutefois prendre plus de quelques jours, a précisé ce haut responsable.
Un porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères a pour sa part indiqué mardi que les négociations « demanderont du temps ».
« Je ne pense pas pouvoir donner de calendrier pour le moment. Je peux toutefois affirmer dès maintenant que nous aurons besoin de temps », a déclaré Majed Al-Ansari lors d’une conférence de presse à Doha. « Actuellement, les deux délégations se trouvent à Doha. Nous discutons séparément avec chacune d’elles pour convenir d’un cadre pour les pourparlers. Les négociations n’ont donc pas encore commencé, mais nous sommes en contact avec les deux parties dans ce but. »
Selon des informations parues dans le journal qatari Al-Araby Al-Jadeed, les négociations ont progressé sur la clause concernant le mécanisme d’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza. Selon cet article, le Hamas exige que, pendant un cessez-le-feu, l’aide soit transportée dans la bande par les Nations Unies plutôt que par la Fondation humanitaire de Gaza.
« Coordination totale »
On s’attendait à ce que, durant sa visite à Washington, Netanyahu subisse une pression intense de Trump et de son envoyé au Moyen-Orient, Steve Witkoff, pour faire avancer les pourparlers de Gaza. Mais Israël a décrit une coordination complète entre les deux parties.
« Nous avons une opportunité d’obtenir enfin un accord de paix », a annoncé Witkoff aux journalistes juste avant le dîner. Witkoff est attendu au Qatar cette semaine, où il devrait prendre part aux négociations.
Après le dîner, un haut responsable israélien a fait savoir qu’Israël et les États-Unis démontraient « une confiance et une coordination totales (…) une coordination parfaite ».
Les médiateurs en charge des négociations ont été informés que Trump s’attendaient à ce qu’ils parviennent à un accord cette semaine, ont rapporté lundi soir au Times of Israel un diplomate arabe et une deuxième personne impliquée dans les pourparlers.
Une source palestinienne proche des négociations a expliqué mardi matin à l’AFP que « les discussions sont toujours axées sur les mécanismes de mise en œuvre, en particulier les clauses liées au retrait [de Tsahal] et à l’aide humanitaire ».
Les négociateurs présents à Doha ont également évoqué les paramètres du retrait partiel d’Israël de Gaza pendant le cessez-le-feu proposé de 60 jours. Un diplomate arabe a raconté que les responsables israéliens étaient arrivés avec une carte illustrant leur proposition de retrait. Si le Hamas avait initialement exigé un retour aux positions des troupes israéliennes d’avant l’effondrement de la trêve précédente, le 2 mars, le groupe a ensuite fait preuve d’une certaine flexibilité.
Le désaccord central – savoir si l’accord serait juste temporaire, comme le souhaite Israël, ou mettrait fin à la guerre de manière permanente, comme le demande le Hamas – n’a pas été résolu.
Les critères précis voulus par Israël ou les États-Unis pour le Gaza d’après-guerre restent flous. Israël, dans les pourparlers, envisage un territoire dans lequel « il n’y aurait plus de Hamas », a déclaré un haut responsable israélien à Washington mardi matin.
L’objectif est le « démantèlement du Hamas. Le Hamas doit déposer les armes. Son peuple a abandonné. Les dirigeants ont été exilés. Une autre force a pris le contrôle du territoire et empêche le recours aux armes », a ajouté le responsable.
« Il doit y avoir un système là-bas [à Gaza] qui gère la vie des populations », a poursuivi le responsable. « Peut-être que, pendant quelques temps, nous devrons (…) Je ne suis pas sûr que si nous ne restons pas là un moment, nous pourrons transmettre le à quelqu’un d’autre. »
Selon ce responsable, Israël a la conviction que Trump souhaite sérieusement encourager les Gazaouis à émigrer.
« Après ce soir, je suis [convaincu] », a confié le responsable, affirmant que « le projet a pris vie. Maintenant, il faut définir les moyens d’une coordination opérationnelle, au-delà des objectifs. Et c’est ce dont nous avons discuté. Le désir est là.”
À propos de l’Iran
Jérusalem et Washington sont également d’accord sur l’Iran, a fait mardi matin un responsable israélien, soulignant que les deux pays coopéraient pleinement avant même la campagne aérienne israélienne de 12 jours contre le programme nucléaire et militaire de la République islamique, le mois dernier, aboutissant à une intervention des États-Unis .
« Nous avons bénéficié d’une coordination diplomatique avant l’attaque, d’une coordination militaire pendant l’attaque, et maintenant nous revenons à une coordination diplomatique », a fait savoir le responsable, s’exprimant en anglais.
« Nous avons obtenu de très bons résultats » en Iran, a ajouté le haut responsable, « et nous voulons les préserver (…) Je pèse mes mots : nous n’avons jamais connu une telle coordination auparavant ».
Ces liens étroits sont basés sur « une confiance qui s’est développée au fil du temps », a poursuivi le haut responsable, grâce aux résultats obtenus ensemble et à la manière dont ils ont été obtenus.
D’après le responsable, l’annonce faite par Trump en avril aux côtés de Netanyahu de la poursuite par les États-Unis de négociations directes sur le nucléaire avec l’Iran n’a pas surpris les Israéliens. « Nous avions déjà parlé [à Trump] auparavant. »
Et d’ajouter que le mois dernier, Israël « n’a pas demandé ni reçu le feu vert de Trump pour attaquer l’Iran ».
« Vous avez tort », a affirmé le responsable à la presse israélienne.
« La relation est différente aujourd’hui », a expliqué le responsable. Le lien se maintient « parce qu’aux États-Unis se trouve une large population que [Israël] peut influencer, parce que les sentiments des populations influencent les dirigeants. Une partie du public s’y oppose, mais la base est très importante ici, elle constitue une force qui n’existe peut-être pas dans d’autres pays. »
« Obama l’a écrit dans son livre. Lisez ce qu’il a écrit dans son autobiographie. ‘Je pouvais faire ce que je voulais, mais pas avec Israël.’ Il y a une raison à cela », a-t-il poursuivi. « Avec Trump, c’est l’inverse : nous sommes d’accord, nous n’avons pas ce problème. Mais nous n’avons pas non plus besoin de son approbation. Il comprend que nous avons des besoins existentiels. »
« Il faut apprendre à le connaître, lui parler en petit comité, pour comprendre à quel point il est unique, à quel point il est différent », a indiqué le responsable.
Lundi, avant sa rencontre avec Trump, Netanyahu s’est entretenu avec Witkoff et avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Ces deux réunions ont duré environ deux heures, et ont couvert les questions « des négociations, de Gaza et d’autres sujets », a fait savoir un haut responsable israélien.
Netanyahu a rencontré mardi le vice-président américain JD Vance à Blair House, à Washington, DC.
Les deux hommes se sont chaleureusement salués avant de s’asseoir pour une réunion avec leurs principaux collaborateurs.
Netanyahu est accompagné du ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer, du conseiller à la sécurité nationale Tzachi Hanegbi, de l’ambassadeur à Washington Yechiel Leiter et du secrétaire militaire, le général Roman Gofman.
Une deuxième rencontre entre Netanyahu et Trump est prévue mardi soir, a déclaré un responsable du bureau de Netanyahu au Times of Israel.







