C’est le « train-train habituel », affirme Netanyahu malgré le contexte de crise
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C’est le « train-train habituel », affirme Netanyahu malgré le contexte de crise

Malgré de nouveaux cas de corruption et la nomination de son proche assistant comme témoin à charge, le Premier ministre a déclaré qu'il "continue à travailler pour le pays"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige une réunion du cabinet du Premier ministre à Jérusalem le 21 janvier 2018. (Alex Kolomoisky / POOL)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige une réunion du cabinet du Premier ministre à Jérusalem le 21 janvier 2018. (Alex Kolomoisky / POOL)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait dit à ses partenaires de la coalition qu’il s’agit pour lui d’un « business as usual », [le train-train habituel] en résistant aux appels, pour la plupart de l’opposition, pour qu’il prenne un congé alors que les enquêtes contre lui se multiplient.

Mardi a été une journée difficile pour Netanyahu, avec la signature d’un accord visant à faire comparaître un témoin à charge contre lui dans le cadre de l’enquête Bezeq, et une nouvelle affaire de tentative de corruption. La semaine dernière, la police a recommandé d’inculper le Premier ministre pour corruption dans deux autres affaires, assombrissant son avenir politique.

Mais Netanyahu a balayé tout cela au début d’une réunion avec les ministres du Cabinet, leur disant apparemment : « Voilà, c’est comme si de rien n’était. »

« Je continue à travailler pour le pays », a-t-il ajouté, selon les informations de la chaîne de télévision Hadashot.

Shlomo Filber, le directeur du ministère de la Communication de Netanyahu, son conseiller de longue date, a signé mardi un accord pour témoigner et peut-être incriminer Netanyahu dans une affaire connue sous le nom de l’Affaire 4000.

Shlomo Filber, directeur-général du ministère des Télécommunications, arrive pour une audience de prolongement de sa détention dans l’Affaire 4000 à la cour des magistrats de Rishon Letzion, le 18 février 2018 (Crédit :Flash90)

M. Filber aurait accepté de témoigner qu’il a été chargé par le Premier ministre de fournir des avantages en matière de réglementation à la compagnie de téléphone Bezeq en contrepartie pour l’actionnaire principal de Bezeq, Shaul Elovitch, d’accorder à Netanyahu et à sa famille une couverture positive sur le site d’information Walla, dont il est propriétaire.

En échange de son témoignage, Filber aurait exigé qu’il ne soit pas incarcéré, ce qui aurait été accepté par la police.

Mardi également, une autre affaire de corruption impliquant le Premier ministre a été révélée. Baptisée Affaire 1270, elle concerne un ancien porte-parole de la famille Netanyahu, Nir Hefetz, qui aurait proposé en 2015 de nommer le juge Hila Gerstel procureur général si elle acceptait de mettre fin à l’enquête sur la femme du Premier ministre, Sara. Netanyahu a fermement nié ces accusations.

Netanyahu a reçu un soutien sans faille au sein de sa coalition, à l’exception du député Likud Oren Hazan, victime de scandales, qui a appelé mercredi matin Netanyahu à prendre un congé pour cause d’enquête. Hazan, un critique régulier de Netanyahu et d’autres hautes personnalités du Likud, a affirmé que beaucoup de membres de son parti étaient d’accord avec son point de vue mais avaient peur de s’exprimer.

Avi Gabbay, le chef du principal parti d’opposition israélien, l’Union sioniste, a déclaré mardi soir qu’il était temps pour Netanyahu de démissionner et pour ses partenaires de la coalition de quitter le gouvernement.

« L’ère Netanyahu est révolue », a écrit Gabbay dans un message aux membres du parti. « Le système criminel construit par le Premier ministre au cours des dernières années – la corruption du service public, les atteintes à l’État de droit, la menace à la liberté de la presse, et surtout: la division et l’affrontement des factions de la société israélienne les unes contre les autres – s’effondrent sur lui et sur son entourage comme un château de cartes ».

Gabbay s’est dit convaincu que les partenaires de la coalition du Premier ministre Moshe Kahlon (Koulanou) et Naftali Bennett (HaBayit HaYehudi) allaient se rendre compte dans les prochains jours que Netanyahu doit démissionner.

Le ministre des Finances, Moshe Kahlon, lors d’une conférence de presse au ministère des Finances à Jérusalem, le 8 janvier 2018. (Hadas Parush/Flash90)

Toutefois, le ministre des Finances Kahlon, qui est resté le plus souvent silencieux au sujet des enquêtes qui affligent Netanyahu, a déclaré mercredi aux autres députés dans les couloirs de la Knesset que « pour l’instant, je ne change pas de position et que je resterai dans la coalition », a rapporté Hadashot.

La semaine dernière, la police a recommandé que M. Netanyahu soit inculpé pour fraude, abus de confiance et corruption dans deux autres affaires.

Dans l’affaire 1000, Netanyahu et son épouse auraient reçu des dons illicites de bienfaiteurs milliardaires, notamment du producteur hollywoodien Arnon Milchan, originaire d’Israël, pour un montant total de 1 million de shekels (282 000 dollars). En retour, M. Netanyahu est accusé par la police d’être intervenu au profit de Milchan dans des affaires relatives à la législation, aux relations d’affaires et aux visas.

L’affaire 2000 porte sur un accord de contrepartie présumé illicite entre Netanyahu et Arnon Mozes, éditeur de Yedioth Ahronoth, selon lequel le Premier ministre aurait affaiblie un quotidien concurrent, Israel Hayom, soutenu par Sheldon Adelson, en échange d’une couverture plus favorable de la part du Yedioth.

Le Premier ministre a également été indirectement lié à l’affaire 3000, une vaste enquête sur la corruption présumée entourant l’achat de plusieurs milliards de shekels de navires et de sous-marins auprès d’un constructeur naval allemand. Bien que Netanyahu ne soit pas cité comme suspect, ses proches associés, dont deux assistants personnels, ont été arrêtés ou interrogés.

Netanyahu a nié tout acte répréhensible dans tous ces cas.

Le Times of Israel a contribué à cet article.

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