« Cette année à Jérusalem », dit Netanyahu aux leaders commerciaux du monde
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« Cette année à Jérusalem », dit Netanyahu aux leaders commerciaux du monde

Avant la conférence de Munich, Netanyahu a promis aux PDG présents qu'il réduirait les impôts et les régulations. Il s'est enorgueilli des cyber-prouesses israéliennes

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, s'adresse à des dizaines de dirigeants d'entreprises, les encourageant à investir en Israël, en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, le 16 février 2018. (Amos Ben Gershom/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, s'adresse à des dizaines de dirigeants d'entreprises, les encourageant à investir en Israël, en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, le 16 février 2018. (Amos Ben Gershom/GPO)

MUNICH, Allemagne – Il n’y a eu aucune mention des drones iraniens ou des enquêtes sur les affaires de corruption lors du discours prononcé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant 38 directeurs-généraux et membres de conseils d’administration avant la conférence sécuritaire de Munich, vendredi. Ses propos ont été consacrés à la volonté israélienne de faire venir les investissements étrangers au sein de l’Etat juif.

« Venez me voir personnellement », a-t-il dit aux financiers. « Je prendrai le temps qu’il faut ».

Netanyahu, rappelant qu’il a été ancien ministre des Finances et consultant auprès d’entreprises privées, s’est vanté devant les responsables d’affaires – une assistance entièrement masculine – et la cheffe du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde — la seule femme participante – de la bonne santé de l’économie israélienne qui ne cesse de s’améliorer.

Le Premier ministre a affiché une forme olympique lors de ce déjeuner organisé à l’hôtel-spa Bayerischer Hof de Munich, plaisantant, donnant des noms et saluant les accomplissements financiers et les innovations technologiques israéliennes.

Cette réunion a eu lieu trois heures avant le lancement officiel de la conférence sécuritaire de Munich, un événement de trois jours durant lequel les Premiers ministres et les hauts-responsables du monde entier – notamment la Première ministre britannique Theresa May, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et le conseiller à la sécurité nationale américain H.R. McMaster — discuteront des questions pressantes en termes de défense et de diplomatie.

Venez en Israël

Le Premier ministre a tenté d’attirer les directeurs-généraux grâce à la perspective d’un marché israélien bien financé, moins taxé et moins régulé.

« Cette année à Jérusalem », a-t-il dit, s’inspirant d’un proverbe juif souvent utilisé.

Il a promis de réduire les taxes pour les entreprises dans le but de les encourager à venir en Israël, citant la révision récente du code fiscal américain comme facteur de motivation majeur dans sa décision de couper encore dans les impôts.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu discute avec le président de la conférence sur la sécurité de Munich, Wolfgang Ischinger, durant un déjeuner dans le cadre de la 54ème conférence sécuritaire de Munich, le 16 février 2018 à Munich (Crédit : AFP PHOTO / DPA / Sven Hoppe)

« Si nous devons le faire, nous les mettrons à terre », a-t-il déclaré.

Le taux actuel d’imposition sur les entreprises est de 23 % en Israël.

Il a plaisanté en notant qu’il est membre de deux cabinets ministériels – le cabinet sécuritaire et la « commission de régulation qui devrait être vraiment appelée la commission anti-régulations ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, s’adresse à des douzaines de responsables d’affaires, notamment à la cheffe du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, au centre droit, les encourageant à investir en Israël avant la conférence sécuritaire de Munich, le 16 février 2018 (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Netanyahu a souligné les réussites technologiques israéliennes ainsi que les investissements publics et privés dans des secteurs tels que la cyber-sécurité et la médecine.

« L’avenir appartient à ceux qui innovent », a dit le Premier ministre aux responsables commerciaux, notamment aux PDGs de BMW, Siemens, Raytheon et Deutsche Telekom.

Il y a beaucoup plus de richesses créées par beaucoup moins de gens, ce qui entraîne certains problèmes politiques pour des gens comme nous dont le revenu est issu des électeurs et non des actionnaires

Le Premier ministre a également reconnu que la manière dont les entreprises technologiques gagnent de l’argent – en comparaison avec les entreprises énergétiques ou de production – représente un défi pour les gouvernements.

« Il y a beaucoup plus de richesses créées par beaucoup moins de gens, ce qui entraîne certains problèmes politiques pour des gens comme nous dont le revenu est issu des électeurs et non des actionnaires », a-t-il expliqué en anglais.

« Ce sera peut-être l’un des problèmes les plus spectaculaires que nous devrons affronter là où se rejoignent la politique et le commerce », a-t-il ajouté.

Netanyahu a consacré la plus grande partie de son discours au sérieux des start-ups et à la haute-technologie, qui explique, selon lui, les importants investissements faits par le pays dans la cyber-sécurité militaire.

Il a indiqué que l’Etat juif peut se vanter de détenir « le second équivalent » de l’Agence de sécurité nationale américaine (NSA) dans le monde, se référant à la prestigieuse unité de renseignements militaires 8200 de l’armée israélienne.

Il a alors ajouté avec emphase : « Je ne sais pas si vous avez entendu ce que je viens de dire. Cette unité est une seconde NSA en termes d’importance, pas en termes relatifs. Les Etats-Unis sont 42 fois plus grands que l’Etat d’Israël. La NSA américaine n’est pas 42 fois la taille de son équivalent israélien : Elle ne l’est même pas dix fois ».

Le Premier ministre a évoqué cette gigantesque unité militaire en disant que c’était un « coût fixe que nous avons dû mettre en place pour survivre » et qu’Israël a également tenté de transformer en moteur commercial.

« J’ai décidé que nous la démultiplierons à l’avenir. Nous l’avons placée au beau milieu de l’université Ben-Gurion de [Beer Sheva] dans le Negev. Nous mettons en place une ligne ferroviaire qui mène à Tel Aviv et nous avons construit un cyber-parc qui accueille dorénavant les meilleures entreprises en termes de cyber-sécurité », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu discute avec la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde, à droite, durant un déjeuner dans le cadre de la 54ème conférence sécuritaire de Munich, le 16 février 2018 à Munich (Crédit : AFP PHOTO / DPA / Sven Hoppe)

Le Premier ministre a illustré la réussite des actions du gouvernement visant à encourager les membres de l’unité 8 200 à entrer dans le monde des affaires en racontant une anecdote vécue lors d’une visite du cyber-parc de Beer Sheva.

Qu’est-ce que je fais maintenant ? Je suis riche !

« Je me trouvais récemment avec [le rédacteur en chef du magazine Forbes] Malcolm Forbes à Beer Sheva. J’ai vu là-bas une personne jeune qui me paraissait familière. Ce jeune m’a dit ‘monsieur le Premier ministre, j’étais votre porte-parole à la NSA il y a plusieurs années », a-t-il commencé.

« Je lui ai demandé : ‘Que faites-vous maintenant ? », s’est souvenu Netanyahu. « Il m’a répondu : Qu’est-ce que je fais maintenant ? Je suis riche ! »

Le Premier ministre a ajouté qu’élargir les investissements gouvernementaux dans des secteurs comme l’informatique quantique permettrait d’avancer dans le déchiffrage des codes cryptés, qui deviennent de plus en plus importants dans le monde entier.

« Si vous avez la capacité – par ordre et par ordre de magnitude – d’avoir des outils informatiques susceptibles de briser les codes, alors notre monde aura changé. Les choses changent de manière inimaginable », a-t-il dit.

« Ainsi, nous investirons et, en fait, nous investissons dans ces domaines pas seulement pour nous saisir de l’avenir mais aussi pour le protéger », a dit Netanyahu.

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