Cette start-up récompense ceux qui partagent leur expérience sur Instagram
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Cette start-up récompense ceux qui partagent leur expérience sur Instagram

Oview a créé un système où les clients reçoivent une récompense immédiate pour avoir tagué un bar ou un restaurant sur la plateforme Instagram

Un toast avec des cocktails (Mariha-kitchen; iStock par Getty Images)
Un toast avec des cocktails (Mariha-kitchen; iStock par Getty Images)

Âgé de 22 ans, Michael Anav me retrouve à bord de la voiture de sa mère un peu en fouillis – des outils et de la boue recouvrent le siège arrière du véhicule. Il vit dans un moshav – une communauté coopérative agricole – avec ses parents.

Terminant juste l’armée, et choisissant de manière originale de ne pas voyager après ses trois années de service comme secouriste, Michael Anav est venu me parler de sa première startup, Oview, qu’il a lancée avec son camarade d’école d’enfance, Uria Franko, âgé de 23 ans.

La startup a mis au point un système dans lequel des restaurants, des entreprises ou des hôtels, tagués par des clients sur leurs comptes Instagram, peuvent immédiatement les récompenser en leur donnant des petits cadeaux, comme un verre, une bouteille de vin ou un dessert gratuit. Plus l’utilisateur d’Instagram touche d’abonnés, plus la récompense peut être intéressante.

« Les gens ont l’habitude de publier leurs meilleures expériences sur Instagram », explique le jeune entrepreneur lors de notre entretien, « chacun d’entre nous, avec nos amis et nos abonnés, est un influenceur à sa façon. Alors pourquoi ne pas profiter de ce phénomène ? Pourquoi ne pourrions-nous pas obtenir quelque chose en échange d’une publicité gratuite pour des entreprises ou une expérience que l’on partage avec nos amis ? »

Michael Anav, le co-fondateur d’Oview, septembre 2019. (Shoshanna Solomon / Times of Israel)

« Les gens méritent d’être récompensés pour le contenu qu’ils publient », estime-t-il. Chacun a de la valeur, chacun peut être un influenceur. Nous donnons aux entreprises la possibilité d’inciter leurs clients à taguer leurs expériences ».

Le programme a été conçu par Uria Franco, l’autre co-fondateur et un autodidacte en programmation. Il faisait partie d’une unité secrète de logistique pendant son service militaire. Le logiciel fonctionne avec le réseau social Instagram et permet de voir comment les utilisateurs taguent une expérience. Le service utilise uniquement les données disponibles publiquement, a pris le soin de préciser Anav.

Anav et Franco, qui ont lancé leur activité dans les maisons de leurs parents, ont maintenant loué un espace de co-working à Tel Aviv.

Oview a créé un sytème dans lequel des restaurants ou des entreprises peuvent immédiatement récompenser leur client s’ils taguent leur expérience avec l’entreprise sur les réseaux sociaux. (Crédit)

Une entreprise s’inscrit au service Oview, en anglais ou en hébreu, et se crée un profil, en renseignant son adresse e-mail et le type d’activité qu’elle développe : bar ou restaurant. Ensuite, l’entreprise reçoit des suggestions de récompenses possibles. Une fois inscrite, l’entreprise reçoit une notification en temps réel quand un client qui tague son activité et peut envoyer au client un message pré-rédigé tel que : « Merci pour votre publication, nous voudrions vous offrir un verre en récompense » ou « Vous venez de nous taguer, voici une bouteille de vin ».

Plistkin est un des clients d’Oview. Âgé de 32 ans, ce propriétaire de deux bars à Tel Aviv, Sputnik et Voodoo, utilise le service depuis quelques mois afin d’offrir des verres gratuits aux clients qui taguent son bar.

« C’est vraiment sympa », s’exclame Pliskin. Cela créé une « atmosphère très spéciale, parce qu’un lien personnel se forme entre le client et le bar. Tout le monde aime publier des photos et se taguer dans des endroits. Alors pourquoi ne pas être récompensé pour cela ? C’est une idée brillante parce que tout le monde se tague de toute façon. C’est comme si on faisait du sport et que tout d’un coup quelqu’un vous récompensait pour ça ».

Pliskin a dit qu’il a configuré le service pour envoyer automatiquement des « verres gratuits ». Si le client devient régulier, en taguant plusieurs fois son bar, il recevra alors un verre de vin, un repas ou un cocktail. « Les clients adorent ça », confirme-t-il. « C’est du gagnant-gagnant pour tout le monde ».

Michael Anav, à droite, et Uria Franko, les co-fondateurs d’Oview (Crédit)

« Il y a une récompense directe en jeu, et c’est ce que veulent les jeunes », commente Anav. « Nous pensons qu’ils devraient obtenir quelque chose pour les tags ou les photos qu’ils prennent, parce qu’ils font de la publicité pour l’endroit visité ».

Oview peut fournir des informations sur le nombre d’abonnés d’un client et sur la régularité avec laquelle il tague l’activité. Cela permet de décider s’il faut donner une récompense ou non.

« Je donne aux entreprises des yeux pour voir » comment des clients les perçoivent sur les réseaux sociaux, indique Anav.

Mais le fait de récompenser les clients ne risque-il pas d’entacher l’image des utilisateurs ? Les gens pourraient penser qu’ils taguent quelque chose seulement pour la récompense ? « Les utilisateurs ne publieraient jamais quelque chose qui n’a pas l’air bon », rétorque Anav. « Les gens sont très attentifs à ce qu’ils publient. La récompense devrait être très importante pour que des gens conseillent quelque chose qu’ils n’aiment pas vraiment ».

Si les gens taguent déjà gratuitement, pourquoi les entreprises ne donneraient pas des récompenses pour la publicité qu’elles obtiennent déjà de toute façon ?

« Tout le monde ne tague pas aujourd’hui », a-t-il dit. « C’est une manière d’encourager les clients à commencer à taguer ou à taguer plus, en faisant ainsi la publicité d’une activité ».

Oview vend déjà son programme à des commerces avec un abonnement mensuel, dont des hôtels, des restaurants, des bars et boîtes de nuit, des coachs privés, des clubs de fitness à Tel Aviv, Eilat, Beer Sheva et Ashkelon, mais aussi une station balnéaire au Sri Lanka et un hôtel en Thaïlande, fréquenté par des jeunes Israéliens. Oview cherche à travailler avec des marques, comme Coca Cola, des marques de chaussures et de vêtements.

« Nous voulons travailler avec le plus d’entreprises possibles », annonce Anav. Oview voudrait également travailler avec d’autres réseaux sociaux comme Snapchat ou même Facebook, « on verra où le marché nous emmène ».

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