Chambres à gaz/Roms : condamnations pénales pour Jean-Marie Le Pen
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Chambres à gaz/Roms : condamnations pénales pour Jean-Marie Le Pen

Le fondateur du Front national a, en plus de 30 000 euros, été condamné à verser au total 10 001 euros de dommages et intérêts à trois associations

Jean Marie Le Pen et sa fille Marine (Crédit : Miguel Medina/AFP)
Jean Marie Le Pen et sa fille Marine (Crédit : Miguel Medina/AFP)

L’ancien président du Front national (extrême droite) Jean-Marie Le Pen a été condamné mercredi par deux tribunaux français pour des déclarations sur les chambres à gaz, « détail » de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, et sur la « présence urticante » des Roms, .

Pour avoir qualifié, il y a un an, les chambres à gaz de « détail » de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale – des propos qu’il avait déjà tenus par le passé – le tribunal correctionnel de Paris a déclaré coupable Jean-Marie Le Pen de contestation de crime contre l’humanité et l’a condamné à 30.000 euros d’amende.

Les juges ont rejeté l’immunité parlementaire qu’invoquait le cofondateur du parti d’extrême-droite, aujourd’hui député européen. Ils ont également ordonné la publication d’un communiqué judiciaire dans trois journaux et condamné M. Le Pen à verser au total 10.001 euros de dommages et intérêts à trois associations.

Aujourd’hui âgé de 87 ans, il a déjà été condamné à deux reprises, au civil, par la justice française pour des propos similaires, tenus pour la première fois en 1987.

Le 2 avril 2015, au journaliste qui lui demandait s’il regrettait d’avoir qualifié les chambres à gaz de « détail », Jean-Marie Le Pen avait répondu: « Pas du tout. Ce que j’ai dit correspondait à ma pensée que les chambres à gaz étaient un détail de l’histoire de la guerre, à moins d’admettre que ce soit la guerre qui soit un détail des chambres à gaz ».

Le journaliste l’avait alors relancé, demandant si « des millions de morts » pouvaient être qualifiés de « point de détail ». « C’est pas un million de morts, c’est les chambres à gaz », « moi je parle de choses précises. Je n’ai pas parlé de nombre de morts. J’ai parlé d’un système. J’ai dit que c’était un détail de l’histoire de la guerre », avait insisté l’ancien leader frontiste.

Par ailleurs Jean-Marie Le Pen a été condamné par le tribunal correctionnel de Nice (sud-est) à 5.000 euros d’amende pour « provocation à la haine et à la discrimination ethniques » pour des propos discriminatoires à l’égard des Roms, tenus en 2013. Il devra aussi verser 1.000 euros à chacune des trois associations plaignantes.

Lors d’une réunion publique à Nice, le fondateur du FN avait montré du doigt « quelques centaines de Roms qui ont dans la ville une présence urticante et disons odorante », et prédit l’arrivée dans la ville de « 50.000 Roms au moins » en 2014. .

Jean-Marie Le Pen a déjà été condamné par le cour d’appel de Paris pour d’autres propos visant les Roms, qui selon lui, « comme les oiseaux » voleraient « naturellement ».

Les déclarations de M. Le Pen sur les chambres à gaz ont été condamnées par sa fille Marine qui lui a succédé à la tête du FN. Elles avaient entraîné sa suspension – ensuite annulée par la justice – du parti qu’il a longtemps incarné, puis son exclusion.

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