Chercheuse emprisonnée : Téhéran met en garde Paris contre toute « ingérence »
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Chercheuse emprisonnée : Téhéran met en garde Paris contre toute « ingérence »

Téhéran a confirmé le 16 juillet la détention de Mme Adelkhah, annoncée la veille par la France.

Fariba Adelkhah, directrice de recherche à Science-Po, en février 2019 sur le plateau de France 24. (Crédit photo : Capture d'écran / France 24)
Fariba Adelkhah, directrice de recherche à Science-Po, en février 2019 sur le plateau de France 24. (Crédit photo : Capture d'écran / France 24)

Téhéran a vigoureusement dénoncé vendredi comme une « ingérence inacceptable » une demande du Quai d’Orsay appelant la République islamique à la transparence sur le cas de Fariba Adelkhah, chercheuse franco-iranienne détenue en Iran.

Le « ministère des Affaires étrangères [iranien] considère comme inacceptable la démarche du gouvernement français et juge qu’il s’agit d’une ingérence dans les affaires intérieures de notre pays », indique un communiqué officiel transmis à la presse.

« La législation de la République islamique d’Iran ne reconnaît pas de double nationalité pour les ressortissants iraniens », rappelle ce communiqué du porte-parole des Affaires étrangères, Abbas Moussavi.

« Mme Adelkhah est une ressortissante iranienne et elle bénéficie de tous les droits d’une citoyenne iranienne », ajoute le texte.

Son « dossier est en cours d’instruction minutieuse par l’appareil judiciaire conformément aux lois du pays, qui garantissent une justice équitable à tous », indique M. Moussavi.

« L’ingérence du ministère des Affaires étrangère français […] n’a pas lieu d’être : non seulement cette démarche n’aide en aucune façon le dossier mais elle risque même de compliquer le processus judiciaire », avertit-il.

Téhéran a confirmé le 16 juillet la détention de Mme Adelkhah, annoncée la veille par la France.

Selon des proches de l’universitaire, Mme Adelkhah, anthropologue spécialiste de l’islam chiite et directrice de recherche au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris, aurait été arrêtée début juin et est détenue depuis lors à la prison d’Evin, dans le nord de Téhéran.

Les motifs de sa détention n’ont pas été rendus publics à ce jour.

En réponse à une question de la presse, un porte-parole du Quai d’Orsay a indiqué jeudi que Paris avait « réitéré à plusieurs reprises sa demande d’accès consulaire pour Mme Adelkhah, ainsi que sa libération. »

« Les autorités iraniennes ont refusé cet accès en invoquant sa nationalité iranienne. Sa famille a pu néanmoins lui rendre visite plusieurs fois », a ajouté le porte-parole

La France continue ses démarches « pour obtenir des éclaircissements sur les motifs de son arrestation », a-t-il encore dit, jugeant « indispensable et urgent que les autorités iraniennes se montrent transparentes sur ce dossier comme sur tous les dossiers des ressortissants étrangers arrêtés en Iran ».

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