Chypre : 5 des 12 suspects de l’affaire de viol libérés rentrent en Israël
Rechercher

Chypre : 5 des 12 suspects de l’affaire de viol libérés rentrent en Israël

L’avocat de plusieurs des adolescents israéliens a affirmé qu'il y avait "des failles dans la crédibilité du témoignage de la plaignante"

Douze touristes israéliens, suspectés d'avoir violé une jeune femme britannique de 19 ans à Ayia Napa, arrivent au tribunal à l'est de la station balnéaire chypriote de Paralimni le 18 juillet 2019, pour une audience tenue à huis clos. (AFP)
Douze touristes israéliens, suspectés d'avoir violé une jeune femme britannique de 19 ans à Ayia Napa, arrivent au tribunal à l'est de la station balnéaire chypriote de Paralimni le 18 juillet 2019, pour une audience tenue à huis clos. (AFP)

Cinq des douze suspects israéliens détenus dans l’affaire du viol collectif présumé d’une touriste britannique à Chypre ont été libérés jeudi. Ils devraient rapidement rentrer en Israël.

Selon des articles de médias israéliens, leur libération est peut-être liée aux résultats de tests ADN à partir d’échantillons prélevés sur la scène du viol présumé, qui sont arrivés plus tôt dans la journée.

« Je ne suis pas coupable, tout va bien », a déclaré l’un des adolescents au site d’information Ynet. Interrogé sur les autres suspects qui restent en détention, il a répondu : « Je ne sais pas ce qu’il se passe avec eux. Je ne sais pas ce qu’ils ont fait, s’ils ont fait quelque chose. Je ne sais rien. »

Nir Yaslovitzh, l’avocat d’un des adolescents libéré, a affirmé que sa mise en liberté mettait également en évidence « des failles dans la crédibilité du témoignage de la plaignante ».

Yaslovitzh, qui représente plusieurs autres suspects, a dit qu’il espérait que d’autres remises en liberté allaient suivre et a promis de travailler avec cet objectif.

L’avocat Yaniv Havari, qui représente un certain nombre de suspects encore en détention, a déclaré que davantage d’entre eux seront libérés dans les prochains jours.

Selon le site d’information Ynet, la police devrait demander au tribunal le prolongement de la détention des sept autres suspects.

Les 12 Israéliens ont été arrêtés dans la ville balnéaire d’Ayia Napa la semaine dernière sur la suspicion qu’ils ont participé au viol collectif d’une touriste britannique de 19 ans. Certains auraient admis un rapport consenti avec la jeune femme, alors que l’on pense que d’autres étaient seulement présents dans la pièce au moment des faits.

La jeune femme britannique a déposé plainte à la police mercredi dernier contre les Israéliens, âgés de 15 à 18 ans, qui logeaient à l’Hôtel Pambos Napa Rock, sur la côte est de l’île.

Selon des articles de médias chypriotes, la femme aurait apparement eu une relation avec au moins un des suspects. Mais elle affirmé que, la nuit du viol, d’autres auraient aidé à la maintenir allongée dans une chambre d’hôtel de la station balnéaire afin que plusieurs des adolescentes la violent, avant qu’elle ne s’échappe.

Certains des suspects auraient filmé une partie des événements avec leurs téléphones, que la police a confisqués.

Des touristes prennent un bain de soleil sur la plage dans la station balnéaire d’Ayia Napa, au sud-est de Chypre, au mois de septembre 2017. (Crédit : Florian Choblet/AFP)

Selon des médias chypriotes, le responsable de l’enquête policière a affirmé que les versions des événements fournies par les principaux suspects étaient extrêmement similaires les unes aux autres. Il soupçonne qu’ils ont accordé leurs déclarations avant leur arrestation.

A titre d’exemple, tous les suspects ont demandé aux enquêteurs de vérifier les images de caméras de surveillance qui montre la femme embrasser l’un d’eux en public.

Selon des articles israéliens, l’enquête s’est focalisée sur trois des Israéliens, l’un d’eux est le jeune qui avait invité au départ la femme dans sa chambre d’hôtel. Les trois suspects ont été interrogés à plusieurs reprises ces derniers jours, et ont insisté pour dire que le rapport sexuel était consenti et présenté des images vidéos de leur téléphone qui le prouvaient, selon eux.

Samedi, la Douzième chaîne a rapporté que la femme a déclaré à la police que deux des suspects la tenaient par les bras alors qu’elle criait de la laisser partir. Elle a dit que leurs amis l’ont ensuite violée, à tour de rôle, et que plusieurs l’ont frappée.

Extrait d’une vidéo des suspects israéliens dans une affaire de viol en réunion présumé sur une touriste britannique à Chypre, conduit à une audience de placement en détention dans un tribunal chypriote, le 18 juillet 2019. (Crédit : Walla)

« Je me souviens bien que jusqu’à environ 1h du matin, les amis que je ne connaissais pas m’ont violée, certains portaient un préservatif, et d’autres non. Ils m’ont fait mal sur tout le corps… L’un d’eux me retenait, et ensuite j’ai vu au moins 12 visages… Pendant environ une heure, l’un après l’autre », a-t-elle dit à la police, selon l’article.

« Après qu’ils m’ont laissée partir, je me suis évanouie et ensuite je suis sortie en courant de la pièce, j’ai rencontré des amis et ils m’ont conduite à moitié-nue à la clinique », a-t-elle dit.

Selon le reportage de la Douzième chaîne d’information, 9 des 12 Israéliens ont admis s’être trouvés dans la pièce alors que le viol présumé avait lieu, et trois ont refusé de répondre aux questions de la police. Samedi, Haaretz a annoncé que la police avait trouvé cinq préservatifs usagés et 13 emballages de préservatifs dans la chambre où le viol aurait eu lieu.

Dans un autre reportage, la Douzième chaîne d’information a annoncé jeudi qu’un certain nombre d’affaires médiatiques d’agressions sexuelles en groupe en Israël avaient conduit à une forte augmentation des plaintes ces dernières semaines par des victimes de ce type d’attaque auprès de numéros d’assistance.

Il a également été annoncé qu’entre 2012 et 2015, 1 645 différentes plaintes d’agressions sexuelles en groupe ont été reçues dans des centres de soutien du pays.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...