Chypre : Les Israéliens auraient comploté le viol en réunion – Avocat
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Chypre : Les Israéliens auraient comploté le viol en réunion – Avocat

Ces soupçons apparus dans l'agression présumée d'une touriste britannique impliqueraient que même ceux qui n'ont pas eu de relations sexuelles avec elle pourraient être inculpés

Deux des douze Israéliens soupçonnés de viol couvrent leurs visages à leur arrivée au tribunal de Famagusta, dans la ville de  Paralamni, à Chypre, le 18 juillet 2019 (Crédit :  AP Photo/Petros Karadjias)
Deux des douze Israéliens soupçonnés de viol couvrent leurs visages à leur arrivée au tribunal de Famagusta, dans la ville de Paralamni, à Chypre, le 18 juillet 2019 (Crédit : AP Photo/Petros Karadjias)

La police locale pourrait affirmer que le groupe d’adolescents israéliens qui a été accusé de viol en réunion sur une jeune britannique avait conspiré l’agression présumée, selon l’avocat d’un des suspects.

Nir Yaslovitzh, un avocat israélien qui, aux côtés des avocats chypriotes de la défense, représente trois des suspects, a clamé qu’une accusation de conspiration pourrait entraîner une inculpation de certains Israéliens qui, s’ils n’ont pas eu de relations sexuelles avec la jeune femme, ont été néanmoins les témoins de ce qu’il s’est passé ou se sont trouvés dans la pièce à ce moment-là.

Douze Israéliens ont été arrêtés la semaine dernière dans la station balnéaire d’Ayia Napa, à Chypre, soupçonnés d’avoir participé au viol en réunion de cette jeune touriste britannique âgée de 19 ans. Certains auraient admis avoir eu des relations sexuelles consensuelles avec la victime, tandis que d’autres ont pu simplement se trouver dans la chambre au moment du viol présumé.

La femme originaire du Royaume-Uni a déposé plainte mercredi contre les Israéliens, âgés de 15 à 18 ans, qui séjournaient à l’hôtel Pambos Napa, ville côtière située au sud-est de la nation insulaire.

La femme aurait apparemment – selon les médias chypriotes – eu des relations sexuelles antérieures avec au moins l’un des suspects. Mais durant la nuit en question, elle aurait affirmé que les jeunes gens l’auraient immobilisée par la force dans une chambre et qu’elle aurait alors été violée par plusieurs personnes avant de parvenir à fuir.

Des suspects auraient filmé une partie des événements sur leurs téléphones, qui ont été saisis par la police.

Ioannis Habaris, un avocat qui représente quatre des Israéliens, a déclaré que les procureurs avaient déclaré que la femme avait été violée mais que le nombre de suspects impliqués restait indéterminé.

Des touristes dans la station balnéaire d’Ayia Napa, à Chypre, le 18 juillet 2019 (Crédit : Matthieu Clavel/AFP)

Ces soupçons portant sur une éventuelle conspiration n’ont pas été confirmés par la police de Chypre.

Yaslovitzh a insisté sur le fait que les vidéos fournies par les jeunes aux forces de l’ordre, qui montrent la femme consentant à avoir des relations sexuelles, « saperont également ces nouveaux soupçons ».

Certains suspects israéliens ont réclamé une « confrontation » avec la victime présumée, ce qui est une pratique courante au cours des enquêtes de la police israélienne, au cours de laquelle l’accusé et le plaignant s’interpellent directement.

La police de Chypre n’utilise pas cette technique et les requêtes des Israéliens ont été rejetées.

Selon les médias chypriotes, l’inspecteur chargé du dossier a déclaré que les versions des événements fournies par les principaux suspects étaient extrêmement proches les unes des autres, et qu’il soupçonnait une coordination de leurs déclarations avant leur arrestation.

Tous les suspects, par exemple, auraient vivement recommandé aux enquêteurs de vérifier les images tournées par les caméras de sécurité dans le hall montrant la femme prenant dans ses bras et embrassant l’un d’entre eux en public.

Les suspects du viol d’une jeune Britannique de 19 ans se couvrent le visage alors qu’ils quittent le tribunal de Famagusta pour être emmenés dans un centre de détention à Paralamni, à Chypre, le 18 juillet 2019 (Crédit : AP Photo/Petros Karadjias)

Selon les informations transmises par les médias israéliens, l’enquête s’est concentrée sur trois des adolescents – l’un d’entre eux étant celui qui avait initialement invité la jeune femme dans la chambre d’hôtel. Les trois suspects ont été interrogés à de multiples reprises ces derniers jours. Ils ont insisté sur le fait que les relations sexuelles avaient été consensuelles et livré des images filmées par un téléphone cellulaire qui, selon lui, le prouvent. Si ces images ont été tournées la nuit même du viol présumé reste indéterminé.

Trois autres suspects ont exercé leur droit à garder le silence et ils ont cessé de coopérer avec la police chypriote. Trois autres encore ont insisté sur le fait qu’ils n’étaient pas présents dans la pièce mais qu’ils s’étaient rendus dans un bar voisin, entre minuit et 3 heures du matin, mercredi en début de matinée, lorsque le viol présumé aurait eu lieu.

La police a indiqué dimanche que la femme devrait reconnaître les suspects lors d’une séance d’identification organisée par la police qui précédera une audience du tribunal prévue la semaine prochaine.

L’issue de ce processus d’identification viendra s’ajouter aux échantillons d’ADN trouvés sur les lieux, notamment sur des préservatifs usagés qui jonchaient le sol de la chambre, ainsi qu’aux vidéos de l’agression présumée enregistrées sur les téléphones des suspects.

Les preuves détermineront les éventuelles inculpations qui auront lieu pendant l’audience de la semaine, ont déclaré les médias israéliens en citant des informations chypriotes.

Lundi, l’un des avocats de la défense chypriotes a déclaré à la Douzième chaîne que l’enquête se déroulait à un « rythme étonnant », qu’il a attribué à la pression médiatique intense placée sur le dossier en Israël.

La station balnéaire d’Ayia Napa, au sud-est de Chypre (Crédit : Wikipedia/Vitaly Lischenko/CC BY-SA)

« Ici, nous laissons l’enquête se faire sereinement et ne nous laissons pas les médias gérer les investigations », a-t-il dit.

Selon des informations parues dans les médias, l’un des principaux suspects et la victime avaient discuté sur Instagram pendant plusieurs jours avant le viol présumé. La Treizième chaîne a publié, jeudi, des captures d’écran de conversations présumées montrant le suspect en train de flirter avec la jeune femme et lui demandant de venir dans sa chambre.

La chambre a été donnée à d’autres clients sans qu’elle soit nettoyée. La police est alors intervenue pour récupérer d’autres preuves.

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