Chypre : selon un juge, l’Anglaise n’a pas été forcée à se rétracter sur le viol
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Chypre : selon un juge, l’Anglaise n’a pas été forcée à se rétracter sur le viol

Pour le juge, la touriste de 19 ans n'est pas un "témoin fiable" après avoir affirmé que la police l'avait contrainte à retirer ses accusations de viol contre des Israéliens

Une adolescente britannique (à gauche), accusé d'avoir prétendu avoir été violée par un groupe de touristes israéliens, couvrant son visage alors qu'elle arrive à son procès au tribunal de Famagusta à Paralimni à l'est de Chypre, le 2 octobre 2019. (Iakovos HATZISTAVROU/AFP)
Une adolescente britannique (à gauche), accusé d'avoir prétendu avoir été violée par un groupe de touristes israéliens, couvrant son visage alors qu'elle arrive à son procès au tribunal de Famagusta à Paralimni à l'est de Chypre, le 2 octobre 2019. (Iakovos HATZISTAVROU/AFP)

Une femme de 19 ans sera jugée à Chypre pour avoir porté, selon les procureurs, de fausses accusations contre une dizaine d’adolescents israéliens, les ayant accusés de viol en réunion dans une station balnéaire locale, après que la cour a rejeté son affirmation selon laquelle la police l’avait forcée à retirer sa plainte.

La femme a plaidé non coupable à une accusation de trouble à l’ordre public pour avoir prétendu avoir été agressée sexuellement en juillet dans le complexe hôtelier d’Ayia Napa sur l’île méditerranéenne.

La Britannique avait déclaré au tribunal de district de Famagouste que la police l’avait contrainte à retirer sa plainte pour viol, et ses avocats ont demandé à ce que les preuves soient rejetées.

Mais le juge à l’audience de jeudi a rejeté sa plainte d’aveux forcés et déclaré que les enquêteurs de la police avaient mené l’interrogatoire correctement.

Des officiers de police escortent une jeune femme britannique de 19 ans, (au centre), au tribunal de Famagusta dans la ville de Paralimni, à Chypre, lundi 29 juillet 2019. (AP/Petros Karadjias)

Selon les médias, le juge Michalis Papathansidi considère que la jeune femme n’était pas un « témoin fiable », estimant que, tout au long de l’enquête, elle avait fourni à la police des versions « contradictoires, incohérentes, exagérées et gonflées » de la nuit du crime présumé.

La femme, qui n’a pas été identifiée publiquement, a accusé la police de lui avoir refusé l’accès à un avocat pendant son interrogatoire.

Lors d’une audience le mois dernier, elle s’est souvenue avoir été interrogée par Marios Christou, un enquêteur, qui, selon elle, lui a dit que des images vidéos montraient qu’elle avait eu un rapport sexuel consenti avec certains des Israéliens.

« Ils ont dit qu’ils allaient m’arrêter si je ne disais pas que j’avais menti. J’avais tellement peur, je ne pensais pas que je pourrais quitter le commissariat sans signer le procès-verbal », aurait-elle dénoncé.

« Je pleurais, je ne comprenais pas ce qui se passait. Ils n’ont pas arrêté de me demander de dire qu’il n’y avait pas eu viol », a-t-elle déclaré.

Et d’ajouter, selon le Daily Mail : « Ils m’ont dit que je n’avais pas le droit à un avocat. J’ai réalisé à ce moment-là que le police était totalement contre moi. »

D’après le quotidien britannique, Marios Christou a indiqué que l’accusée avait « dénoncé un viol » parce qu’elle était embarrassée du fait d’avoir été filmée en train d’avoir un rapport sexuel.

La jeune femme ira donc au procès pour trouble à l’ordre public. En cas de condamnation, elle encourt jusqu’à un an de prison et une amende de 1 700 euros.

Après avoir reçu la plainte initiale pour viol en juillet, la police chypriote avait immédiatement arrêté un groupe d’Israéliens, les détenant pendant presque deux semaines jusqu’à ce que la femme se rétracte lors d’un interrogatoire, déclarant que les rapports sexuels étaient consentis avec certains des suspects.

Son équipe de défense, qui affirme qu’elle a été soumise à des pressions pour modifier son témoignage, a présenté au tribunal plus tôt ce mois-ci des SMS envoyés entre les Israéliens qui, selon les avocats de la jeune femme, montrent que le viol présumé avait été planifié.

Ils estiment que ses accusations de viol n’ont pas fait l’objet d’une enquête adéquate et ont expliqué qu’il n’y avait aucun enregistrement de l’interrogatoire de huit heures qui l’avait conduite à signer des aveux sans parler à un avocat.

Les 12 Israéliens ont été initialement arrêtés le 17 juillet. Cinq d’entre eux ont été libérés le 25 juillet après qu’aucune preuve les reliant à l’affaire n’a été trouvée. Les sept autres les ont imités trois jours plus tard après que la police a déclaré que la femme avait retiré les allégations de viol. Ils sont tous retournés en Israël et ont été accueillis en héros. Certains commentateurs ont jugé cet accueil inapproprié au vu des circonstances.

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