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Cinéma : Alexandre Arcady, l’innocence perdue d’un juif d’Algérie

Le cinéaste raconte une enfance "lumineuse" et populaire, jusqu'à ce que sa famille, comme l'essentiel de la communauté juive d'Algérie présente depuis des siècles, parte en catastrophe pour la métropole

Alexandre Arcady arrivant à la cérémonie en hommage à Roger Hanin le 12 février 2015. (Crédit : AFP PHOTO / STEPHANE DE SAKUTIN )
Alexandre Arcady arrivant à la cérémonie en hommage à Roger Hanin le 12 février 2015. (Crédit : AFP PHOTO / STEPHANE DE SAKUTIN )

Réalisateur de succès des années 1980 comme « Le grand pardon » ou « L’union sacrée », Alexandre Arcady ranime la mémoire perdue des juifs d’Alger dans « Le Petit Blond de la Casbah », un film autobiographique et pittoresque sur son enfance dans la Casbah.

Six décennies séparent le réalisateur qui reçoit dans un confortable bureau à deux pas des Champs-Elysées, et le gamin juif de la rue du Lézard, son paradis perdu.

Une enfance dans son souvenir « lumineuse » et populaire, entourée de personnages hauts en couleur, de toutes confessions et de toutes origines, où le regard insouciant d’un enfant peut à peine distinguer l’injustice de la colonisation – présente en arrière-fond dans le film.

Jusqu’à ce que la guerre déchire la carte postale. Dans le fracas de l’indépendance, la famille Arcady, comme l’essentiel de la communauté juive d’Algérie présente depuis des siècles, part en catastrophe pour la métropole.

« Ce film était une promesse faite à 13 ans à ma mère. En se tournant vers nous, sur le bateau qui quittait l’Algérie, les larmes aux yeux, elle nous a dit ‘j’ai oublié les photos (de famille) dans le buffet' », raconte le réalisateur à l’AFP.

« C’est pas grave maman, je te les ramènerai ces photos », lui répond-il.

C’est finalement un long-métrage de 02H08, son 18e, que livre le réalisateur de 76 ans. Tourné entre la Tunisie, Alger et Paris, avec son fils, le réalisateur Alexandre Aja, qui fait carrière aux Etats-Unis avec des films d’horreur (« La colline a des yeux »).

Au générique, pour incarner les personnages truculents de la rue du Lézard, du père légionnaire au crâne rasé à la voisine cartomancienne russe, Arcady a réuni une bande d’habitués et de nouveaux venus, de Moussa Maaskri à Rona Hartner en passant par Michel Boujenah, Pascal Elbé ou Franck Dubosc.

Jean Benguigui en grand-mère

Toute en mélancolie, la mère d’Alexandre Arcady est jouée à la fois par Marie Gillain et Françoise Fabian, quand le rôle de la grand-mère est confiée à … Jean Benguigui.

Le film assume son point de vue, centré sur la nostalgie d’un enfant, qui a vu son monde disparaître: « Je raconte une Algérie où il faisait bon vivre ensemble malgré la guerre qui frappait à la porte. Ce qui prédominait c’était à la fois l’insouciance et le respect », déclare le réalisateur.

« Ce n’est pas un film qui dit que c’était mieux avant, mais un film dédié aux générations qui n’ont pas connu ça, l’histoire d’un déchirement mais sans rancœur, ni esprit de vengeance », assure-t-il.

Un enjeu de mémoire qui traverse encore aujourd’hui les familles de rapatriés d’Algérie. « J’avais le sentiment que de ce monde perdu, il n’y avait pas beaucoup de traces » au cinéma, décrit Alexandre Arcady.

« Quand (Martin) Scorsese fait ses films sur les Italo-Américains, il parle de sa communauté. Moi j’ai beaucoup parlé de ces Français d’Algérie » et de l’histoire douloureuse du pays, du « Coup de Sirocco », son premier film en 1979 avec Roger Hanin et Patrick Bruel, à « Ce que le jour doit à la nuit », adapté en 2012 du best-seller de Yasmina Khadra.

« Le Petit Blond de la Casbah » est non seulement une déclaration d’amour à une terre baignée de soleil, l’Algérie, mais aussi au cinéma, qu’Alexandre Arcady a découvert dans les multiples salles de l’époque à Alger.

« Ma vie a basculé devant ‘Jeux Interdits' », confie-t-il: « L’enfant que j’étais a alors découvert le monde de la fiction ». Et continue de s’y réfugier aujourd’hui.

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