Cisjordanie : la Banque mondiale s’inquiète d’une crise financière aggravée
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Cisjordanie : la Banque mondiale s’inquiète d’une crise financière aggravée

L'institution fait état "d'une diminution constante du revenu par habitant" et d'une "augmentation du chômage et de la pauvreté" en Cisjordanie et à Gaza

Le siège de la Banque mondiale à Washington, D.C. Illustration. (Crédit : Banque mondiale)
Le siège de la Banque mondiale à Washington, D.C. Illustration. (Crédit : Banque mondiale)

La Banque mondiale a mis en garde mercredi contre le risque d’une crise financière aggravée en Cisjordanie si la querelle persiste sur les droits de douane prélevés par Israël pour le compte de l’Autorité palestinienne.

Israël a annoncé en février qu’il gèlerait chaque mois environ 10 millions de dollars (près de 9 millions d’euros) sur les 190 millions qu’il prélève en TVA et en droits de douane sur les produits importés par les Palestiniens, et qu’il est censé reverser régulièrement à l’Autorité palestinienne, en vertu des accords de paix.

La somme soustraite correspond au montant des allocations versées par l’Autorité aux familles de terroristes palestiniens emprisonnés ou tués pour avoir commis des attaques terroristes anti-israéliennes.

L’Autorité palestinienne, entité intérimaire reconnue par la communauté internationale et censée préfigurer un Etat palestinien, a parlé de vol et décidé de faire une croix sur la totalité des taxes qu’elle devrait récupérer.

Il est « urgent » que Palestiniens et Israéliens s’accordent afin de « prévenir une plus grande détérioration de l’activité économique et du niveau de vie » des Palestiniens, privés « d’une source importante de revenus budgétaires », dit la Banque mondiale dans un rapport publié mercredi.

L’organisme s’inquiète du risque d’un déficit de l’Autorité palestinienne dépassant le milliard de dollars en 2019, contre 400 millions en 2018, et écrit que l’économie palestinienne est confrontée à un « sévère choc financier ».

Les forces de sécurité du Hamas au carrefour d’Erez, point de passage vers Israël, à Beit Hanun, dans le nord de la bande de Gaza, le 26 mars 2017 (Crédit : AFP/Mahmud Hams)

Il souligne les effets sur l’économie palestinienne des restrictions imposées par Israël sur les importations de produits pouvant être détournés à des fins terroristes, l’Etat hébreu interdisant l’entrée de 56 produits en Cisjordanie et de 118 produits dans la bande de Gaza, parmi lesquels des matières premières, des fertilisants agricoles, des équipements télécoms, de l’acier, et des tuyaux notamment.

Un allégement des mesures pourrait entraîner une hausse de 6 % de la croissance en Cisjordanie et de 11 % à Gaza, dit la Banque mondiale dont le rapport sera présenté le 30 avril à Bruxelles au comité de liaison ad hoc (AHLC) coordonnant le soutien des donateurs internationaux aux Palestiniens.

Le rapport fait état « d’une diminution constante du revenu par habitant » et d’une « augmentation du chômage et de la pauvreté » en Cisjordanie et à Gaza, où 52 % de la population active était sans emploi en 2018.

L’Autorité palestinienne est confrontée à une baisse drastique de l’aide étrangère, qui est passée de 10 % de son PIB il y a 5 ans à 3,5 % l’an dernier. En 2018, les Etats Unis ont annoncé réduire l’aide aux Palestiniens de centaines de millions de dollars.

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