Cisjordanie: Les maisons de deux candidats aux législatives ciblées par des tirs
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Cisjordanie: Les maisons de deux candidats aux législatives ciblées par des tirs

Par ailleurs, Israël a appréhendé un candidat du Hamas au Parlement, entraînant la fureur du groupe terroriste

Des partisans palestiniens du mouvement Fatah manifestent dans la ville d'Hébron, en Cisjordanie, le 5 juin 2020. (Hazem Bader/AFP)
Des partisans palestiniens du mouvement Fatah manifestent dans la ville d'Hébron, en Cisjordanie, le 5 juin 2020. (Hazem Bader/AFP)

Les tensions ont encore monté d’un cran, ces deux derniers jours, dans la ville de Hébron, en Cisjordanie. Les habitations de deux politiciens ont essuyé des tirs à quelques semaines des élections palestiniennes prévues en mai.

Des hommes armés auraient ouvert le feu sur la maison et sur le bureau d’un candidat au Parlement, Hatem Shaheen, lundi en début de matinée. Shaheen, un avocat, se présente sur la liste parrainée par l’ancien chef de la sécurité du Fatah, Mohammad Dahlan.

Dahlan est l’adversaire acharné du pouvoir actuellement en place à Ramallah et notamment du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Il s’est exilé aux Émirats arabes unis en 2013 mais il a laissé entendre qu’il pourrait utiliser le prochain vote pour faire son retour en Cisjordanie.

« A 2 heures 30 du matin, nous avons été réveillés par le bruit de tirs lourds en direction de notre maison. Nous nous sommes levés en hâte et nous avons vu une voiture blanche qui quittait les lieux », a déclaré Shaheen aux journalistes alors qu’il se tenait aux abords de sa maison de Hébron.

Suite à l’incident, les partisans de Dahlan ont accusé les autorités palestiniennes, dont Abbas, de créer un environnement « dénué de toute liberté » pour le scrutin.

Un autre incident du même genre s’est produit dans la matinée de mardi, lorsque des hommes armés ont apparemment ouvert le feu sur l’habitation du président du Fatah à Hébron Emad Kharwat.

Kharwat a semblé attribuer la responsabilité des tirs à la faction de Dahlan, disant aux médias palestiniens que « nous savons bien que Dahlan, ses proches et ses partisans sèment le chaos. Et nous ne permettrons à personne de semer le chaos dans la ville de Hébron ».

Le maire de Hébron, Tayseer Abu Sneineh, a évoqué les deux fusillades en disant qu’elles reflétaient « un vide sécuritaire et le désordre qui est entraîné par la propagation générale des armes sur notre territoire et à Hébron en particulier ».

« Ces fusillades sont une tentative visant à créer un climat intérieur de discorde à la veille des élections », a pour sa part estimé un membre du Fatah, Abu Sneineh, dans une déclaration signée.

Des responsables palestiniens de la sécurité ont indiqué au Times of Israel qu’il leur était impossible de confirmer si les deux incidents étaient liés.

De plus, les forces israéliennes ont arrêté Najih Asi, un membre du Hamas qui se présente au Parlement, aux premières heures de la matinée de mardi. Selon le groupe terroriste palestinien, Asi est à la tête de la campagne parlementaire du Hamas en Cisjordanie.

Le Hamas a accusé Israël à de nombreuses occasions, ces dernières semaines, d’avoir convoqué d’éminents officiels du Hamas pour des interrogatoires et il a émis de sévères mises en garde appelant l’État juif à ne pas intervenir dans le processus de la campagne électorale.

« Israël s’inquiète clairement du scrutin en cours qui, et Israël le sait, mettra un terme aux divisions palestiniennes », a dit un porte-parole de la liste des candidats du Hamas, « Jérusalem notre Destination », aux journalistes au cours d’une conférence de presse à Ramallah.

Les services de sécurité du Shin Bet ont refusé de commenter ces accusations. Un haut-responsable a toutefois affirmé au Times of Israel que ces accusations étaient « sans lien avec la réalité » sans donner de précisions.

« [Asi] a été arrêté pour son implication dans de récentes activités terroristes. Il n’y a aucun lien entre son arrestation et ses activités politiques », a noté l’officiel.

Abbas avant annoncé à la mi-janvier que les Palestiniens retourneraient aux urnes pour la toute première fois depuis quinze ans. Il avait émis un décret portant sur l’organisation de trois élections, avec la première – un scrutin législatif – qui est prévue en date du 22 mai.

Les observateurs avaient initialement fait part de leur scepticisme face à ce décret, estimant que l’organisation du vote était peu probable – Abbas étant inquiet que son principal rival du Hamas ne le renverse. Mais presque trois mois plus tard, le décret est encore en vigueur.

Environ 93 % des Palestiniens se sont inscrits sur les listes électorales et 36 listes de candidats au parlement ont été présentées et approuvées.

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